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TOM PETTY & THE HEARTBREAKERS - Wildflowers (1994)
Par DERWIJES le 23 Octobre 2017          Consultée 175 fois

En 1994, Tom PETTY va mal. Il est en train de divorcer de sa femme avec qui il était marié depuis trois décennies. On s'en doute, il file un mauvais coton. Et quand on est un musicien digne de ce nom et qu'on file un mauvais coton, que fait-on ? On s'enferme en studio et on met ses sentiments en musique, voilà ce que l'on fait. La liste des musiciens étant passés par là est longue, et mériterait que l'on écrive un ouvrage sur les bénéfices des divorces et autres ruptures sentimentales sur le Rock, ou demandez à Marvin GAYE ou Phil COLLINS ce qu'ils en pensent, ils ont leur petite idée sur la question.

Enfin, cessons de tergiverser et rejoignons plutôt notre gars de Floride alors qu'il vient juste de signer un contrat avec la Warner qui avait produit ses albums avec les TRAVELING WILBURYS, et embauche Rick Rubin pour la production. Un choix intéressant qui l'éloigne du son développé par Jeff LYNNE sur Full Moon Fever et les albums des HEARTBREAKERS l'ayant suivi. Un choix judicieux, RUBIN favorisant un son plus intimiste que celui plus spectaculaire de LYNNE et qui convient mieux à l'ambiance introspective et pas franchement joyeuse que connaît PETTY à ce moment-là. Et bien que tous les membres de son groupe viennent y participer, cet album ne peut-être pour lui que solo, puisque c'est en quelque sorte sa thérapie musicale face à ce passage difficile.

Il nous ici revenir sur le travail de Rick RUBIN sur l'album, lui qui força PETTY à réécrire encore et encore ses chansons jusqu'à obtenir ce qu'il voulait. Nous l'avons dit, il propose un son plus intimiste, qui, en particulier lorsqu'on l'écoute au casque, donne l'impression d'envelopper confortablement l'auditeur. Cela transparaît aussi sur les morceaux les plus directs de l'album, comme « Honey Bee » ou « You Wreck Me », qui conservent quand même un côté brut qui les relie à l'aspect roots de ce que proposent les HEARTBREAKERS.
A côté de ces chansons, il y a toutes les autres, chacune un petit bijou. Les guitares acoustiques, particulièrement à l'honneur ici, se font tour à tour mélancoliques et sombres sur « Don't Fade on Me » ou plus optimistes sur « To Find A Friend », tout comme la dernière chanson de l'album, l'orchestrale « Wake Up Time », semble répondre à la première, « Wildflowers ». Il suffit d'écouter « Time To Move On » pour se convaincre du travail d'orfèvre effectué, chaque piste comprenant quelques trouvailles sonores et une imbrication d'instruments inspirées.

De cet album fut tiré le single « You Don't Know How It Feels », single qui finit à la treizième place des charts américains, et à la première place des charts Rock, qui fut censuré par MTV à cause d'une référence à la drogue... Imaginons un instant l'horreur sur leurs visages quand ils ont vu que la B-Side de ce single s'intitulait « Girls on LSD » ! B-Side qui devait finir sur l'album avant que la Warner ne décide frileusement qu'il en soit autrement. Ceci n'est pas une surprise toutefois, Tom PETTY étant un artiste bien américain, comment pouvait-il passer outre la traditionnelle censure au nom d'une sacro-sainte morale puritaine dont nos amis outre-Atlantique ont bien du mal à se défaire ? Quoi qu'il en soit, « You Don't Know How It Feels » est la chanson la plus connue de l'album, mais en ce qui me concerne, le titre de meilleure chanson de l'album revient à « It's Good To Be King », ce petit bijou d'orchestration aux paroles douces-amères s'écoute en boucle.

Vous l'avez compris, Wildflowers est l'un des sommets de la discographie de Tom PETTY. Alors pourquoi 4/5 ? Pourquoi pas 5/5, et le mettre en référence, comme le fit Rolling Stones Magazine en le classant dans leur liste des meilleurs albums des années 90 ? Eh bien parce que je suis méchant, et que je note selon mon appréciation personnelle, qui est un peu paradoxale : sur quatre écoutes, il y en aura deux au bout desquelles j'applaudirai la richesse de l'album, et deux autres que je ne finirai pas parce que ladite richesse, alliée avec les quand même 60 minutes de l'album -c'est connu, la longueur poussive des albums fut l'une des pestes musicales des années 90-, aura eu raison de mon attention déjà déficiente au quotidien, et je me serai franchement ennuyé.

Mais plutôt que ces considérations personnelles scandaleusement peu professionnelles, concluons en rappelant que Wildflowers est tout simplement un sacré bon album, et qu'il ouvre la voie vers les albums plus sombres qui suivront, comme The Last DJ ou Echo.

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   DERWIJES

 
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- Tom Petty (guitares, basse, harmonica, chant, piano)
- Mike Campbell (guitares)
- Benmont Tench (piano)
- Howie Epstein (choeurs)
- Steve Ferrone (batterie)
- Lenny Castro (percussions)


1. Wildflowers
2. You Don't How It Feels
3. Time To Move On
4. You Wreck Me
5. It's Good To Be King
6. Only A Broken Heart
7. Don't Fade On Me
8. Hard On Me
9. Cabin Down Below
10. To Find A Friend
11. A Higher Place
12. House In The Woods
13. Crawling Back To You
14. Wake Up Time



             



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