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POST-PUNK  |  STUDIO

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SIOUXSIE AND THE BANSHEES - The Scream (1978)
Par ARP2600 le 19 Mai 2014          Consultée 1708 fois

Certains groupes sont simplement plus importants que d'autres. Ils ont un charisme, une originalité, un culot qui les rendent incontournables. On ne parle plus guère de SIOUXSIE AND THE BANSHEES de nos jours, préférant toujours aller rechercher les sempiternels JOY DIVISION ou THE CLASH comme grands représentant du mouvement punk/post punk. C'est bien dommage car c'est bel et bien la bande à Siouxsie qui a eu le plus d'influence sur le développement du post punk, du gothique puis du rock alternatif. Il est temps de rafraîchir un peu la mémoire de notre lectorat à leur sujet.

SIOUXSIE AND THE BANSHEES, c'est avant tout Susan Janet Ballion, dite Siouxsie Sioux (à prononcer comme Susie bien entendu). Une référence aux sioux, cela annonce bien sûr un chant puissant, inspiré par les hululements des indiens. Cette anglaise brune ténébreuse, pas vraiment belle mais très forte, a réussi à se rendre fascinante. Souvent habillée de noir, elle a ouvert la voie au look gothique, sa marque personnelle étant ces fameux maquillages égyptiens aux yeux. Son comparse tout au long de l'histoire du groupe est le bassiste androgyne Steven Bailey, dit Steven Severin, un surnom qu'il a tiré de la «Venus in Furs» du VELVET UNDERGROUND. Il est responsable de la majorité de l'écriture musicale du groupe. Ils se sont rencontrés à un concert de ROXY MUSIC puis ont été parmi les premiers suiveurs des SEX PISTOLS. Oui, ce sont bel et bien des punks de la première heure, dans le milieu londonien, dès le début de 1976.

Après une première performance improvisée, «The Lord's prayer», qu'ils ont d'ailleurs tenté de reproduire sur leur deuxième album, il a fallu attendre 77 pour qu'une première formation stable voie le jour, avec le batteur Kenny Morris puis le guitariste John McKay. Leur musique était punk, avait beaucoup de succès dans ce mouvement, le je-m'en-foutisme du genre retardant quelque peu la sortie d'albums ou même de singles. Punk mais déjà si puissante.. quand on entend certains de leurs premiers morceaux, la recette était encore un peu simple et monolithique mais cela déménageait déjà. Quand est venue l'année 78, ils commençaient petit à petit à voguer vers d'autres horizons artistiques. Leur premier single a été «Hong Kong Garden», qui reste un de leurs titres les plus connus, et qui montre déjà des choses différentes avec ces clochettes à la chinoise. Le second, «The Staircase», est également fort intéressant mais ces chansons n'ont pas été intégrées à l'album à venir.

Ils ont plutôt retenu des titres moins accrocheurs peut-être, mais pour créer une œuvre plus égale et cohérente. Quand on entend la courte ouverture «Pure», on se demande ce que c'est que cela... certainement pas du punk, ça non. C'est lourd, c'est sinistre, et les cris dissonants de Siouxsie donnent à cette chose une ambiance vraiment irréelle. Non, ce n'est déjà plus du punk, et si certains titres de l'album reviennent en arrière, l'impression générale de l'album est toute autre.

S'il fallait décrire leur musique, il faudrait d'abord regarder leurs influences... Severin s'est inspiré du VELVET UNDERGROUND et de CAN, il y a toujours quelque chose de psychédélique chez eux, l'avenir a prouvé qu'ils aimaient certainement autant les BEATLES que les DOORS et IGGY POP, mais ils sont clairement allés au delà. Leur violence, évitant encore le bruitisme, était tout de même inédite à l'époque. Cette idée de faire dériver le punk vers quelque chose de plus abrasif, avec des ambiances sombres, des constructions sonores haletantes, vient d'eux. Si on peut attribuer la paternité du post-punk à certains de leurs prédécesseurs comme ULTRAVOX ou MAGAZINE, ce n'est que de peu et SIOUXSIE AND THE BANSHEES sont manifestement les artisans principaux de ce style. De nombreux musiciens des années 80 et 90 se réclament de leur héritage.

Sur The Scream, ce n'est rien de moins que le rock alternatif qu'on voit poindre à l'horizon. On peut aisément imaginer qu'il y avait de quoi être secoué par un «Jigsaw Feeling» en 78... encore aujourd'hui, cette chanson où le chant et la guitare se démènent comme des possédés garde une force d'impact étonnante. La reprise de «Helter Skelter» des BEATLES est également assez foudroyante, peu fidèle à l'originale il faut le dire mais diablement culottée. «Mirage» et «Metal Postcard» sont d'autres exemples de la brillance et du charisme qu'ils possédaient déjà à l'époque. Notons aussi le développement de leur imagerie morbide, avec des titres comme «Carcass» ou «Nicotine Stain». Enfin, sur «Suburban Relapse», le rythme et le saxophone font curieusement penser à ce que feront les PIXIES quelques années plus tard.

The Scream n'est pas parfait, l'énergie de Siouxsie est quelque chose qu'il faut avoir entendu mais son chant est ici encore un peu décousu (et un peu faux). La batterie n'est pas mauvaise mais il faudra attendre l'arrivée de Budgie et ses tambours furieux pour qu'ils franchissent un cap à ce niveau. Par contre, ce premier guitariste McKay était assez dingue, il faut le dire. Il y a aussi une ou l'autre chansons plus faibles, une ou l'autre petites longueurs (surtout sur le final «Switch»). Ce sont des détails, cet album fait quand même partie de leurs meilleurs, et il tient une place capitale dans l'histoire du rock sans en avoir l'air. Répétons-le, c'est ici que le post punk proprement dit fait son apparition, l'alternatif étant juste derrière, pas loin du tout. Il est à recommander à tous les amateurs de rock bruyant, il faut déjà avoir les oreilles bien accrochées, ceci n'est certainement pas moins impressionnant que les montagnes de gonflette que le metal nous propose...

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- Siouxsie Sioux (chant)
- John McKay (guitare, saxophone)
- Kenny Morris (batterie)
- Steven Severin (basse)


1. Pure
2. Jigsaw Feeling
3. Overground
4. Carcass
5. Helter Skelter
6. Mirage
7. Metal Postcard Et
8. Nicotine Stain
9. Suburban Relapse
10. Switch



             



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