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Art MENGO - La Mer N'existe Pas (1995)
Par BAKER le 7 Janvier 2019          Consultée 148 fois

On parle souvent du troisième album comme celui de la maturité, de la révélation intérieure ; pour Art MENGO, l'adage ne mentira pas (pour une fois). Bien que continuant de travailler avec des musiciens extérieurs, notamment Serge Faubert à la guitare et une petite section de cordes, Art a décidé de prendre son destin en main et ce disque a été en majorité enregistré en mode overdub : notre homme se charge de tous les instruments, guitare rythmique et batterie incluses. Le résultat, par rapport aux deux premiers disques : un son évidemment très différent, plus sec et un peu plus dépouillé mais sans pour autant verser dans le minimalisme total.

Qu'on l'aime ou pas, La mer... est un disque unique, et l'on sait immédiatement qu'on l'écoute tant ses sonorités sont typiques. Art commence son exploration du cha-cha et des rythmes lancinants, une zénitude assez éloignée des mélodies graves et épiques du 15 Août en Février, mais de par sa production "home made", les éléments de lourdeur ne sont pas totalement éradiqués : ainsi les claviers peuvent se montrer dynamiques et enveloppants, comme l'intro de "Laisse-moi partir" ou le piano électrique à la Tony BANKS de "J'ai pris tous les chemins" ; et la batterie est très souvent marquée par une caisse claire puissante, noisy. Ce mélange avec une voix toujours douce et une approche harmonique plus bossa que pop-rock donne donc un résultat à nul autre pareil, les paroles souvent emplies d'onirisme aidant la rêverie à passer en intraveineuse.

Bien que la musique semble derechef beaucoup plus austère, Art sait encore comment attraper l'auditeur dans ses filets. Avec la guitare notamment : sur "Laisse-moi", sur "Mon voisin" au petit riff coquin, ou encore avec l'accordéon se la jouant cubain avec "Sur les moulins". Mais ce sont surtout les cordes qui se taillent la part du lion, avec le premier titre, single incroyable, entre un LAVILLIERS maritime et les débuts du trip-hop, construit sur des harmonies douces et sensibles. Et que dire de "La bure", une merveille, une chanson extrêmement lente, dépouillée, qui exulte une sensualité classieuse et presque macabre. Un bijou. D'autres morceaux possèdent aussi quelques moments forts et un mélange de douceur et d'exotisme, le meilleur étant assuré par "Pendant que je cherchais" où MENGO s'amuse visiblement à faire durer une coda très longue, chantée en espagnol, et qui est un vrai petit moment de plaisir, rajoutant cordes et guitare à satiété.

Parfois fort, parfois indolent, La mer n'est cependant pas le grand disque révélation qu'il aurait dû être. La faute à quelques titres vraiment inférieurs, comme "Avec indifférence" difficilement supportable passée la première écoute, ou encore un "Pêcheur de lune" bonhomme dont le swing low-fi de l'intro fait penser à l'AFFAIRE LOUIS TRIO en moins charmant. Mais aussi, et avant tout, la faute à des mélodies vocales dont Art n'arrive pas à s'extirper. La scansion est immuable, le ton monocorde n'aidant pas, et une bonne moitié du disque se retrouve piégée par ce côté répétitif. Alors bien sûr, ce n'est pas toujours exactement du note à note, comme pour le très mignon coda "Eclat rimmel" qui va un peu lorgner du côté de VOULZY, mais cette caractérisation des mélodies vocales est bien plus présente, et gênante, que sur les deux premiers albums, ce qui signifie clairement qu'une métamorphose a débuté et qu'elle n'est pas encore achevée.

Fort et fragile à la fois, La mer... dénote totalement au milieu de la production de l'époque. Art MENGO semble condamné à ne plus jamais réitérer l'exploit du succès de "Les parfums de sa vie", mais visiblement son but est ailleurs. Il se cherche, sans se presser, imposant une musique nonchalante et personnelle, très intéressante à découvrir pour peu que ses défauts ne vous rebutent pas. La mer n'existe peut-être pas, mais pour autant, c'est incroyable ce que cet album semble avoir été écrit sur une plage. Et une plage sans la mer...

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- Art Mengo (chant, guitare, basse, claviers, batterie, percuss)
- Richard Ben (guitare)
- Serge Faubert (guitare)
- Dave Ruffy (batterie)
- Jean-louis Rocques (accordéon)
- Laurent Pélerin (violon)
- Vincent Fillatreau (violon)
- Philippe Tribot (violoncelle)
- Pascal Rollando (percussions)


1. La Mer N'existe Pas
2. Laisse-moi Partir
3. Mon Voisin
4. Le Crépuscule Des Vieux Amants
5. Et Si La Vie
6. Ce Qui Sera
7. La Bure
8. Pêcheur De Lune
9. Sur Les Moulins De Tes Chimères
10. Avec Indifférence
11. J'ai Pris Tous Les Chemins
12. Pendant Que Je Cherchais
13. Eclat Rimmel



             



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