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KILLING JOKE - Hosannas From The Basements Of Hell (2006)
Par STREETCLEANER le 26 Février 2010          Consultée 3810 fois

Les sorties d'albums studio de KILLING JOKE étaient plus espacées ces dernières années. Democracy était sorti en 1996, Killing Joke [2003] en ... 2003 et le petit dernier -au jour de cette chronique- le fameux Hosannas From The Basements Of Hell, a vu le jour en 2006. Et à la limite c'est tant mieux quand on voit la qualité de la discographie de KILLING JOKE qui frise l'excellence depuis 1979 (mis à part un passage New-Wave un peu moins brillant, mais je chipote un peu). Mieux vaut une attente un peu plus longue qu'une production de masse destinée en premier lieu à remplir le ventre. Évidemment, la créativité musicale est un peu comme une jauge d'action dans un jeu vidéo. Elle se vide régulièrement quand on puise dedans. Et elle ne se remplit de nouveau que très lentement lorsqu'on reprend son souffle par exemple, ou qu'on fait le point, le temps éventuellement d'absorber et de digérer de nouvelles expériences, influences ou idées. Il faut dire que Jaz Coleman, le frontman et chanteur du combo, a de nombreuses autres occupations sur le côté et ce n'est sans doute pas anodin. KILLING JOKE est donc clairement un groupe qui fait mentir l'idée souvent partagée que la qualité se perd avec le temps, qu'il n'y a plus de nos jours aucun disque réellement intéressant ou surprenant etc... que tout était mieux avant en somme. KILLING JOKE fait mentir l'opinion ambiante qui voudrait qu'un groupe vieillissant ait laissé derrière lui le meilleur de lui-même depuis bien longtemps.

Bien évidemment avec ce que je viens d'écrire il n'y a désormais plus de place à la surprise dans cette chronique ! Hosannas From The Basements Of Hell est clairement un des meilleurs albums de KILLING JOKE. Peut-être même le meilleur (je sais ça ne veut rien dire, les goûts et les couleurs etc ...). Et si je devais n'en retenir au final qu'un seul pour partir un certain temps, isolé du monde, ce serait probablement celui-ci. Il n'était clairement pas évident de succéder à l'album éponyme de 2003, unanimement considéré comme excellent. Et pourtant, le challenge a été remporté haut la main. Hosannas From The Basements of Hell c'est encore des thèmes donnant dans le mysticisme et les choses religieuses. Déjà rien que le titre nous plonge clairement dans les méandres torturés des cerveaux de Jaz et de ses acolytes. Voilà ce qu'on nous promet : des exclamations religieuses qui montent depuis les tréfonds de l'Enfer ! L'Enfer est donc au programme. On s'éloigne un peu du brûlot anti-Bush de 2003 même si KILLING JOKE se veut au fond toujours contestataire de ce monde.

Les tréfonds de l'Enfer donc ... la musique doit donner cette impression d'y avoir été concoctée. Et c'est réussi. On remise au placard la production trop "claire" de l'album de 2003 pour revenir sur une sonorité plus proche de celle des débuts. L'enveloppe est sale, plus sourde, plus étouffante aussi (c'en est frappant). Comme si le tout avait été enregistré avec moins de moyens, comme si la qualité avait baissé. Pourtant tout ceci est bien volontaire. La batterie alors bien monstrueuse en 2003 se voit repoussée en arrière plan comme si ses martèlements, qui oscillent entre le Tribal et l'Indus, devaient avoir pour origine le fond d'une caverne infernale. Le chant de Jaz est toujours rugueux, raw à souhait (quels growls ou hurlements sur "Hosannas From The Basements Of Hell"). Et la guitare de Geordie, sacrément mise en avant, gagne en lourdeur et en saleté avec des riffs toujours aussi tranchants. Sa guitare sent le métal acéré (tranchant) et rouillé (sale), c'en est purement impressionnant sur un titre comme "Walking With Gods". Il n'a pu la faire forger qu'en faisant appel à un maître d'une obscure confrérie métallique du sous-sol.

L'ensemble procure une drôle de sensation. Cette musique ne peut venir que de la nuit, de l'obscurité dans ce qu'elle peut avoir de plus mystérieux (ces nappes de clavier sur le titre "Hosannas From The Basements Of Hell" ou "Judas Goat") : il s'agit d'une ambiance nocturne, pesante et qui transpire le mysticisme, voire la danse par moments comme sur "Implosion" ou "Walking With Gods". Cette impression de mysticisme ne peut que se confirmer sur l'entêtant "Invocation", qui nous transporte dans une citée orientale, une Babylone perdue au milieu du désert, enveloppée par les ténèbres et où seules les lueurs de quelques torches rougeoyantes laissent deviner les contours des palais, au bas desquels dansent dans les ruelles des ombres fantomatiques. C'est magique ! Oui on se trouve là clairement dans une cité magique, qui possède sans doute des accès secrets à ces tréfonds de l'Enfer ...

Cet album n'est rien d'autre qu'une plongée, on peut le dire. Une plongée dans le mystère (à noter aussi une intrigante pochette dessinée par un Russe, Victor Safonkin) et dans l'obscur : les claviers de "Judas Goat" extirpent des tréfonds du sous-sol des pouvoirs mystérieux, obscurs et millénaires. Le jeu de basse de Raven sur "Hosannas ..." nous met en trance. Les riffs tranchants de la guitare de Geordie nous hypnotisent sur "Judas Goat" et "Walking With Gods", ou nous possèdent littéralement sur "The Lightbringer" (le porteur de lumière), un long morceau entêtant destiné à rester gravé dans notre cerveau. C'est pervers, des martèlements électroniques semblent monter des corridors infernaux, ça s'insinue partout et Jaz se fait théâtral alors qu'il pose les questions et y répond sournoisement par la même occasion par des "lies !" (mensonges !) en opposant au passage l'obscurantisme religieux et la science. Jaz nous dit que l'esprit de la rébellion est en lui (et en nous). Serait-il éclairé par les lumières de l'ange rebelle ? Il semble que ce soit le cas alors qu'il appelle de ses vœux la venue du libérateur ...

L'album s'achève sur un titre lourd et lent "Gratitude" (dédié aux fans du groupe), assez surprenant de la part de KILLING JOKE qui ne nous avait pas habitué à ce genre d'exercice, entre le Sludge, le Doom, le Post-Rock. Un superbe morceau là aussi pour clore cet album. Décidément cet album n'est pas évident à cataloguer entre ses touches industrielles, tribales et métalliques. Sans doute la faute essentiellement à ce chant, et une guitare excessivement lourde et puissamment mixée en avant qui fait de ce Hosannas un disque qu'on pourrait qualifier de Metal. En tout cas il s'agit évidemment d'une musique très Heavy, très lourde et puissante. Et bien rythmée aussi : ce provocateur de Jaz ne dit-il pas que KILLING JOKE est d'abord un groupe de "dance music" ?

S'il fallait trouver quelques défauts à Hosannas je n'aurais que peu de choses à dire. Peut-être que cette habitude prise par KILLING JOKE de rallonger les titres ("The Lightbringer" est un peu long) peut parfois lasser. Et puis peut-être aussi que le premier titre "This Tribal Antidote" ne possède pas la force d'évocation des autres morceaux de l'album. J'avoue que je le trouve un peu décevant. Bon, je chipote un peu. Il n'en reste pas moins que l'ensemble de l'album demeure bien jouissif. Et surtout il s'insinue dans votre tête grâce à ses ambiances et rythmiques puissantes et bien trouvées. KILLING JOKE réussit le tour de force après plus de 25 ans de carrière de sortir sans doute là l'un de ses meilleurs albums, si ce n'est le meilleur. Rien de moins ...

"Civilizer Initiator Liberator o enlightener - come !"
(The Lightbringer)

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- Jaz Coleman (chant et claviers)
- Geordie Walker (guitare)
- Paul Raven (basse)
- Benny Calvert (batterie)


1. This Tribal Antidote
2. Hosannas From The Basements Of Hell
3. Invocation
4. Implosion
5. Majestic
6. Walking With Gods
7. The Lightbringer
8. Judas Goat
9. Gratitude



             



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