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1974 Kansas
1975 Song For America
  Masque
1976 Leftoverture
1977 Point Of Know Return
1978 Two For The Show
1979 Monolith
1980 Audio-visions
1982 Vinyl Confessions
1983 Drastic Measures
1984 The Best Of Kansas
1986 Power
1988 In The Spirit Of Thin...
1995 Freaks Of Nature
1998 Always Never The Same
2000 Somewhere To Elsewher...
2016 The Prelude Implicit
2017 Leftoverture : Live And ...
2020 The Absence Of Presen...
 

- Style : Rush, Styx, Ayreon, Journey, Genesis, Yes
- Membre : Steve Walsh , Deep Purple

KANSAS - Monolith (1979)
Par LONG JOHN SILVER le 1er Avril 2020          Consultée 459 fois

Il existe des hasards troublants, car au moment où je remonte dans le temps afin de chroniquer la discographie de KANSAS, la situation sanitaire mondiale devient très délicate. Mon navigateur nous ramène en 1979, le disque suivant sur ma liste se nomme Monolith. Or quelle première impression nous laisse la pochette de l’album, soit le premier contact qu’on a avec l’objet avant de se plonger dans son écoute ? « Malaisante », comme on se plait à le dire de nos jours ? L’illustration représente des Indiens (des Natives en V.O) entourés d’un décor post-apocalyptique, portant chacun des casques d’astronautes (à moins que se soient des aquariums à l’envers, mais ça m’étonnerait) comme si l’air était devenu irrespirable sur une Terre désolée, recouverte par le désert où subsistent les vestiges d’une autoroute dévastée. Cette pochette a été peinte par un certain Bruce Wolfe auquel le groupe avait envoyé le morceau « People Of The South Wind ». Son travail est remarquable même s’il fait froid dans le dos, pris dans le contexte actuel. Notons que les références aux Indiens d’Amérique ne sont pas nouvelles pour ce groupe, il y a bien eu « Cheyenne Anthem » sur Leftoverture comme allusion explicite, mais dès le premier album on pouvait relever des morceaux de textes évocateurs*, n’oublions pas non plus les paroles de « Song For America » qui décrivent l’avant et l’après arrivée des colons en Amérique. Le mot Kansas lui même est dérivé de « Kaw »**, qui n’est autre que l’appellation originelle du peuple occupant l’État avant l’arrivée des colons blancs. Cependant, l’inspiration principale de Livgren sur Monolith, qui signe la moitié des titres du disque, provient du livre d’Uriantia, ouvrage mystique d’inspiration chrétienne. La crise existentielle couve, le succès et ses corollaires, pas tous vertueux, commence a poser de profondes séquelles au sein de la formation de Topeka.

Les temps changent, le mouvement est perpétuel. Là où un groupe comme RUSH s’en va renifler ce qui se passe du côté des modes émergentes, notamment le Post-Punk et davantage la New Wave qui font flores en Europe, KANSAS lorgnerait plutôt du côté de ses congénères U.S, comme JOURNEY, STYX ou BOSTON. Vers le Dieu Mainstream. Aïe... Cependant reconnaissons une chose : le groupe qui auto-produit l’album est parvenu à délivrer une copie absolument remarquable, le son est PAR-FAIT ! C’est déjà un bon point, cependant insuffisant. Car d’emblée l’album laisse un sentiment intense de déception. Personnellement, j’ai pu, dans le passé, me montrer d’une sévérité tranchée avec cet opus et n’aurais pas hésité à lui délivrer une note sanction nonobstant sa pochette et sa prod, qui demeurent ses éléments les plus remarquables. Aujourd’hui, je modère cette aspiration a priori légitime. Car au fond Monolith, s’il semble faire les frais d’une inspiration en berne chez Walsh et Livgren (j’y reviendrai), n’est –in fine- pas aussi catastrophique qu’il y paraît. L’exemple emblématique de ces propos intervient au début de sa deuxième face. « A Glimpse Of Home », le titre le plus Prog du lot, recycle (en moins bien) tout un tas de plans et de mises en place déjà utilisés dans les disques précédents. C’est évidemment frustrant mais cela n’en fait pas non plus un ratage complet, c’est même assez bon. On pourrait presque en dire autant du très Hard Rock « Stay Out Of Trouble », toutefois nous manque l’étincelle qui –jadis- nous mettait réellement le feu au cul."Away From You" déménage, impressionne, c'est pêchu, ça envoie, etc. Néanmoins.

Il serait loisible de décliner cette impression à presque tous les éléments constituant l’album. « People Of The South Wind », premier single issu de Monolith, laisse carrément pantois. Il s’agit d’un Soft Rock –certes burné, on parle de KANSAS là !- qui s’en va chasser sur les terres de STEELY DAN, or ce titre fort moyen arrive comme un cheveu F.M sur la soupe Hard Rock mélo. Même les tentatives emphatiques comme « Angels Have Fallen » paraissent hors sujet car, en dépit d’une prod massive, on ressent un véritable coup de mou alors que le groupe joue super bien. Certes, « How My Soul Cries Out » envoie la purée Heavy Prog, cela reste musicalement impressionnant, son break est amusant, oui mais pour quoi faire au bout de compte ? C’est « Reason To Be » qui conclut de manière pastorale cet opus mineur. La chanson est assez sympa, elle aurait mérité de clore un ensemble plus conséquent. Alors que « On The Other Side », placé en ouverture, de loin le meilleur morceau de Monolith, nous laissait accroire au fil de ses 6’30 que ce qui s’ensuivrait serait au niveau. Voilà un titre ample et majestueux, au pont instrumental inspiré, dont le seul tort est de figurer au programme d'un album décevant, quelque peu passé par pertes et profits depuis, alors que c’est le seul moment qui puisse tutoyer ce qui fut auparavant.

On tombe des nues tant on a été habitué à des prises de risque concluantes. Ici celles-ci semblent minimales, alors qu’il apparaît clairement que le groupe y simplifie sa musique. Trop peu d’instants décisifs émaillent ce disque qui ressemble à une compile de fillers, d’où un sentiment d’intense déception. Pourtant, dans la foulée de ses succès précédents, l’album qui s’écoule très bien finit par décrocher sa certification platine courant 90’s ! Ok, il n’empêche que c’est nettement en-deçà des deux précédents, le retour de manivelle s’opère. Et le ver est bel est bien dans le fruit. Mais la Terre poursuit sa révolution et l'humanité (probablement) aussi.

* Même si la plupart des références revendiquées sont liées à l’extrême orient
** Expliquant le jeu de mot choisi par Livgren au moment où il relance Kansas II, soit la formation pré-KANSAS, sous le nom de PROTO KAW (cf chronique du 1er album)

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Steve Walsh (chant, claviers)
- Kerry Livgren (guitare, claviers)
- Robby Steinhardt (violon, chant)
- Rich Williams (guitare)
- Dave Hope (basse)
- Phil Ehart (batterie)


1. On The Other Side
2. People Of The South Wind
3. Angels Have Fallen
4. How My Soul Cries Out For You
5. A Glimpse Of Home
6. Away From You
7. Stay Out Of Troubles
8. Reason To Be



             



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