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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Patrick BRUEL - Alors Regarde (1989)
Par BAKER le 3 Août 2018          Consultée 359 fois

La fin des années 80 aura connu la fameuse Bruelmania, inutile d'essayer de minimiser le phénomène. Il faut dire qu'après son premier album et quelques singles bien vendus, le garçon s'est lancé dans le cinéma, et pas n'importe quoi : La Maison Assassinée de Georges Lautner, pas un nain donc, et surtout L'Union Sacrée, polar à l'américaine signé Alexandre Arcady et film particulièrement réussi à bien des niveaux. On rajoute que P.R.O.F.S. est devenu en VHS un film culte et BRUEL s'est imposé en tant qu'acteur : lui reste à revenir à la chanson pour enfoncer le clou.

Et c'est un pieu anti-vampires qu'il va enfoncer avec ce mastodonte. 11 titres pour 5 singles, dont 4 sont largement passés à la postérité. Pire encore : 3 autres titres ne sortiront pas mais auront tout de même droit à des passages radio assez réguliers. Le Thriller français, du tube à n'en plus finir. Etait-ce mérité ? Alors Regarde, à défaut d'être regardé, peut-il encore s'écouter ? Une chose est sûre : le succès à l'époque n'était pas dû qu'à la belle gueule du Belmondo bouclé. Sortant la grosse artillerie, quelques singles étaient et restent incontournables, qu'on aime le personnage ou pas.

Pour ce second opus, BRUEL a axé le son sur trois styles : le heavy rock (ne riez pas), les ballades pop évidemment, et... les autres. Nous allons tout de suite nous fâcher, au risque de déplaire à Michel Audiard : les "autres", c'est pas Byzance. Le calypso de "Décalé" et le reggae franchement opportuniste de "La Fille De l'Aéroport" se veulent rafraîchissants mais tombent à plat, surtout le second qui aurait à la rigueur pu survivre si la frontière militaire avec le Kitsch Oriental n'avait pas été franchie avec cette annonce de l'hôtesse, à se facepalmer. Les ballades sont bien plus réussies : "J'Te l'Dis Quand Même" est une très belle chanson piano/voix ; BRUEL est un bon compositeur, assez identitaire en plus, et on ne peut pas lui retirer cela. Quant à "Place Des Grands Hommes", avec ses guitares à la cool façon DIRE STRAITS et son texte magnifiquement conçu, c'est un classique qui mérite totalement son succès.

Ce qui frappe cependant, c'est le nombre de chansons qui sont, ou qui se voudraient, heavy. Et deux constats s'imposent : d'une part, BRUEL a pas mal réussi ces titres, dans le côté anthémique, costaud mais mélodique. D'autre part, régulièrement, des kitscheries de production viennent entacher l'horizon : les synthés de la pourtant très belle "Dors", les chants sud-Africains tape-nerfs sur "Alors Regarde". Il n'empêche que certains riffs, simples, fonctionnent à pleins tubes, que "Casser La Voix" malgré de gros défauts ("j'suis dégueu mais j'suis pas dégueulasse" : le CNRS travaille encore sur cette phrase en 2018) reste une chanson bien construite, que les solos de guitare sont fumants, et que derrière, ça joue, ça joue fort et ça joue vrai. Même partiellement ratée, "Dors" est une chanson puissante qu'on rêverait de voir surgir de nos jours.

Même les titres moyens ont un petit quelque chose, comme sur "Elle M'Regardait" : des sons à la TOTO, un couplet qui fleure bon le RENAUD de cette époque. Il y a cependant "Flashback" et surtout le dernier titre, "Rock Haine Rôles", qui à force de vouloir pencher vers le heavy de façon systématique ne vont pas assez loin dans leur délire. Du coup, ce dernier titre laisse planer un doute : les grosses guitares et les refrains de stade, est-ce l'ADN de BRUEL ? Ou de l'opportunisme savamment dosé ? La question se pose évidemment de nos jours, mais à l'époque, il faut reconnaître que ce disque a fait un carton mérité, et que la jeunesse a découvert un chanteur parlant à sa génération, avec à la main une guitare suintante et à portée de bras un piano romantique. C'était il y a vingt ans. Vingt siècles. Une éternité.

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- Patrick Bruel (chant, guitare)
- Mariza Corréa (chant)
- Philippe Saisse (claviers, prog)
- Gérard Bikialo (claviers, prog)
- Jean Mora (prog)
- Nick Moroch (guitare)
- John Woolloff (guitare)
- Pierre Teodori (guitare)
- Christian Padovan (basse)
- Carl James (basse)
- Steve Ferrone (batterie)
- Marcello Surracce (batterie)
- Bashiri Johnson (percussions)
- Mick Lanaro (percussions)
- Brenda White King (choeurs)
- Curtis King (choeurs)


1. Même Si On Est Fou
2. Casser La Voix
3. Décalé
4. Alors Regarde
5. Flash Back
6. J'te L'dis Quand Même
7. Place Des Grands Hommes
8. La Fille De L'aéroport
9. Dors
10. Elle M'regardait Comme ça
11. Rock, Haine, Rôles



             



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