Recherche avancée       Liste groupes



      
VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style + Membre : Art Mengo & Lara Guirao

Art MENGO - Croire Qu'un Jour (1998)
Par BAKER le 22 Mars 2019          Consultée 164 fois

Décider qu'on lâche un artiste parce que... ben parce qu'on ne peut pas acheter tout ce qui sort toutes les semaines, il faut le dire, c'est un acte à la fois héroïque et lâche. Héroïque parce qu'on devient adulte, on gère son budget. Lâche, parce que sans rentrer dans le domaine de la krizdudisk et des revenus de droits d'auteur, c'est comme un divorce. On en ressort parfois honteux, parfois chagrin, parfois soulagé (coucou MARILLION, coucou DREAM THEATER), mais jamais totalement indemne. Or, c'est rare mais ça arrive, on peut aussi lâcher un artiste pile au moment où il ne fallait pas. Et je le dis désormais avec donc vingt solides années de recul : ne pas avoir acheté "Croire qu'un jour" à l'époque était une belle connerie.

Parce que sous ses airs de ne pas y toucher (et sa pochette aussi sensuelle qu'un étron de mérou), ce quatrième album de notre cher Toulousain est une parfaite synthèse de ses trois premiers. On y retrouve la prédominance d'une guitare sale et très rock indé US de Guerre D'Amour, les ambiances chaloupées et l'ouverture à des mélodies et rythmes bossa et chacha de La Mer, le soin mélodique limite maniaque du premier album, et pour couronner le tout, de grosses influences trip-hop bien dans l'air du temps à l'époque, sauf qu'il apparaît très vite que MENGO ne subit pas cette mode, au contraire, il la maîtrise, il l'absorbe.

Et majoritairement, ce disque est un régal. Un régal en plusieurs temps, un plat de Meilleur Ouvrier de France : d'abord on est décontenancé, puis on sent une saveur, et à la fin on en redemande encore. Ce titre d'intro, si court, si dense, si ironique ! Ce "Qu'est-ce que je peux savoir" incroyable, mélodique, catchy, lourd, tubesque et totalement identitaire ! Ce sublime "Faudrait jamais s'aimer" qui à toutes ces qualités rajoute un côté franchement et délibérément épique ! Un refrain épique en France, en 1998 ! C'est catchy, uptempo, rien à redire, de l'orfèvrerie.

En fait ce sont les défauts qui sont le plus facilement listables, vu qu'il y en a peu. Le disque souffre, oh, même pas, disons que ça le gratouille un peu les jours de pluie, d'un tracklisting très bon mais perfectible : ainsi l'enchaînement "Sentiments usés" / "Le doute" ne fonctionne purement et simplement pas, et d'autant plus que "Le doute" est le titre le moins intéressant du lot. C'est dire, car harmoniquement il envoie de la cagette. Et il faudra être patient pour ne pas crucifier l'album sur l'autel des fins foirées : oui, "Un petit peu de moi" est une merveille absolue (cette guitare saturée douce, c'est du caviar) qui aurait dû FINIR l'album de façon parfaite, mais MENGO joue la carte de la double fin et "Il y aura des fleurs", suite directe de "Ma tombe", remplit assez honorablement sa fonction de clôture définitive.

On rajoute une pincée de riff de clavinette saturée à la Stevie WONDER qui rend "Je suis heureux" mi-optimiste mi-caustique, des passages en mode majeur qui transfigurent des titres au départ spleeneux comme "Le pont des pies" ou le très imagé "Le chef de gare", un semi-tube qui renoue avec le faux jazz grungy de Guerre ("Je t'aime d'amour madame"), du trip-hop pur et dur conscient de son genre et qui joue avec ses codes (le pont synthétique de "Sentiments usés"), et voilà qu'on a fait le tour : pas un titre à jeter, que des surprises, que des bonnes choses.

Pas si facile d'accès, et même très curieux de prime abord, "Croire qu'un jour" est un disque majeur de la scène electro-pop française de la fin des 90s. On revient au niveau de soin de Un 15 Août, à savoir qu'au-delà de quelques mélodies simples et accrocheuses, on en vient à décortiquer chaque changement de mode, chaque renversement de basse, chaque détail. Nombre d'artistes du même calibre se seraient cassé les dents sur un tel ouvrage. Art MENGO, lui, en sort largement vainqueur, par KO.

A lire aussi en VARIETE FRANCAISE par BAKER :


Emmanuel MOIRE
La Rencontre (2015)
N'oublie pas que tu vas mourir 2.




Eddy MITCHELL
Paris (1986)
Nouvel album bicéphale au casting de rêve.


Marquez et partagez





 
   BAKER

 
  N/A



- Non Disponible


1. Murmure De Coquillage
2. Qu'est-ce Que Je Peux Savoir ?
3. Le Pont Des Pies
4. Faudrait Jamais S'aimer
5. Je T'aime D'amour Madame
6. Sentiments Usés
7. Le Doute
8. Je Suis Heureux
9. Le Chef De Gare
10. Un Petit Peu De Moi
11. Il Y Aura Des Fleurs



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod