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- Membre : Alva Noto + Ryuichi Sakamoto, Ryuichi Sakamoto

YELLOW MAGIC ORCHESTRA - Naughty Boys (instrumental) (1983)
Par WALTERSMOKE le 28 Août 2019          Consultée 97 fois

En général, quand un artiste ou groupe de musique enchaine les cartons commerciaux et domine les charts, c'est qu'il est artistiquement mauvais. Oh, je sais, c'est une loi empirique. Et vous allez peut-être me sortir tel ou tel contre-exemple prouvant qu'en fait je dis de la merde. Soit. Mais même en restreignant à un genre élitiste, ça marche quand même. Exemple totalement pris au hasard : le rock progressif. Qui a dominé en 1973, par exemple ? The Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Un album pas si mauvais que ça, mais il y avait tellement, tellement meilleur, et aussi tellement plus innovant cette même année parmi les albums de prog. Et cela, y compris sur le marché français. Mais peut-être est-ce différent ailleurs, comme en Allemagne ou bien sûr aux États-Unis ? Allez donc voir qui a vendu 11 millions d'albums en 1999 rien que chez l'oncle Sam et on en reparle. Et puis... et puis, dans la première moitié des années 80, il y a le Japon, où le maitre des charts est un groupe de new-wave/synthpop essentiel dans l'histoire de la musique électronique.

De là à dire que les Japonais ont meilleur goût que les Français, il n'y a qu'un pas, que je franchis.

YELLOW MAGIC ORCHESTRA aurait pu sortir un album nullissime que le public local aurait quand même apprécié. Mais le trio n'est pas du genre à prendre ses fans pour des cons, oh que non, et reste toujours aussi rigoureux du côté de la qualité des compositions. Tant et si bien qu'en 1983, il sort son meilleur album, Naughty Boys, soit une alchimie si rare et pourtant si jouissive entre pop léchée et électronique inventive. Presque la routine pour Sakamoto, Hosono et Takahashi. Mais une surprise attend les fans de YMO. En effet, en parallèle de Naughty Boys, le groupe sort un troisième album en cet an de grâce 1983, qui est... Naughty Boys. En version instrumentale. Pourquoi, comment ? Ou plus directement : quel est l'intérêt d'une telle sortie ?

Je me pose encore la question, mais en attendant, un tel album a le mérite d'exister. Il prouve au moins une chose, à savoir que le nom « Yellow Magic Orchestra » est terriblement vendeur, puisqu'il a atteint la 18e place des charts japonais. À titre de comparaison, le making-of de Falling to Infinity de DREAM THEATER n'a dû être acheté que par deux pécores (dont la maman de James LaBrie). Et pour être franc, a priori, l'intérêt d'avoir la version instrumentale d'un album aussi pop que Naughty Boys semble très, mais alors très limité. La plupart des morceaux sont certes magnifiques en termes de composition, mais privés des voix si caractéristiques des membres de YMO, ils rendent pas top : parfois un synthé fait office de guide vocal ("Focus", "Kai-Koh"), parfois rien du tout.

Donc l'album est inutile.

Sauf qu'il y a des trouvailles intéressantes à se mettre sous la dent. Focus est ici doté d'arrangements différents, plus rock, plus dynamiques encore. "Ongaku" s'enrichit pour sa part d'un piano qui aurait très bien rendu avec le chant sur la version standard de Naughty Boys, à n'en pas douter. Mais l'album instrumental brille surtout par deux morceaux. Le premier, c'est "You've got to help Yourself". Il est ici présent en version complète, instrumentale certes, et permet d'apprécier encore une fois le génie créatif de YELLOW MAGIC ORCHESTRA. L'attention est cependant accaparée par "Chaos Panic", et pour cause, ce morceau n'était pas présent sur la version vocale. En fait, il remplace "Kimi ni mune kyun", qui aurait sans doute montré les limites de la version instrumentale d'une chanson. "Chaos Panic", donc, c'est une ouverture toute joyeuse, limite sautillante, qui débarque. Le synthé au premier plan est au passage fort agaçant, à vouloir imiter un harmonica, mais on s'y fait sans trop de complications. En gros, c'est une bonne face B. Et ça tombe bien, c'est à l'origine la face B de "Kim ni mune kyun".

En soit, la version instrumentale de Naughty Boys est inutile. Ceci étant, on peut apprécier le fait que YELLOW MAGIC ORCHESTRA ait proposé une expérience sinon unique, au moins rafraichissante et clairement moins insultante qu'un vulgaire best-of. Inutile donc, mais charmant quand même, car toujours doté (mais pas plein) de trouvailles.

Note réelle : 1,5/5

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- Chaos Panic
- Expected Ways
- Focus
- Kai-koh
- Expecting Rivers
- You've Got To Help Yourself
- Lotus Love
- Ongaku
- Opened My Eyes
- Wild Ambitions


1. Haruomi Hosono (claviers, Basse)
2. Ryuichi Sakamoto (claviers)
3. Yukihiro Takahashi (batterie, Claviers)
4. +
5. Bill Nelson (guitare)



             



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