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1974 Kansas
1975 Song For America
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1976 Leftoverture
1977 Point Of Know Return
1978 Two For The Show
1979 Monolith
1980 Audio-visions
1982 Vinyl Confessions
1983 Drastic Measures
1984 The Best Of Kansas
1986 Power
1988 In The Spirit Of Thin...
1995 Freaks Of Nature
1998 Always Never The Same
2000 Somewhere To Elsewher...
2016 The Prelude Implicit
2017 Leftoverture : Live And ...
2020 The Absence Of Presen...
 

- Style : Rush, Styx, Ayreon, Journey, Genesis, Yes
- Membre : Steve Walsh , Deep Purple

KANSAS - Song For America (1975)
Par LONG JOHN SILVER le 24 Janvier 2020          Consultée 988 fois

En 1974, la carrière de KANSAS est enfin lancée. Néanmoins, sa pérennité est loin d’être acquise nonobstant des capacités indiscutables. C’est donc naturellement en février 1975 que sort Song For America, son 2e disque, 10 mois après le premier et éponyme album. L’exercice est un casse-gueule pour de nombreux groupes émergents parce que souvent les meilleurs titres du répertoire figurent déjà sur le premier, qu’il faut tourner pour survivre. Il reste alors peu de temps pour créer, répéter, enregistrer et suivre toutes les étapes du processus de lancement avant de repartir dans le bus. Pour (co)produire le bousin, Wally Gold est reconduit mais on sent immédiatement que des choses ont bougé, que Jeff Glixman qui partage le boulot semble bien avoir contribué à la définition de l’identité KANSAS. Dès Song For America. "Song For America", la chanson mais plus globalement l’album tout entier. Le succès retentissant de Crime Of The Century est passé par là, le cas SUPERTRAMP offre des pistes. SUPERTRAMP qui compte dans ses rangs un saxophoniste*, élément distinctif dans son identité. Rôle dévolu –ici- au violoniste Robbie Steinhardt. Glixman, connu pendant l’ère White Clover, qui entame à 26 ans une (longue) carrière de producteur, commence à canaliser les interventions du violon, les rendant moins ostensibles, donc plus marquantes. Le groupe ne propulse d’ailleurs pas une addition de quatre solistes (aux violon, claviers et guitares), dont chacun, attendant son tour, pourra briller –plus ou moins- longuement. Nombreux instants virtuoses sont joués dans un esprit collectif. L’album parvient même à en délivrer des pains dont la puissance a tout en commun avec celle du Metal. Ajoutons que Steve Walsh partage nettement moins le chant lead avec Steinhardt, s’affirmant comme LE frontman du groupe. La dimension que poursuit à acquérir Kerry Livgren en terme d’écriture signe son capitanat, en témoignent les trois titres les plus longs (donc les plus Prog), dont il est responsable. KANSAS grave sa trademark ici.

Néanmoins, Song For America n’est pas plus parfait que son prédécesseur, il est nettement plus abouti en terme de production. La première question qui interpelle (moi en tout cas), c’est : Pourquoi ne pas avoir ouvert l’album par son morceau titre ET phare ? Car pour le coup "Down The Road", bon petit rock super pêchu, chanté par Steinhardt, pourrait faire relativiser l’introduction de cette chronique. Ok, le son est tout de suite maousse mais l’ensemble ne marque pas d’évidente rupture avec l’opus précédent. Comme un moment de transition. Non, la grosse baffe, on la prend vraiment avec "Song For America". C’est pourquoi la positionner en opener en eût probablement accru la portée symbolique : KANSAS is on his way, s’adresse à l’Amérique en livrant un pitch amer sur son Histoire d’une part, de l’autre il en résulte un objet totalement, théâtralement, autant que lyriquement épique. Avec : groupe au diapason, large exposition Crimsonienne, changements multiples et variés, enchevêtrement des claviers, guitare autoritaire, mélodies immédiates. Certains passages dévoilent déjà –par bribes- le futur de RUSH. Cependant "Song For America" n’a pas d’équivalent dans le reste de cet album, pas même un titre qui pourrait la tutoyer. Le premier opus possédait plus de points (très) hauts.

Pas de panique toutefois, Song For America met –tout de même- la barre à une portée assurément conséquente. Car rien n’est mauvais dans l’album, si on omet le solo de batterie incongru incorporé à "Icomudro-Hymn To The Atman". Aussi parce que l’implication des musiciens est absolue sur absolument tous les morceaux. La toute fin du même "Icomudro" est une démonstration de (toute) puissance. Du Metal Sympho avant la date. "Lamplight Symphony", autre titre bien Prog allie une amplitude de format cinémascope - on songe à URIAH HEEP – à d’impressionnantes variations des niveaux d’intensité. Comme en rupture avec les ambitieuses pièces signées Livgren, "Lonely Street", signée par tous les autres, sonne comme du FREE, jusque dans le chant de Steve Walsh qui retrouve les intonations d’un Paul Rogers. Lequel Steve Walsh se donne complètement sur les lignes vocales de "The Devil Game", titre coécrit avec Dave Hope, du Hard Rock déjà plus enlevé que le groupe finit au taquet. Et c’est bien le parti pris du collectif, intentions incluses, qui emporte partout l’adhésion finale.

KANSAS envoie un message à la Nation, avec les moyens de sa politique. Avec un tel personnel, totalement dévoué à sa mission, même ne contenant qu’un seul titre (vraiment) majeur, nul doute que cela impressionne et cela a de quoi ! Ne serait-ce que sa pochette, bien plus convaincante que celle du précédent. De face une illustration signée Peter Lloyd, qui appose une réelle crédibilité au message envoyé. Au dos, le cliché légèrement vaporeux rend plus urbains nos cinq campagnards initiaux. Enfin, il y a le lettrage adopté pour le nom du groupe, qu’on retrouverait par la suite sur d’autres pochettes. L’album se positionne d’ailleurs en 57e place au bilboard, remporte un disque d’or aux US. En revanche "Song For America" sort en single avec une longueur ratiboisée de 10’ à 3’15, ce qu’on qualifiera de pur charcutage. Qui s’entend en plus. Échec complet. Le groupe qui peut compter sur un noyau de fans fidélisés repart sur la route. Tout en préparant un prochain épisode à livrer très vite. Le groupe STYX** qui occupe un créneau musical très proche de celui de KANSAS voit avec l’affirmation du groupe de Topeka la confirmation d’un très sérieux candidat au trône du Hard/Heavy Prog US.

note réelle : 3,5

* John Helliwell, à noter qu’une des premières moutures de KANSAS comptait aussi un sax, un musicien qu’on retrouve avec Prot-Kaw, le reboot du early KANSAS
** En activité dès 1972

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Kerry Livgren (guitare, claviers)
- Robbie Steinhardt (violon, chant)
- Phil Ehart (batterie)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)


1. Down The Road
2. Song For America
3. Lamplight Symphony
4. Lonely Street
5. The Devil Game
6. Icomudro-hymn To The Atman



             



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