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- Style : Pink Floyd, Coast, Children In Paradise, Steeleye Span, Iona, Karnataka, Mermaid Kiss, The Reasoning , Panic Room

MOSTLY AUTUMN - Go Well Diamond Heart (2010)
Par MARCO STIVELL le 5 Décembre 2010          Consultée 2045 fois

Ce qu'il y a de bien dans le monde de la musique, c'est que l'on arrive à être surpris là où on pensait l'être le moins. Certains groupes et artistes, au-delà de leur réputation, se sont forgés un corps, une âme, en gros une personnalité qui fait que, par le biais d'un renouvellement ou non, ils arrivent encore à produire de la matière à effet. L'effet, c'est on aime ou pas, on déteste ou on adore. Mais avant il y a la matière elle-même, sa préparation, sa confection, enfin le résultat.

MOSTLY AUTUMN, c'est depuis maintenant près de treize ans, un groupe avec une personnalité très affirmée, touchante, autant que peut l'être R.E.M. dans un domaine pop-rock plus accessible. A part au début des années 2000, il n'y a jamais eu deux disques du groupe avec exactement la même formation, elle a toujours été en changement, que cela concerne des membres fondateurs, fondamentaux ou un peu plus "secondaires". Je veux dire par là que tous ont eu leur importance bien sûr, mais certains ont été plus présents que d'autres, de par leur participation à l'écriture des chansons, ainsi que le nombre d'albums sur lesquels ils ont chanté ou joué. Jusqu'à Storms Over Still Water, seuls les membres "secondaires" ont défilé un à un, puis le groupe a connu sa première défection avec le départ du claviériste Iain Jennings, puis ça a été celui du guitariste Liam Davison et de la flûtiste/multi-instrumentiste Angela Gordon après la tournée Heart Full of Sky en 2007. Glass Shadows a vu l'arrivée de nouveaux membres officiels (mais qui avaient participé en guests aux albums précédents) : Olivia Sparnenn et la multi-instrumentiste Anne-Marie Helder - accompagnée ici de Gavin John Griffiths, qu'elle a connu au sein de Karnataka, et qu'elle côtoie toujours dans Panic Room et Parade. Aujourd'hui, Jennings et Davison sont revenus, mais c'est le second membre du duo fondateur du groupe qui a tiré sa révérence : la chanteuse Heather Findlay a bouclé ses valises à la fin de la tournée 2009. Le seul véritable dernier membre fondateur à n'avoir jamais quitté son poste est Bryan Josh, et toutes ces allées et venues, ni même un début de carrière solo (l'album Josh & co) ne l'ont guère empêché de s'investir de nouveau à fond dans la vie du groupe.

Cet historique a son importance, d'abord parce que MOSTLY AUTUMN fête avec ce neuvième disque son treizième anniversaire, un chiffre emblématique, mais aussi parce qu'il est associé de près avec le style musical du groupe qui, tout comme Josh, n'a pas bougé de beaucoup. La musique n'est plus exactement la même qu'au temps de For all we Shared... c'est vrai, mais elle n'en est pas pour autant formellement différente, loin de là. En fait, Go Well Diamond Heart conserve l'idée de la phrase prononcée en interview par Josh il y a déjà pas mal de temps, qui est "Nos racines sont le Floyd et le celte, avec un emballage un peu plus gras". Je vous ai déjà fait part de cette phrase à plusieurs reprises, mais c'est pareil, il convient de la répéter car c'est dans la période qui s'est écoulée depuis Storms Over Still Water jusqu'à aujourd'hui que la musique du groupe a le moins bougé. Le groupe annonçait, avant la sortie de Go Well Diamond Heart, une direction plus rock, mais pourtant à l'écoute du disque, on fait le même constat que pour Storms Over Still Water et Heart Full of Sky (Glass Shadows renouait, il est vrai, avec un son plus folk-acoustique par moments). Le côté "gras" est très marqué, contrairement au "celte" qui l'est de moins en moins. Comme sur tous les albums depuis onze ans, Troy Donockley, l'ancien sonneur de Iona, a été convié pour un couple de titres, mais c'est loin de suffire. On s'y fait ou non, MOSTLY AUTUMN depuis cinq ans, c'est du rock progressif planant sur les bords, mais avec aussi du gros son qui tâche (sans virer heavy-metôl non plus).

Pour ma part, Go Well Diamond Heart reste une belle surprise. J'avoue que mis à part Glass Shadows qui était encore une fois un peu différent, j'ai tendance à préférer ce que faisait le groupe avant 2005. La sortie d'un nouvel album venant d'eux est toujours un événement qui réjouit, surtout quand on appprend qu'une version double en édition limitée est proposée en précommande, ce qui signifie qu'il faut absolument la préférer à une potentielle édition "tronquée" de morceaux. Pour Heart Full of Sky, le disque d'inédits s'était révélé à de nombreux moments plus intéressant que le CD 1 normal (l'édition simple n'avait gardé et intégré à sa tracklist qu'un seul inédit). Dans le cas présent, je dirais que Go Well Diamond Heart fait preuve d'équilibre puisque les deux disques offrent des moments de bravoure et d'autres un peu plus fragiles. Pas beaucoup, un peu.

Pour en revenir au style, nous restons dans la tradition MOSTLY AUTUMN selon son évolution, avec donc pas mal de corps gras notamment dans le son des guitares, mais aussi toujours celle de Josh en particulier qui se fait tour à tour caressante et plaintive, sans parler de sa voix qui joue sur les mêmes critères. En dehors de cela, on note un point positif au niveau des voix féminines, les choeurs floydiens bien sûr ainsi que la voix magique de Olivia Sparnenn, moins "expressive" que celle de Heather Findlay mais offrant plus de possibilités dans les aiguës (elle l'avait déjà bien prouvé en live). Autant dire que cette dernière est remplacée au pied levé. Les claviers de Jennings sont, en dehors de quelques petites échappées, assez timides, bien que l'on reconnaisse toujours les fameuses nappes de cordes synthétiques en fond et qui sont toujours les bienvenues. Et par contre, là ça mérite une mauvaise note, Anne-Marie Helder n'est décidément vraiment pas assez mise en avant. Ca fait quatre albums qu'elle participe en tant que choriste, pour ça aucun problème, mais c'est le deuxième où elle officie comme membre officiel, où elle est créditée aux instruments, et où on se dit qu'on ne l'entend pas, ni ne savons pas exactement ce qu'elle fait. Elle est créditée aux claviers, mais il y a aussi Iain Jennings qui fait les principaux. Elle est créditée aux guitares acoustiques, mais Bryan Josh et Liam Davison aussi, d'autant plus que ces guitares-là ne sont pas celles qui ressortent le plus sur ce disque, oh non. Quant à la flûte... Sur Glass Shadows, on l'entendait seulement sur un ou deux titres, ici c'est encore moins. A part "67-79"... Niet. C'est franchement dommage quand on connaît le potentiel de la jeune musicienne... Mais ça ira mieux en live, c'est ce qu'il faut se dire.

Voilà donc, en deux trois paragraphes j'ai résumé le contenu de ce Go Well Diamond Heart. Comment ? Sans même décortiquer les titres ? Oui. Partez du principe que le premier morceau, "For all we Shared", clin d'oeil hommage au premier album et volonté évidente de marquer un nouveau départ, est représentatif de la musique qui forme l'ensemble. L'ouverture majestueuse genre symphonie celtisante plutôt "space" avec voix féminine et cornemuse introduit un univers bien rock mais toujours empreint de la personnalité du groupe qui a fait la force de chacun de ses albums jusqu'à aujourd'hui. Au gré des titres, on vogue entre ces guitares acérées (mais jamais violentes) et ces mélodies envoûtantes, avec un assaisonnement de claviers et de voix en choeur au goût mille fois agréable, comme à l'accoutumée. Bryan Josh s'est chargé de l'écriture de la quasi-totalité des titres, avec Olivia en renfort pour deux ou trois. C'est donc plus que jamais son projet à lui, il n'est pas le gardien du temple depuis les débuts pour rien. Et bien qu'il réemploie les recettes du passé (enchaînements d'accords et mélodies que l'on entend depuis les premiers titres de l'album For all we Shared...), on ne peut que s'incliner face à cette capacité d'arriver à faire toujours mouche, au bout d'une telle production sur un nombre d'années à peine sensiblement plus grand. Certains titres sont bien sûr plus marquants que d'autres ("Violet Skies", "Back to Life", "And When the War is Over..." qui a une fin à la "The Gap is Too Wide", "Hats off", "Days of our Love", ou encore "Ice", seul titre à être marqué de la patte Jennings), et l'on peut observer ça et là le travail du groupe sur des séquences instrumentales inédites, un peu à la manière des longs morceaux de Glass Shadows. C'est particulièrement flagrant sur le morceau-titre, sans pour autant être plus réussi qu'ailleurs dans le disque.

Il n'y a pas de moment à réellement déplorer, au contraire, si le premier contact auditif n'est pas franchement concluant, le disque se bonifie avec le temps et les écoutes. Le côté hard semble même mieux maîtrisé que sur les albums précédents, c'est dire... Voilà ce qu'on appelle du "réchauffé", mais certains aliments arrivent à garder toute leur saveur y compris s'ils sont réchauffés, non ?

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
   GEGERS

 
   (2 chroniques)



- Bryan Josh (chant, guitares, claviers)
- Olivia Sparnenn (chant, tambourin)
- Iain Jennings (claviers, piano, orgue hammond)
- Liam Davison (guitares, chant)
- Anne-marie Helder (chant, claviers, flûte, guitares acoustiques)
- Andy Smith (basse)
- Gavin John Griffiths (batterie)
- Troy Donockley (cornemuse et flûtes irlandaises)
- Marc Atkinson (choeurs)


1. For All We Shared
2. Violet Skies
3. Deep In Borrowdale
4. Something Better
5. Go Well Diamond Heart
6. Back To Life
7. Hold The Sun
8. And When The War Is Over...

1. Sound Of The World
2. High
3. 67-79
4. Anything At All
5. Ice
6. Hats Off
7. Forever Young
8. Days Of Our Love



             



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