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- Style : Harmonia
- Membre : Neu!, Organisation, Karl Bartos , Klaus Dinger
 

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KRAFTWERK - Radio-aktivität (1975)
Par SASKATCHEWAN le 18 Janvier 2012          Consultée 2601 fois

Après l’énorme succès d’Autobahn, il était normal que la centrale électrique se rêvât un instant centrale nucléaire. A peine rentrés de leur tournée américaine, Florian SCHNEIDER et Ralf HÜTTER réinvestissent l’usine Kling-Klang et mettent à profit leur joli magot pour améliorer leur matériel. Le modeste local du centre-ville de Düsseldorf se transforme alors en laboratoire à la pointe de la technologie. Le résultat logique de cette frénésie de nouveauté est Radio-Aktivität, l’album le plus expérimental de KRAFTWERK.

Malgré les passages ardus qui figurent sur son nouvel album, le quatuor de Düsseldorf rêve d’un succès mondial dans la lignée de celui d’Autobahn. Deux versions de l’album sortent chez EMI : une allemande et une internationale, avec pochette en anglais. Contrairement à ce qui va se passer pour tous les albums suivants, le contenu des deux versions est identique. HÜTTER et SCHNEIDER chantent tour à tour en allemand et en anglais, ce qu’ils ne feront plus jusqu’en 1981.

Karl BARTOS, le percussionniste engagé à la vieille de la tournée d’Autobahn, participe à son premier album studio aux côtés de son collègue batteur Wolfgang FLÜR. Sur Radio-Aktivität, KRAFTWERK retrouve la présence rythmique de son tout premier album, mais avec une orientation beaucoup plus électronique. Chaque titre est porté par un battement répétitif à l’image de l’inquiétante accélération du compteur Geiger en ouverture. KRAFTWERK ose même le rythme dansant sur « Ätherwellen », soutenu par les plaintes lancinantes des synthés.

Parlons-en des synthés ma p’tite dame ! Ils ôtent le pain de la bouche des bons Fr… ils participent merveilleusement à l’ambiance spectrale qui entoure Radio-Aktivität ! KRAFTWERK est encore en phase de bidouillages intensifs, mais la première face présente déjà tous les ingrédients de la musique froide et rigoureuse des quatre Allemands. Les mélodies efficaces s’enchaînent, soulignées par la voix désabusée des deux chanteurs et par quelques chœurs vaporeux.

La seconde face est nettement moins aboutie. HÜTTER et SCHNEIDER font mumuse avec leurs nouveaux jouets, séquenceurs, vocodeurs, boîtes à rythmes, comme sur « Radio Sterne », « Uran » et « Transistor ». Il y a quelques effets intéressants, mais cela reste très désuet (« Ohm Sweet Ohm » et ses synthés baveux…). Alors que les meilleurs albums de KRAFTWERK passent l’épreuve du temps, Radio-Aktivität semble figé dans son époque, avec des sonorités typiques des années soixante-dix. Reste « Antenne », qui fait mouche avec ses échos sur les voix et sa rythmique autobahnesque.

Comme d’habitude chez KRAFTWERK, le « concept » est assez ambigu, puisque basé sur un jeu de mot (radioactivité/radio-activité). Si l’excellente chanson-titre renvoie a priori à l’énergie atomique, la plus grande partie des titres de l’album, ainsi que la pochette, évoquent en premier lieu la radio. Le groupe introduit ici l’une de ses grandes obsessions : la communication par le biais de la technologie, lubie qui trouvera son point d’orgue sur Computerwelt. Hélas, avec le temps, cette ambiguïté subtile a laissé place à un discours idéologique raseur. En 1975, KRAFTWERK chantait « Radioactivity, in the air for you and me », ce qui pouvait évoquer tout aussi bien les ondes radiophoniques que le nuage tout juste échappé de la centrale. En 1991, à l’occasion de The Mix, le groupe chamboule les paroles de « Radioaktivität » pour y introduire quelques slogans navrants : « Tchernobyl, Harrisburg, Sellafield, Hiroshima : stop radioactivity ».

Une première face très relevée, une seconde qui se perd dans ses expérimentations : Radio-Aktivität n’est guère plus qu’un album de transition entre le riant Autobahn et le sombre Trans Europa Express. C’est un disque qui peut se révéler difficile à apprécier au premier abord, du fait de ses sonorités datées. Radio-Aktivität fait quand même figure de témoignage unique, puisque jamais plus par la suite KRAFTWERK ne laissera ses enthousiasmes de bidouilleurs empiéter sur sa musique rigoureuse et répétitive.

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   (3 chroniques)



- Ralf Hütter (chant, arrangements électroniques)
- Florian Schneider-esleben (chant, arrangements électroniques)
- Karl Bartos (percussions électroniques)
- Wolfgang Flür (percussions électroniques)


1. Geigerzähler
2. Radioaktivität
3. Radioland
4. Ätherwellen
5. Sendepause
6. Nachrichten
7. Die Stimme Der Energie
8. Antenne
9. Radio Sterne
10. Uran
11. Transistor
12. Ohm Sweet Ohm



             



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