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VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

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Patrick BRUEL - Juste Avant (1999)
Par BAKER le 5 Octobre 2018          Consultée 486 fois

A l'époque, les Guignols s'en étaient bien moqué. BRUEL qui se tape la crise de la quarantaine. "Quarante ans putain, quarante ! J'vais pouvoir signer des chèques, avoir un scooter, boire de l'alcool !". C'était du "storytelling" comme on dit chez les subchromosomédiatiques, mais il est clair qu'à l'écoute de ce Juste Avant, le changement de cap de notre ami Patrick Benguigui est radical. Diversifiant autant ses thèmes que ses musiques, changeant presque totalement d'équipe musicale pour n'engager que de gros noms, BRUEL livre un disque entre intime (mais pas forcément intimiste) et populaire, désireux de vouloir garder le beurre, son argent et les parties charnelles de la crémière.

Est-ce une réussite ? Comme souvent dans ce genre d'entreprise, il y a des points faibles. Il est d'abord assez curieux de voir que le disque comporte en son sein un bloc compact de 4 titres largement plus axés world music que variété pure. Comme si BRUEL avait besoin d'air, de changer de sa propre atmosphère. Il tente de refaire "Décalé" avec "Elle voulait tout" - pas une vraie réussite malgré des efforts -, veut faire chialer la Mer Morte avec un "Elie" qui plie sous son propre poids de quarante sept tonnes de pathos, rappelle ses origines Oraniennes avec un joli "Café des Délices" un peu factice (mais très beau pont), et retente l'aventure espagnole avec un duo - réussi - avec Nilda Fernandez, rehaussé par un excellent piano.

Bloc compact donc, qui choque presque tant le disque part dans une autre direction, pour en revenir : pour le reste, BRUEL a abandonné ses rêves de rockeur pour retrouver quelque chose entre la pop légère et la variété de qualité, comme au temps de Alors Regarde, avec quelques ratés et de beaux passages. Ainsi comme compositeur, est-il encore capable de bien belles choses. "J'te mentirais" a beau être le petit frère caché de "J'te l'dis quand même", c'est une chanson bien construite, qui mérite son succès. Sa transformation en "chansonnier" plus qu'artiste de variété s'éclaire au gré de "Trois ans et demi d'amour", rigolote, "Juste avant" un peu creuse, et un très bon titre, "Au bout de la marelle", construite sur une bonne idée mais qui souffre d'une prestation vocale fatiguée, désabusée, en faisant une chanson juste correcte alors qu'elle délivrera tout son potentiel en live.

C'est d'ailleurs le même souci pour les deux autres meilleurs titres de cet album. "Pour la vie" est adorable, sorte de réflexion post-"Place des grands hommes", apportant un regard lucide et vraiment tendre, mais qui manque un chouïa, presque rien, de vie. Et que dire de "Tout s'efface" ? C'est clairement la meilleure chanson jamais écrite par BRUEL. Epique, poignante, elle a tout des grands classiques, y compris un double solo de guitare à la ALAN PARSONS PROJECT, du grandiose, millimétré au renversement d'accord près. Las ! Cette version studio, trop sage, est loin de la flamboyance du live qui s'ensuivra.

Disque de transition pour époque de transition, à tous les niveaux : vie, style, musiciens. Bourré de bonnes idées et de bonnes intentions, mais aussi assez déséquilibré, ce quatrième album se veut peut-être trop adulte, trop vite, trop fort. Pris en tenaille entre un album purement rock et un autre... hum, purement pas rock, ce disque gentiment moqué en son temps est un bon moyen de découvrir BRUEL à partir de zéro : vous avez tous les défauts, et toutes les qualités. Gliguedi gligueuda, pas à la cuilliére, hop ! on the rocks, et quitte à vous moquer de BRUEL, au moins vous serez-vous confronté à la bête. Même si pour découvrir les joyaux de cette fournée dans de meilleures conditions, préférez-lui le live "Rien ne s'efface".

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   BAKER

 
  N/A



- Patrick Bruel (chant)
- Nilda Fernandez (chant)
- David Moreau (claviers, guitare, choeurs)
- Arnaud Dunoyer De Segonzac (piano)
- Thierry Eliez (claviers)
- Bernard Arcadio (claviers)
- Basile Leroux (guitare)
- John Woolloff (guitare)
- Sylvain Luc (guitare)
- Michel-yves Kochmann (guitare)
- Fabrice Moreau (batterie, choeurs)
- Dominique Bertram (basse)
- Roland Romanelli (accordéon)
- Juan Jose Mosalini (bandonéon)
- Florence Hennequin (violoncelle)
- Jacques Nicolas (violoncelle)
- Jean-philippe Audin (violoncelle)
- Philippe Cherond (violoncelle)
- Frédéric Petit (violoncelle)
- Laurent Jouanneau (violon)
- Vincent Debruyne (violon)
- Anne Gravoin (violon)
- Christophe Bruckert (violon)
- Daniel Dato (violon)
- Jean Lou Descamps (violon)
- Karen Brunon (violon)
- Françoise Gneri (violon)
- Christophe Gulot (violon)
- Elisabeth Pallas (violon)
- Larbi (violon)
- Farhat Bouallagui (violon)
- Frédéric Mangeon (violon)
- Hélène Corbellari (violon)
- Philippe Morel (violon)
- Eric Giausserand (bugle)
- Bernard Camoin (trombone)
- Denis Benarrosh (percussions)
- Atem Bidaoui (percussions)
- Félix Gray (choeurs)


1. J'te Mentirais
2. Juste Avant
3. Pour La Vie
4. Tout S'efface
5. Trois Ans Et Demi D'amour
6. Peur De Moi
7. Elle Voulait Tout
8. Elle
9. Nunca Mas
10. Au Café Des Délices
11. Au Bout De La Marelle
12. Une Chanson Qui Sert à Rien



             



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