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1992 Psalm 69
2012 Relapse
2018 Amerikkkant
2011 99 %
2012 Double Tap
 

1983 With Sympathy
1986 Twitch
1988 The Land Of Rape And ...
1992 Psalm 69
1996 Filth Pig
2003 Animositisomina
2004 Houses Of The MolÉ
2006 Rio Grande Blood
2007 The Last Sucker
2012 Relapse
2013 From Beer To Eternity
2018 Amerikkkant
 

- Membre : King Crimson, Swans, Danzig, Soulfly
- Style + Membre : Killing Joke, Prong
 

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MINISTRY - Amerikkkant (2018)
Par STREETCLEANER le 11 Avril 2018          Consultée 648 fois

En 2003, l'invasion de l'Irak par les États-Unis avait donné l'occasion à KILLING JOKE de sortir un excellent brûlot « anti-croisade » dans lequel Jaz Coleman pouvait exprimer toute sa colère. C'est indéniable, la colère peut vous mobiliser, vous motiver et finalement aboutir à quelque chose d'artistiquement solide. C'est « une saine colère » dirait Ségolène Royal. D'ailleurs, Jourgensen disait lui-même ironiquement « Everyone seems to think I write real shitty music when a Democrat's in office. » (tout le monde semble penser que j'écris de la musique merdique quand un démocrate dirige).

La question est de savoir si ce Amerikkkant de MINISTRY peut suivre le même destin, avec ici en toile de fond non pas une guerre en particulier mais l'élection de Donald Trump à la présidence des USA, et renouveler une trilogie anti-Bush plutôt solide. Et éviter de retomber dans le bourrinage stérile de Relapse qui ne faisait pas illusion très longtemps.

On s'en doutait, Donald Trump n'est pas la tasse de thé de Al Jourgensen et ses potes ; déjà les appréciables Houses of the Molé (2004), Rio Grande Blood (2006) et l'excellent The Last Sucker (2007) s'en prenaient au « republican » George Bush Jr, représenté en reptilien. Il est dorénavant probable que Bush soit largement éclipsé dans le rôle du méchant, du « wicked man of the narrative », par Trump, qui doit avoir fait monter d'un cran (ou deux) la détestation de Jourgensen pour l'Amérique. Par exemple, sur « Antifa », Jourgensen en appelle à faire le coup de poing contre tous les trous du cul, clamant « We are not snowflakes, we're the antifa » (nous ne sommes pas des flocons de neige [dénomination péjorative donnée par les partisans de Trump aux partisans d'Hillary Clinton], nous sommes les antifa ».

Le ton est d'ailleurs donné dès l'ouverture du moqueur « I Know Words », non pas tonitruante, car il s'agit là d'un sample d'extraits de discours de Trump, d'un ralenti notamment de son slogan de campagne, emprunté à Reagan, « We'll make America great again » (nous allons rendre de nouveau l'Amérique grande). Des samples de Trump essaimeront ensuite l'ensemble du disque, mais aussi d'autres arrachés à la TV. A noter la participation renouvelée avec Burton C. Bell (FEAR FACTORY) qui prend en charge certaines voix.

Dès le début j'évoquais un parallèle avec KILLING JOKE et son album de 2003 ; celui-ci se fait particulièrement sentir dans les hurlements de Jourgensen sur « Game Over », « Victims of a Clown », parsemé des scratches de Arabian Prince, ou ceux de « Wargasm », pamphlet typiquement killing-jokien dans ses intonations. Amerikkkant est de ce fait l'album le plus killing-jokien de MINISTRY.

« Twilight Zone » chaloupe implacablement, peut-être une manière de renouer avec la lourdeur d'anciennes compositions comme sur l'album Filth Pig ; beau contraste avec « We're Tired Of It », grosse speederie à la croisée des chemins entre SYL quand est scandé « He lies! » et des growls approchant le death metal, ou le catchy « Victims of a Clown », très réussi. Mais dans l'ensemble, le tempo est bien moins élevé que sur nombre des productions précédentes. Ce n'est pas forcément un mal en soi, la gêne réside ailleurs.

Parce que oui, je me dois d'être sincère. Je ne suis pas pleinement convaincu par Amerikkkant. Cet album est honnête tant sur le fond que sur la forme mais guère plus. Comparé à un Psalm 69, The Mind Is A Terrible Thing To Taste, The Land Of Rape And Honey, ou The Last Sucker, Amerikkkant ne me paraît rien offrir de vraiment définitif, hormis le tubesque « Victims of a Clown ». Peut-être ne faut-il plus en demander autant ; toutefois cet album est honorable, il n'est ni un album majeur ni un album raté. Juste un bon album et c'est déjà pas mal.

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   STREETCLEANER

 
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- Al Jourgensen (chant, guitares, claviers, samples, harmonica)
- Sin Quirin (guitare)
- Jason Christopher (basse)
- Tony Campos (basse)
- Michael Rozon (programmation batterie, claviers, voix)
- Dj Swamp (scratching)
- Roy Mayorga (batterie)
- Arabian Prince (scratching)
- Lord Of The Cello (cordes)
- Liz Walton (voix, samples)
- John Bechdel (claviers)
- Burton C Bell (spoken words)


1. I Know Words
2. Twilight Zone
3. Victims Of A Clown
4. Tv5/4chan
5. We're Tired Of It
6. Wargasm
7. Antifa
8. Game Over
9. Amerikkka



             



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