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Happy RHODES - Rhodes I (1986)
Par MARCO STIVELL le 9 Décembre 2014          Consultée 1861 fois

Tout le monde connait Kate BUSH, chanteuse à l'aura sacralisée, en revanche peu de gens connaissent Kimberley Tyler RHODES, renommée Happy légalement en pleine adolescence. Fille de parents divorcés, elle débute l'apprentissage de la musique avec une guitare que sa mère lui offre pour son onzième anniversaire. Cinq ans plus tard, déjà rodée par une série de concerts, elle est initiée aux techniques d'enregistrement par Pat Tessitore, admirateur de la demoiselle.

Parallèlement, elle écrit beaucoup de chansons, et c'est Kevin Bartlett, propriétaire du label Aural Grafitication, qui lui propose de les publier toutes. Trois cassettes voient ainsi le jour de manière simultanée en 1986, dont deux sans titre, et l'ensemble ne sera réédité en CD que grâce à l'insistance des futurs fans de Happy, nommés Ectophiles à partir du titre d'un album ultérieur. Néanmoins, ces CDs, indisponibles depuis longtemps, sont devenus rares et chers, ne facilitant guère la découverte d'une telle artiste et encore moins à ses débuts...

Si la filiation avec Kate BUSH ressort naturellement par certains aspects, en priorité celui d'une jeune femme précoce qui écrit des chansons affranchies de toute contrainte mercantile, il convient cependant de souligner d'emblée que Happy RHODES possède un univers bien à elle. D'abord elle est américaine, et ensuite sa voix hallucinante lui permet autant de côtoyer les mêmes cimes féériques que Kate (dans les aigües, la ressemblance est frappante !) que les graves soul et chaleureuses d'Annie LENNOX. Quatre octaves, pour les musiciens ; pour les autres, oui, c'est bien la même chanteuse… !

En outre, l'empreinte musicale de Happy RHODES n'est pas exubérante, au contraire introspective, sombre. Le décalage avec son patronyme apparaît alors comme savoureux, même si elle n'a jamais confirmé la probabilité d'un caractère dépressif inhérent à sa nature. Ses textes baignent dans les sentiments contradictoires mais aussi dans les images fantastiques, surréalistes. Pour finir, sur ses premiers disques, elle gère tout au niveau de l'instrumentation, en plus du chant, ce qui, sachant qu'elle n'emploie que des claviers en dehors de sa guitare, révèle une touche artisanale.

Il suffit d'écouter les deux premiers morceaux de ce Rhodes I (anciennement « Rhodes Vol. 1 ») pour comprendre. « Rainkeeper » est une ballade valsée à la guitare simplement, où la chanteuse fait sonner une chanson d'amour de manière beaucoup plus nuancée que la moyenne, par des mots très imagés. Quant à « Oh the Drears », elle fait intervenir les synthétiseurs digitaux avec une intention dramatique, évoquant le genre gothique alors en plein développement. Certains critiqueront l'aspect daté, c'est pourtant ce qui fait le charme des premiers albums de RHODES, dont la voix ondule des graves aux aigües, se dédoublant sans complexe, avec une sensualité infinie.

Les chansons folk à la guitare sont teintées à loisir d'influences celtiques ou flamenco, et Happy gère elle-même quelques parties instrumentales solistes, sous-mixées mais inspirées. En résultent des perles comme « The First to Cry », « Moonbeam Friends », ou la rassurante et légère « Number One ». Les autres morceaux se situent mieux en roue libre, les synthétiseurs dominent dans une ambiance baroque, soul à souhait et héritée des hymnes religieux. « I'm Not Awake, I'm Not Asleep », « Case of Glass », « Step Inside », « He's Alive » se situent dans cette veine.

Happy RHODES n'est pas une personnalité aisément recommandable à tous les amateurs de pop, ni même à ceux de chanteuses folk, pas plus qu'à ceux de musique underground 80's. C'est l'inconvénient de réunir les trois entités, ou le point fort, en termes d'éclectisme. Pour un premier essai, l'ensemble se tient brillament, autant que la finesse séduit et la maturité de l'artiste émeut (vingt ans à peine !). La réédition CD contient deux titres bonus également fort appréciables, à placer parmi les airs folk merveilleux et qui se retiennent durablement.

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   MARCO STIVELL

 
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- Happy Rhodes (chant, guitares, claviers)


1. Rainkeeper
2. Oh The Drears
3. Given In
4. He's Alive
5. Possessed
6. I'll Let You Go
7. Number One
8. Case Of Glass
9. Moonbeam Friends
10. I'm Not Awake, I'm Not Asleep
11. The First To Cry
12. Step Inside
13. The Wretches Gone Awry
14. The Flaming Threshold (titre Bonus Cd)
15. Suicide Song (titre Bonus Cd)



             



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