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Xavier RUDD - Storm Boy (2018)
Par GEGERS le 18 Juin 2018          Consultée 957 fois

Il y a cette routine que l'on ne changera pas, ce voyage que l'on n'entreprendra jamais, ce besoin de s'affranchir de toutes les contraintes que l'on assouvira uniquement dans la tombe. Peut-on vivre sa vie pleinement sans s'encombrer l'esprit des barrières que l'on se construit, des limites que l'on s'impose soi-même ? Certainement, mais cela demande un courage, une persévérance dont il est difficile de se convaincre engoncé dans son confort quotidien. Et puis, chaque jour, même en souffrant d'une certaine routine, peut devenir une petite aventure, si l'on se donne la peine de lever la tête et de retirer ses œillères. Mais que l'on soit enfoncé dans son siège de bureau, la tête dépassant à peine de son écran d'ordinateur, ou en train de sillonner, cheveux aux vents, ce que le bush australien compte en sentiers, il y a une musique qui peut procurer un immense sentiment d'apaisement et de liberté. Une musique qui résonne comme un appel à s'accepter pleinement, pour mieux prendre conscience du monde qui nous entoure. Car comme la pochette de Storm Boy semble le dire, nous ne sommes après tout que de la poussière d'étoiles.

Ce nouvel album de Xavier RUDD peut sembler de prime abord simple dans sa construction. Après Spirit Bird, véritable album-monde à l'intérieur duquel il est possible de se perdre tellement il foisonne d'idées, et Nanna, plus reggae, plus tribal, résolument ethnique, l'artiste australien semble se diriger il est vrai vers des constructions de morceaux plus classiques, mais pas pour autant moins riches ou aventureuses. Si quelques influences reggae subsistent ("Keep It Simple", "Feet on the Ground"), le propos général est résolument folk, porté par les sonorités des guitares et de la Weissenborn de Xavier, ainsi que par un piano bien plus présent que par le passé. L'album se fait ainsi plus calme que les réalisations passées du bonhomme. Il n'est pas pour autant moins revendicatif, prônant une prise de conscience des enjeux environnementaux, une démilitarisation complète des nations, ainsi que le respect des peuples indigènes. Ces thématiques se retrouvent sur l'ensemble des morceaux de l'album, à l'image de "Storm Boy", qui fait l'apologie d'une vie débarrassée de tous ses artifices inutiles. Les mélodies et les ambiances du morceau peuvent évoquer "Follow The Sun", d'autant plus qu'il est également ici question de lâcher prise, de partir pour mieux vivre et se trouver. Les tonalités folk sont légères, mais le sens n'est pas vide.

Peut-être un peu plus qu'avant, Xavier RUDD parle d'amour. Tout est amour chez l'artiste, bien sûr, mais il est sur cet album question d'amour charnel pour une femme, que l'on retrouve sur "Fly Me High", tendre ballade portée par une basse ronde, ou encore sur "Growth Lines", qui voit guitare et piano tisser de nouveau une toile délicate, s'accordant à merveille avec les ambiances désabusées d'un morceau qui aborde le thème de l'amour sous l'angle de la séparation. "Best That I can" oeuvre dans une veine similaire, sorte de berceuse folk doucereuse, où la simplicité et la beauté pure de l'amour se voit mise en opposition avec l'état dégradé du monde et un pessimisme quant à la survie de l'humanité invitant à faire de l'amour un étendard face à l'obscurantisme de ces présidents qui commencent à mettre en doute la parole des scientifiques et de ces industriels pharmaceutiques dont les remèdes empoisonnent les patients.

Storm Boy se fait ainsi splendide tant par ses paroles que ses mélodies. Et c'est bien lorsque Xavier RUDD laisse à celles-ci le temps de se développer que les morceaux se font les plus puissants et marquants. "Gather the Hands", dont les arpèges évoquent celles de "Spirit Bird" sur l'album du même nom, est un chef-d’œuvre porté par une montée en intensité bluffante. S'étalant sur près de huit minutes, "True Love" en est un autre. Lorsque, porté par des mélodies fortes, Xavier RUDD nous donne l'impression d'entrer en transe, de ne faire qu'un avec sa musique, alors on ne peut que voyager avec lui. Si le corps reste prisonnier de son enveloppe, l'esprit s'échappe, vagabonde, découvre une liberté enivrante.

Storm Boy est un goût de l'infini, car il est sans limites, sans contraintes. Le format est familier, le folk de Xavier RUDD peut être moins sauvage, mais les mélodies sont porteuses d'une force qui abat les murs et défie les obscurantismes. De la première à la dernière note, ce nouvel album de l'artiste australien convie l'esprit à un vagabondage entre hédonisme et mélancolie, toujours ailleurs sur le spectre des émotions. On en ressort avec une impression de liberté grisante. L'artiste a frappé de nouveau un très grand coup. Sans doute son album le plus accompli.

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   GEGERS

 
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- Xavier Rudd (chant, guitare, weissenborn, chaturangui)
- Terepai Richmond (batterie, percussions)
- Ian Peres (clavier, orgue, piano)
- Yosef Haile (base)


1. Walk Away
2. Keep It Simple
3. Storm Boy
4. Honeymoon Bay
5. Fly Me High
6. Gather The Hands
7. Best That I Can
8. Feet On The Ground
9. Growth Lines
10. True To Yourself
11. Before I Go
12. True Love
13. Times Like These



             



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