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FUNK/POP FRANçAISE  |  STUDIO

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- Membre : Chedid
 

 Labo M Music (234)

Matthieu Chedid -M- - Je Dis Aime (1999)
Par MARCO STIVELL le 10 Juin 2018          Consultée 250 fois

Le deuxième album de -M- commence à moins sentir la beu directement cultivée dans le Larzac, celle-là a déjà pas mal circulé à travers la grande ville. Blague (de tabac) à part, ça fait toujours drôle de parler de quelque chose qu'on ne connaît pas !

En revanche, ce disque, Je Dis Aime, lui, on le connait. Visez un peu : le morceau-titre, "Onde Sensuelle", "Mama Sam", "Bonoboo"... Que de tubes qui font la réelle consécration de Matthieu ! Et qui achèvent de lancer son personnage de -M- en l'ancrant de façon durable dans les esprits, avec sa voix et sa coupe particulière, ses vêtements aussi. À partir de là, c'est quitte ou double, l'artiste a ses passionné(e)s et ses détracteurs, mais il ne laisse pas indifférent.

Sa qualité première, mais ça peu de gens le reconnaissent, c'est qu'il est meilleur instrumentiste que chanteur ou image bariolée. Ce talent est beaucoup mieux mis en valeur ici, avec ce disque qui ressemble moins à un projet confidentiel, il sonne plus propre, plus pro. Tant qu'à faire, pourquoi ne pas enchaîner quatre morceaux funk d'entrée, et sur différents tons ? Par rapport au Baptême déjà, la dynamique est toute autre, et ça fait un bien fou !

On parlait du musicien donc, qui arrive même à rattraper certains efforts très contestables d'un point de vue thématique et paroles : "Le Festival de Connes" par exemple. Sous prétexte de jeux de mots, d'humour, -M- revêt son manteau le plus chicos, le plus bling-bling pour draguer, une ceinture pour mieux faire ressortir ce qu'il y a en-dessous, et cette (boule à) facette ne lui sied vraiment guère, d'un point de vue personnel. "C'est vrai qu'à Cannes (note : tout est dans la phonétique), c'est très cul, c'est vrai qu'à Cannes, j'suis le roi des cons". La musique plait davantage, avec son tempo jazz balancé avec précision et groove, ses imitations d'orchestre swing à la guitare, au kazoo.

Le -M- créatif a cette capacité-là, y compris quand il commet des erreurs impardonnables, par exemple reprendre le génial "Close to Me" de THE CURE. Le rythme est le même, mais les cuivres sont joués par la guitare et un gros synthé bien baveux. Il y a tout pour que les détracteurs de l'artiste s'en donnent à coeur joie, et c'est vrai qu'on peut être facilement rebuté par l'exercice en soi, mais je suis bon prince, quoique pas charmant. Ce n'est pas si mal, les paroles en français permettent à -M- de s'approprier le morceau, et vocalement il n'en fait pas trop.

On pourrait trouver à redire sur ce disque, "À Celle Qui Dure", le tandem "Au Lieu du Crime" / "Complexe du Cornflakes" moins passionnant, cette dernière en particulier, avec sa comparaison Etats-Unis / France en défaveur de la seconde mais d'une façon légère, à la -M-. Il la débute avec son accent le plus éprouvant, pour ne rien arranger, mais le thème nous intéresse mieux, contrairement à "Mama Sam" qui est le titre le mieux ancré dans son époque. Avec son rythme biguine et ses couleurs d'Afrique, les choeurs enfantins etc, c'est une autre facette de -M- que le public jeune adule, comme en témoigne le futur clip live, hautement délirant. Frais, humoristique, bigarré, mais j'ai bien du mal, "aigrie est ma couleur de peau". La rime "où les affreux n'ont pas d'afro" est bancale, mais quand ça parle et que ça donne le sourire, que dire ? Tiens, ça sonne -M-...

"Onde Sensuelle", "Je Dis Aime" dont les paroles sont écrites par Dame Andrée, ça aussi ça sonne -M- en bloc. Du funk torride, des paroles gentiment osées et des Saintes-Nitouches, des refrains qui font mouche, "Je dis aime et je le sème sur ma planète", "Mais comment t'atteindre, onde sensuelle, toi qui me donnes des ailes ?"... Matthieu a trouvé la bonne recette, et malgré les passages radio répétés, on apprécie ces titres, mieux que "Mama Sam". Dans le même style, "Monde Virtuel" est tout aussi excellent, voire plus encore avec ses arrangements moins léchés, l'artiste chaleureux y trouve un beau moyen d'expression face à l'arrivée d'Internet. J'ai une tendresse particulière pour "Bonoboo", l'autre texte écrit par Andrée, avec les choeurs sensuels de Céline B.

Des bons voire très bons morceaux, ce disque en compte plein, il y a aussi "Faut Oublier", "Le Mec Hamac", "Emilie 1000 Volts" et son tango improbable... Des morceaux chargés en portraits et en arrangements bien fichus incluant des cordes, basse et guitares qui ressortent mieux qu'ailleurs, à travers un propos plus sérieux voire torturé qui va déjà mieux à -M- que certains délires exubérants. On compte aussi l'instrumental "Le Commun des Motels", avec un goût d'Ennio MORRICONE qui prouve combien l'artiste a raison de conceptualiser ses réalisations. Tout est livré quasiment à point, en attendant que les meilleurs efforts pointent le bout de leur nez !

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   MARCO STIVELL

 
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- -m- (tous les instruments)
- Andrée Chedid (voix)
- Celine B, Olive (choeurs)
- Vincent Segal (basse, violoncelle, percussions)
- Cubain (percussions)
- Marlon (programmations)
- Laurent Robin, Patrice Renson (batterie)
- Cyril Atef (batterie, percussions)
- Pierre Bosheron (bruitages)
- Hervé Cavelier (violon)
- Jean-marc Apap (alto)


1. Monde Virtuel
2. Je Dis Aime
3. Onde Sensuelle
4. À Celle Qui Dure
5. Faut Oublier
6. Le Festival De Connes
7. Le Mec Hamac
8. Close To Me
9. Émilie 1000 Volts
10. Qui Est Le Plus Fragile
11. Le Complexe Du Corn Flakes
12. Au Lieu Du Crime
13. Bonoboo
14. Le Commun Des Motels
15. Mama Sam



             



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