Recherche avancée       Liste groupes



      
INDUS  |  STUDIO

Commentaires (1)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : Nick Cave & The Bad Seeds , Arbeit Schickert Schneider
 

 Site Officiel (248)

EINSTüRZENDE NEUBAUTEN - Silence Is Sexy (2000)
Par WALTERSMOKE le 16 Mai 2018          Consultée 210 fois

Ça a l'air de rien dit comme ça, mais les groupes qui parviennent à exister une vingtaine d'années, ça ne court pas les rues. Et encore moins ceux qui n'ont presque jamais failli en qualité, et EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN est de ceux-là. Le groupe de Blixa Bargeld a toujours maintenu un niveau musical d'excellente facture depuis 1981, et chaque nouvelle sortie est une promesse assurée de prendre son pied, rien de moins. Mais soyons franc cinq minutes : est-il encore possible pour NEUBAUTEN de continuer sur la même lancée au bout de 20 ans de carrière ? La première réponse est « non », et pour le coup, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Il arrive forcément un moment où l'inspiration se met à flancher et où même la meilleure volonté du monde ne pourra rien changer à l'inexorable.

Oui mais NEUBAUTEN défie cet état de fait, du moins en l'an 2000 avec Silence is Sexy. Le groupe, redevenu quintette avec l'arrivée de Jochen Arbeit et Rudolph Moser, livre là l'un de ses albums les plus intéressants à écouter, parsemé de pépites en tous genres. Il s'agit également d'un album très fluide à écouter, grâce à (ou à cause de) une orientation musicale dans la lignée de Ende Neu (1996), à savoir un indus moins abrasif, plus « pop » dans l'esprit, mais toujours pertinent et riche en percussions rythmées et aux sonorités grisantes.

C'est dans cette logique et cette voie que Silence is Sexy démarre, avec un fameux morceau, "Sabrina", l'un des plus connus de leur répertoire. Tout en douceur et en mélancolie, il témoigne d'une sensibilité certaine, et prouve que l'indus, ce n'est pas que des mecs qui gueulent comme des gorets en frappant de manière anarchique sur de la tôle. NEUBAUTEN se fait ensuite plus conceptuel avec le morceau-titre qui alterne passages chantés – ou plutôt marmonnés – et quasi-silences. Non seulement le tout est assez prenant, mais le sens de la mélodie reste présent bien que basique. Voilà donc un début d'album très satisfaisant, même si certain(e)s « puristes » pourraient râler sur le fait qu'il faille attendre "Newtons Gravitätlichkeit" pour entendre non plus de l'anglais mais de l'allemand au chant.

Silence is Sexy n'est cependant pas un album parfait, et le nombre de morceaux ainsi que sa durée globale (une heure environ dans la version standard) sont de gros indices. Par la suite, on trouve encore de beaux morceaux, comme "Die Befindlichkeit des Landes", à l'ambiance particulièrement saisissante, "Dingsaller" et son refrain entêtant, et bien entendu "Redukt", longue fresque redoublant d'intensité et témoignant d'une écriture splendide. Qu'il est bon de voir NEUBAUTEN toujours aussi doué dans le format long !
En revanche, le temps d'un album, il y a deux-trois choses à dire. L'album est un poil long, et contient surtout son lot de morceaux dispensables. Si "Newtons Gravitätlichkeit" marque en 2 minutes avec un rythme haletant, on ne peut pas en dire de même de "Beauty" ou "Musentango", clairement des transitions dispensables. Le beat technoïde de "Zampano" peut en surprendre plus d'un, mais ce n'est pas dit qu'il puisse plaire. En un mot, si chaque morceau, pris isolément, est de bonne qualité et au moins bon, il n'aurait pas été incongru d'élaguer l'ensemble, même si ce dernier ne laisse pas poindre l'ennui. Autrement dit, on n'est pas loin de la même situation que Halber Mensch (1985), avec une plus forte homogénéité qualitative.

Et dans l'ensemble, Silence is Sexy reste un très bon album de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN. Ce n'est donc pas à la veille du IIIe millénaire que le groupe allemand va dévisser, et il se permet même de signer un morceau emblématique ("Sabrina", donc). C'est également le dernier opus avant un nouveau millénaire riche, très riche pour le groupe. Et les fans.

Note réelle : 3,5/5

A lire aussi en INDUS par WALTERSMOKE :


DIE KRUPPS
Stahlwerkrequiem (2016)
Le retour de la symphonie de métal




FAUST
You Know Faust (1996)
Deutsche qualität und beaucoup de bruit


Marquez et partagez





 
   WALTERSMOKE

 
  N/A



- Blixa Bargeld
- N.u. Unruh
- Alexander Hacke
- Jochen Arbeit
- Rudolph Moser


1. Sabrina
2. Silence Is Sexy
3. In Circles
4. Newtons Gravitätlichkeit
5. Zampano
6. Heaven Is Of Honey
7. Beauty
8. Die Befindlichkeit Des Landes
9. Sonnenbarke
10. Musentango
11. Alles
12. Redukt
13. Dingsaller
14. Total Eclipse Of The Sun



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod