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- Style : Van Der Graaf Generator
- Membre : Tri Yann, Michel Berger , René Werneer

MAGMA - Üdü Wüdü (1976)
Par JUAN le 6 Novembre 2008          Consultée 5147 fois

Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü...

Imaginez-vous un temple, caché au milieu d'une épaisse jungle, une grande pyramide à degrés recouvrant un sanctuaire souterrain où se déroulent les plus inavouables rites. Vous vous approchez de ce monument imposant. Les cuivres font leur apparition pour ponctuer cette cérémonie glorieuse. Vous vous trouvez au milieu d'une longue procession, vous admirez la démesure divine des lieux qui vous entourent. Le rythme inexorable des chants s'accentue tandis que vous pénétrez dans la pénombre de la pyramide. Porté par les paroles scandées des prêtres, vous avancez. Devant vous un grand escalier de pierre noire, qui descend vers le coeur de l'édifice. Vous avancez encore. Vous vous retrouvez maintenant environ un étage plus bas que le niveau du sol. Tout d'un coup l'ambiance se fait plus pesante. Les scansions possédés du grand shaman vous font prendre conscience de l'aura maléfique d'un tel lieu. Mais incroyablement attiré par la puissance évocatrice de l'endroit, vous continuez à avancer. Vous descendez encore un étage.

Devant vous, une gigantesque pièce. Le plafond est bas et soutenu par d'épaisses colonnes. Vous distinguez dans la pénombre un autel au fond de cette pièce. Un chant d'une étrangeté morbide vous saisit, vous fascine. Certains des chanteurs, comme pris de délire, se mettent à agiter frénétiquement les bras, la tête, puis leur corps tout entier, réellement possédés par le rythme hallucinatoire. Une sorte de fièvre glaciale vous prend. Vous êtes tiraillé entre la chaleur morbide de l'atmosphère et la peur glaciale que vous inspire cet monumental décor. Rien ici n'est humain. Vous descendez encore, happé par l'appel inaudible d'une puissance inconnue. Les chants ne sont plus les mêmes. Tout le monde autour de vous semble savoir ce qui vous attend. Cela se ressent dans l'invocation horrifique que les prêtres entonnent en un choeur proprement effrayant. Les yeux semblent fixés vers un lieu invisible. L'interminable dédale de couloirs sombres et humides débouche enfin. Vous vous retrouvez maintenant dans une salle. La proportion des lieux vous échappent, vous ne sentez rien d'humain ici. A peine distinguez-vous les formes des colonnes dans cette atmosphère obscure. Le sol de pierre semble recouvert d'une sorte d'effroyable limon séculaire, entretenu par la moiteur maladive de l'endroit.

Un chant sourd s'élève des profondeurs de la salle. Vous frissonnez de terreur à l'écoute de cette plainte torturée, indescriptible. Vous savez que toutes les horreurs que vous avez traversées ne sont rien comparées à cette immense invocation venant des tréfonds même de la terre. L'unique but de votre marche tortueuse était ce lieu indicible. Vous commencez vous aussi à scander ce chant torturé, maladif, comme tous les autres autour de vous. Vous avez perdu la raison. Porté par la force d'évocation inhumaine de la cérémonie, vous hurlez le chant glacial des êtres qui habitent ce lieu séculaire et souterrain. Vous semblez dément, vos bras et vos jambes s'agitent de plus en plus intensément. Jamais vous n'aviez connu tant de folie, tant d'horreur. Mais vous sentez que ce long périple morbide dans les entrailles du monde ne s'arrête pas là. Vous comprenez maintenant ces chants hantés. Vous savez ce que tous attendent. L'immonde cérémonial se poursuit, l'invocation continue. Vos yeux se tournent, vous êtes pris de convulsions. Le dernier soupçon de raison qui restait en vous s'éteint, vous abandonnant à la plus folle démence invocatrice...

Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü...

L'équivalent littéraire de l'album serait la deuxième partie de L'Appel de Cthulhu, de H.P Lovecraft, la description d'une descente de police dans un sanctuaire d'indigènes vénérant une idole près de la Nouvelle-Orléans. Imaginez les plus atroces histoires de sacrifices humains, de cérémonies maléfiques au fond d'une étouffante jungle d'Amérique du Sud. Imaginez les invocations les plus innommables, les rites les plus hideux. Laissez-vous submerger par la puissance invocatrice de la musique.

Après des débuts qui appelaient à l'élévation du corps et de l'esprit, Magma a désormais entièrement changé de direction. Köhntarkösz annonçait une musique lourde, oppressante. La tendance est ici confirmée. Jannick Top réintègre la formation après un courte absence, apportant sa contribution à l'édifice monolithique que Christian Vander essaye de construire. La pochette ne ment pas, pas plus que le titre. Cet album est une interminable descente au coeur de l'écrasant bâtiment que nous montre la couverture, grand lieu de culte Wüdü. A chaque minute, l'atmosphère se fait plus oppressante, plus glauque, plus souterraine. Les cuivres ne sont présent sur le premier titre que pour nous attirer vers l'intérieur de la structure.

En résumé, Magma opère ici la synthèse de ses deux plus grandes réussites. Les rythmes répétés, scandés de Mëkanïk Destruktïw Kommandöh fusionnent ici avec la force tellurique et malsaine de Köhntarkösz. Il n'est plus question d'ascension, mais de plongée souterraine, de transes maléfiques et d'invocations morbides, dont le dernier tire, De Futura, semble être le paroxysme. Absolument terrifiant, horrifique et finalement, indispensable dans l'oeuvre de Magma.

Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü... Üdü Wüdü...

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   JUAN

 
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   (2 chroniques)



- Christian Vander (percussions, voix, claviers, batterie, choeurs, pi)
- Jannik Top (basse, choeurs, synthétiseur)
- Klaus Blasquiz (chant, choeurs)
- Stella Vander (choeurs,)
- Lucille Cullaz (choeurs)
- Catherine Szpira (choeurs)
- Pierre Dutour (trompette)
- Alain Hatot (saxophone, flûtes)
- Bernard Paganotti (basse, choeurs, percussions)
- Patrick Gauthier (piano, synthétiseur)
- Michel Graillier (piano)
- Benoît Widemann (synthétiseur)


1. Üdü Wüdü
2. Weidorje
3. Troller Tanz
4. Soleil D'ork
5. Zombies
6. De Futura



             



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