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- Membre : Nick Cave & The Bad Seeds , Arbeit Schickert Schneider
 

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EINSTüRZENDE NEUBAUTEN - Perpetuum Mobile (2004)
Par WALTERSMOKE le 10 Septembre 2018          Consultée 82 fois

Perpetuum Mobile marque un tournant dans l'histoire de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN. En effet, son leader, Blixa Bargeld, a décidé en 2003 de quitter les Bad Seeds et donc de ne plus participer aux albums de Nick CAVE. Un choix lourd de conséquences, motivé entre autres par la volonté de Bargeld de se consacrer bien plus amplement au groupe qu'il a fondé un 1er avril 1980. À partir de là, s'enchaînent des sorties originales, de par le simple fait qu'elles soient avant tout destinées aux fans de Neubauten. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles sont nombreuses en plus de sortir très rapidement – une quinzaine de disques entre 2003 et 2007, environ.

Ceci étant, chez EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, on n'oublie pas pour autant les fans moins enclins à tout acheter ainsi que celles et ceux qui aiment bien le groupe sans plus. Et donc, sort en 2004 Perpetuum Mobile. Un titre lourd de sens, diront certains, car renvoyant directement au mouvement perpétuel, une chimère de la physique. Et après écoute de l'album, on a presque envie de dire qu'il est bien choisi, car EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN a beau tirer sa musique vers le haut, il finit fatalement par partir vers le bas, sans atteindre un cycle parfait de la constance musicale qualitative. En un mot : Perpetuum Mobile est médiocre.

Une vraie première, que certain(e)s à la langue perfide ont soi-disant prédit depuis quelques années. EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN a pu en effet être soupçonné de s'embourgeoiser, d'oublier ses grandes et violentes heures indus, et pire encore, de se frotter à des formes plus conventionnelles du rock, voire... à la pop. Sauf qu'une telle attitude est, soyons direct, minable. Non seulement la « pop » de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN reste originale et dotée d'un ADN indus prégnant, mais en plus Ende Neu (1996) et Silence is Sexy (2000) sont des opus de très haute qualité, ménageant la chèvre et le chou avec pertinence.

Mais pas Perpetuum Mobile. Pour le coup, NEUBAUTEN s'est certes trop assagi, mais surtout, il oublie d'être bon pendant une heure et six minutes. Parce qu'il ne faudrait pas être malhonnête, notons quand même que l'album contient quelques morceaux recommandables. "Ich gehe jetzt" n'est pas la meilleure ouverture dans l'histoire des albums de NEUBAUTEN, mais ce démarrage en douceur permet au moins de donner le ton général de la suite, en plus de rester sympa à écouter. On connaissait déjà "Ein seltener Vogel" sur le live 9-15-2000 (2002) qui devait soi-disant ne plus jamais être joué, et même si la version live était plus mordante et percutante, il n'en reste pas moins ici un morceau long et intéressant de bout en bout.

Voilà, on a fait le tour. Parce que le reste de Perpetuum Mobile, pour être honnête, va du franchement oubliable au presque-bon-mais-il-manque-quelque-chose. Le morceau-titre est certes une application musicale du mouvement perpétuel, mais c'est surtout un morceau de 5 minutes à la rythmique entêtante et aux variations intéressantes qui se suicide littéralement en s'étirant sur 13 minutes. "Selbsportrait mit Kater" est plus court et concis, et se fait mieux comprendre, mais l'ajout discret quoique notable de cordes et l'emphase vocale dans le dernier tiers décrédibilisent le titre, quand bien même on aurait vu pire dans le passé. Plus loin, "Ozean und Brandung" est un interlude bruitiste, proche des field recordings, absolument inutile et ennuyeux.
De manière générale, Perpetuum Mobile enchaîne trop souvent les compositions peu captivantes et manquant sérieusement d'énergie – et je ne critique pas le fait qu'elles soient lentes, car on peut être lent et énergique. Et c'est d'autant plus dommage qu'un morceau comme "Youme & Meyou", dans un album construit de manière à varier plus souvent les plaisirs, aurait pu être un nouveau tour de force dans la discographie de NEUBAUTEN. Raté, c'est un titre ennuyeux de plus.

D'aucuns pourront être plus cléments envers Perpetuum Mobile. Après tout, l'album reste quand même bien produit et joué, il n'y a rien de vraiment nul. Et quand on ne connaît pas EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, l'opus peut convaincre. Mais dans le cas contraire, on sait qu'il est capable de tellement mieux. Bref, un album décevant mais bien fichu quand même, rien de réellement brisé ici.

Note réelle : 2,5/5

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EINSTüRZENDE NEUBAUTEN
9-15-2000, Brussels (2002)
Exemplaire jusque sur scène


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   WALTERSMOKE

 
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- Blixa Bargeld
- Alexander Hacke
- N.u. Unruh
- Jochen Arbeit
- Rudolf Moser


1. Ich Gehe Jetzt
2. Perpetuum Mobile
3. Ein Leichtes Leises Säuseln
4. Selbstportrait Mit Kater
5. Boreas
6. Ein Seltener Vogel
7. Ozean Und Brandung
8. Paradiesseits
9. Youme & Meyou
10. Der Weg Ins Freie
11. Dead Friends (around The Corner)
12. Grundstück



             



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