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MUSIQUE ROMANTIQUE  |  OEUVRE

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- Style : Joseph Haydn , Felix Mendelssohn
 

 Ludwig Van Beethoven, Le Site (1322)

Ludwig Van BEETHOVEN - Symphonie N°5 (karajan) (1808)
Par CHIPSTOUILLE le 10 Novembre 2006          Consultée 7697 fois

Est-il encore besoin de présenter la cinquième symphonie de BEETHOVEN ? Quatre grands coups assénés à la musique classique, quatre grands coups que les cordes et les cuivres se disputent, quatre grands coups du "Destin qui frappe à la porte", comme se plaisait à dire leur géniteur. En fait de quatre, il s'agit plutôt de huit voire seize, voire plus... les "POM POM POM POM" s'élancent de part et d'autre de l'orchestre, aux trombones à coulisses et cors ventrus répondent les cordes ou moins souvent les bois, et puis, une seule fois, un piano trébuche seul sur ces mêmes quatre coups...

Tout le monde connaît au moins le premier mouvement de cette symphonie esquissée dès 1803 en même temps que l’héroïque. A l’image de la pastorale, sa composition fut véritablement reprise en 1805 pour être terminée en 1808. Les deux furent jouées pour la première fois le même jour, dans l’ordre inverse de leur numérotation définitive. Numérotation qui correspond en réalité à celui de leur parution. Depuis 1806, année où il quitte avec pertes et fracas son mécène Lichnowsky, BEETHOVEN tente de vivre de sa musique, avec difficulté. Cette année 1808, il est hébergé chez Marie Erdödy, passionnée de musique et elle aussi victime d’ennuis de santé. BEETHOVEN trouve chez elle une âme sœur, une confidente. La précarité de sa situation le conduira cependant à accepter de se mettre au service, en tant que chef d’orchestre, de la cour de Jérôme Bonaparte alors récemment nommé par son frère prince de Westphalie. Connaissant l’aversion du compositeur allemand pour l’empereur français, et son statut d’occupant n’a guère amélioré cet opinion, on peut comprendre à quel point sa situation devait être désespérée.

C’est la même Marie Erdödy qui, après ce que devait être son dernier concert donné à Vienne, celui-là même que nous évoquions, finira par convaincre son locataire de rester dans la capitale autrichienne. A noter que figuraient aussi à l’affiche, interprétés de même pour la première fois, le 4e concerto pour piano, quelques extraits de la première messe ainsi qu’une fantaisie pour piano chœurs et orchestre (op. 80) sur le thème de l’hymne à la joie, déjà, excusez du peu.

Mais revenons à la symphonie. Au-delà du sublime "Allegro con brio" (et quel brio), on se réjouit avec bonheur à l'écoute des trois autres mouvements. Le « thème du destin » était déjà présent dans nombre de ses compositions antérieures. La nouveauté, c’est que l'on retrouve ces quatre coups dans tous les mouvements, donnant une logique inédite à la symphonie, une unité. Certes, ils ne sont pas aussi clairement dévoilés dans l' "Andante con moto", mais on les retrouve régulièrement, fermement ancrés dans le dernier "Allegro" et de manière évidente dans le 3ème mouvement. Après l’ « Ut mineur », ce thème disparaitra du répertoire du compositeur, preuve qu’il considérait sa propre symphonie comme un aboutissement.

Grâce à ces quatre coups, BEETHOVEN fait du massif, et en ce début de XIXe siècle, il n'y a pas plus violent (si l'on met de côté les anglais qui ont déjà cette fâcheuse habitude de reprendre HÄNDEL avec des chœurs exubérants). La force du compositeur romantique, c'est cette manière de brasser son orchestre de la plus vigoureuse des manières, un moment d'accalmie ne lui servant presque plus qu'à réitérer une démonstration de force crescendo. L'auditeur est ainsi brutalisé de toute part, les douceurs de MOZART ne sont déjà plus qu'un souvenir lointain.

Le disque référence pour cette chronique est quant à lui plus problématique. En effet, au triomphalisme de la cinquième est enchaînée la petite chose qu’est la 8e symphonie. Vous aurez donc peut-être tout intérêt à préférer un découpage plus judicieux, sauf si comme moi vous souhaitez vous faire l’intégrale, peu importe les associations. Il me faut préciser cependant que Karajan en cette année 1977, toujours aussi regardant quant à la qualité sonore de ses enregistrements, manque quelque peu de vigueur dans l’introduction de l'Ut mineur. Ce passage fort qui est pourtant censé mettre tout le monde d'accord en seulement quatre notes, semble se dérober sous vos pieds. On ne s’immerge alors dans la cinquième qu’au bout de quelques phrasés supplémentaires. Indépendamment de l'interprétation, le duo ici proposé semble quelque peu bancal. On tient pourtant là un chef-d’œuvre inégalable bien malgré lui accompagné d'un divertissement un peu encombrant.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Berliner Philharmoniker
- Herbert Von Karajan (direction)


- symphonie N°5 En Ut Mineur Opus 67
1. Allegro Con Brio
2. Andante Con Moto
3. Allegro
4. Allegro
- symphonie N°8 En Fa Majeur Opus 93
5. Allegro Vivace E Con Brio
6. Allegretto Scherzando
7. Tempo Di Menuetto
8. Allegro Vivace
- ouverture Fidelio Opus 72b
9. Allegro



             



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