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Art MENGO - La Maison Des Ailes (2018)
Par BAKER le 11 Février 2019          Consultée 348 fois

Imaginez-vous : c'est Noël, vous vous attendiez à un super camion-robot qui fait caca des lasers sépuxonotrants. Quand vous déballez la boîte, vous apercevez un bout de télécommande : c'est votre Xibytroron CacaWorfer 2514, piles incluses ! Sauf que non, c'est la télécommande de Diego, un petit poney magique qui fait des bulles en forme de coeurs roses. Déceptiture. Et puis quelques mois plus tard, Diego est votre meilleur ami, vous avez passé de supers moments avec lui, et ce n'est que récemment que vous vous êtes aperçu que Noël cette année était tombé un 9 juillet.

Le dernier Art MENGO, c'est ça : non seulement on ne le voyait ni arriver ni à ce niveau de qualité, mais en prime il part sur une fausse joie. Ou plutôt une fausse piste (de décollage). Allez, je ne vais pas mettre dix ans à cracher le morceau : "Les longs courriers", première chanson du disque et premier titre d'Art depuis 2012, est juste aussi somptueuse qu'incroyable. Mélange d'orchestral classieux et mélodique, de variété prenante, de percussions world, de production pop électro profonde et de feeling epic progressif, c'est un maelström d'influences miraculeux qui ramène au tout meilleur de son premier album, avec une dimension expérimentale en prime. Quand on sait qu'il s'agit d'un album concept sur les débuts de l'aéropostale, il y a de quoi défaillir.

Le reste de l'album sera drastiquement différent, même si les cordes y jouent régulièrement un rôle prépondérant. En embrassant à pleine bouche le côté aventureux, dépaysant et un brin fanfaron des premiers héros del'aéropostale, MENGO retrouve les influences latines de sa seconde partie de carrière et les met en exergue : tango, chacha, rumba, paso-doble sont au programme, avec des percussions nonchalantes, des harmonies au cordeau, très détaillées, comme on les aime : soignées, jamais gratuites.

Et ça marche, car à l'écoute de cet album, on voyage loin. Le single-titre, qui a la dure tâche de succéder au chef-d'oeuvre introductif, nous met vite au parfum, on se croirait dans "La mer n'existe pas", mais en version positive et "décontrastée". Le pont à base de choeurs de mouettes droguées vaut son pesant de pesetas. L'autre chef-d'oeuvre du disque, "Mademoiselle elle", vous téléporte directement ailleurs ; où je ne sais pas, à vous de voir, mais c'est certain que vous ne restez pas dans votre fauteuil avec une telle mélodie. Le plus extrême dans le genre reste "Allo Saint Louis" : supplanté LAVILLIERS, humilié, martyrisé ! Les harmonies tombent en lambeaux, les choeurs appellent à la sieste la plus crapuleuse - et se permettent un décalage rythmique impressionnant - et le solo de piano cubain vous achève. Ah c'est pas une chanson arrangée et enregistrée en 8 heures, ça c'est clair !

De la musette d'entre-deux guerres pour situer l'histoire avec "Moi, les miens", un refrain que n'aurait pas renié Gilbert BECAUD sur "Mon bel canto", une litanie entre folk et bossa qui va vous rester dans la caboche pendant des semaines avec "Grand le ciel" : Art MENGO a vu les choses en grand, et il ne faut pas se fier au côté simple et faussement "world music pour les nuls", le travail d'arrangement est colossal. Quelques morceaux passent moins bien comme "Mes désirs" un peu lisse ou "Gardel", tango peu cash qui reste en surface, mais l'album s'écoule comme un rien, jusqu'à un "Petite fille" en forme de bilan, avec sa dichotomie entre un sujet poignant et un traitement très détaché, presque goguenard. A noter qu'un artiste français a donc pu écrire une musique sur Saint Exupéry. Cette vacherie gratuite vous était offerte, puisque gratuite.

Bizarrement, le disque se finit de façon un peu frustrante, avec "Je n'ai jamais su te quitter", mignonne mais un peu hors-sujet. Musicalement, car le titre porte bien son nom (sic) : Art a très clairement su comment débuter son album, mais n'arrive pas à le finir. Probablement parce qu'il s'y est senti bien, à l'aise, autant que nous auditeurs. C'est non seulement une réussite, mais aussi un retour inespéré. Et bien qu'il porte en lui une part de mort, étant la dernière appartion digitale de feue MAURANE, ce CD transpire la vie, le voyage, le soleil et les timbres qui ont encore augmenté, les salauds. Bravo Art MENGO, rien à redire.

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- Non Disponible


1. Les Longs Courriers
2. La Maison Des Ailes
3. Mademoiselle, Elle
4. Grand Le Ciel
5. Allo Saint Louis
6. Mes Désirs, Mes Désordres Et Mes Déserts
7. Moi, Les Miens
8. Ecoute Mes Yeux
9. Mon Bel Canto
10. Deux Ou Trois Choses De Gardel
11. Petite Fille
12. Je N'ai Jamais Su Te Quitter



             



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