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SONIC YOUTH - Sonic Youth (1982)
Par JOVIAL le 31 Décembre 2010          Consultée 2060 fois

Le 8 mai 1981, un bien étrange groupe donnait son premier concert au fameux Club 57 de New-York. Personne ne savait encore comment il s’appelait, les affiches placardées dans les rues de Manhattan annonçant deux noms différents pour la même formation : Fucking Youth et Sonic Youth. Finalement, ce sera la seconde appelation qui sera retenue par la suite, celle que nous connaissont tous. Je vous fais grâce des éternels changements de line-up, ainsi que de la biographie post-discographique de tous les membres du groupe, ainsi que du nombre effarant de concerts aussi incendiaires qu’applaudis que SONIC YOUTH donna avant de rentrer en studio.

La première galette, éponyme, est rapidement enregistrée, et sort mars 1982, quasiment un an après les premiers pas du groupe. Mais celle-ci est malheureusement des plus décevantes et des plus prévisibles, contrairement aux prestations live du groupe new-yorkais. Ces prédispositions à l’expérimentation se font déjà sentir, mais cela reste tout de même assez limité. Le groupe joue pour l’instant un rock semi-expérimental, parfois tourné vers l’ambient et mâtiné d’influences no-wave et post-punk, bien loin des délires noisy que l’on retrouvera dès l’album suivant.

Le gros défaut de cet album, c’est qu’il reste bien trop répétitif. SONIC YOUTH manque encore de fulgurance, et étale beaucoup trop ses morceaux. À titre d’exemple, « I Dreamed I Dream » et « She’s not Alone », malgré des introductions ma foi intéressantes et jouissives, basculent dans une musique molle et peu accrocheuse, alors que l’idée et la composition en elle-même paraissaient au départ plutôt attractives. La faute à une rythmique basse-batterie simpliste, trop carrée, trop coincée, et au final trop lancinante. Les morceaux sont loin d’être conventionnels, mais SONIC YOUTH manque cruellement d’audace. Les musiciens n’arrivent pas encore à se lâcher totalement, à exprimer sans complexe leur musique. Au contraire, ils restent dans des schémas minimalistes et peu engageants, dont rien ne ressort franchement, le groupe n’ayant pas encore l'expérience et la maturité suffisante d'un The Fall ou d'un Wire.

Le seul musicien à se distinguer ici serait Thurston Moore et sa guitare, qui sauve à mon avis tout le disque, en esquissant à lui tout seul les prémices du noise rock que le groupe explorera par la suite. Je ne retiendrai que deux morceaux ici, les plus en rapport avec la suite des événements : « I Don’t Want to Push It » et surtout l’excellent « The Good and the Bad », pour le coup passionant jusqu’au bout. M’enfin bref, pas de quoi s’enthousiasmer pour autant, le reste de l’album est franchement moyen. Le chant, quasiment absent de l'album, aurait peut-être pu apporter un peu plus de pêche aux compositions, comme cela sera le cas plus tard.

On mettra cette mauvaise note sur le compte de la jeunesse de SONIC YOUTH (sans jeu de mots), qui devra décomplexer sa musique pour révéler au grand jour le génie de son art. Je ne leur jetterai cependant pas la pierre, car il ne s'agit pour l'instant que d'un premier album, qui sera d'ailleurs totalement pardonné par les opus suivants : Confusion is Sex et Bad Moon Rising. Un petit 2/5.

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   (2 chroniques)



- Kim Gordon (basse/chant/guitare)
- Thurston Moore (guitare/chant/basse)
- Lee Ranaldo (guitare/chant)
- Richard Edson (batterie)


1. The Burning Spear
2. I Dreamed I Dream
3. She Is Not Alone
4. I Don't Want To Push It
5. The Good And The Bad



             



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