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Lana DEL REY - Born To Die (2012)
Par MOONDREAMER le 23 Février 2012          Consultée 2829 fois

Lana DEL REY a connu en à peine quelques mois les hauts et les bas du passage de l'ouragan médiatique qui l'a tour à tour élevé en nouvelle reine de la sphère indie puis mise à terre comme paria suite à un passage très critiqué au Saturday Night Live. La chanteuse a d’abord été adulée pour ses morceaux qu’elle laissait filtrer au compte-goutte et dont les vidéos-montages ont reçu un accueil très favorable du public et même des critiques qui ont comparé à de nombreuses reprises l’univers de la chanteuse aux films de David Lynch.

Mais des rumeurs parlant de chirurgie esthétique à propos de ses lèvres trop pulpeuses, ainsi que d’autres évoquant le plagiat de « Video Games » sur le morceau d’une artiste grecque (Eleni VITALI, « Oi Dromoi Pou Agapisa ») puis sa prestation live sur le plateau du Saturday Night Live ont déclenché une volée de critiques envers la frêle chanteuse alors même qu’elle n’avait publié que quelques morceaux. Tout cela a contribué à créer un buzz énorme autour de la sortie de son premier album (sous ce pseudonyme) qui est incontestablement devenu l’album le plus attendu de ce début d’année.

Alors que vaut vraiment Born To Die ? Il faut être franc : il s’agit d’un bon album. La chanson-titre qui ouvre celui-ci donne parfaitement le ton : violons, rythmique forte, production impeccable, mélodie lente et hypnotique, paroles sombres et matures, ainsi surtout que la voix grave et enchanteresse de Lana. Voilà en quelques mots résumés les ingrédients de la majeure partie de ce qui nous attend dans l’ensemble de cet album… Peut être est-ce là un des reproches qu’on pourrait faire à celui-ci : on a l’impression d’écouter un long mélodrame pendant une heure.

Cependant, ça et là Lana DEL REY s’essaye avec plus ou moins de succès à des morceaux s’approchant du rap/hip-hop qui brisent un peu la monotonie pouvant naître après un trop grand nombre de ballades. Attention, ne vous attendez pas à un phrasé agressif à la EMINEM ou à un rythme up-tempo, la chanteuse conserve son style envoutant et les cordes frottées sont toujours aussi présentes sur ces morceaux. « National Anthem » en est un très bon exemple : la chanteuse ici ne chante que lors de brefs passages du refrain où elle est remplacée par un chœur et s’aventure lors des couplets à un rap qui, si l’on passe outre certaines paroles, sont plutôt efficaces. Moins réussi, le rap sur « Off To The Races » est lourd et le refrain où Lana joue trop sur les aigus ne parvient pas à rattraper le morceau.

Bien sûr, comment ne pas parler des deux magnifiques ballades que constituent « Blue Jeans » et « Video Games », à l’origine du succès de la chanteuse. Sur le premier, un cri samplé marque le rythme du morceau et autant les couplets captivants chantés sur un ton grave que le refrain à la mélodie imparable font de « Blue Jeans » une excellente chanson sublimée par les violons et la production irréprochable. De son côté « Video Games » mérite le buzz qu’il a provoqué : la voix de sirène de Lana, mâtinée par une délicate harpe, et l’instrumentation simple mais sophistiquée du morceau (notez l’apparition subtile des roulements de tambour, puis de cloches) permettent vraiment de parler de réussite incontestable.

Toutefois, le reste de l’album n’atteint que rarement ces sommets et certains morceaux tentent, sans succès, de s’en approcher, on peut citer « Carmen » où le refrain semble à deux doigts de s’écrouler sous la production étouffante et que même un passage en français ne parvient pas à sortir de sa langueur. Mais d’autres morceaux suivant la recette de ses succès précédents sont étonnamment bons : « Dark Paradise », très inspiré par « Born To Die », parvient à convaincre grâce à son refrain mid-tempo, « Summertime Sadness » et son refrain simple mais efficace ou encore « Without You » et sa mélodie aérienne constituent de très bons morceaux.

Sur un ton différent, le très radio-friendly « Diet Mountain Dew » est également réussi de par sa légèreté qui contraste avec le reste de Born To Die et sa mélodie catchy entre facilement dans la tête. Et puis, ma chanson préférée de l'album, « Lucky Ones », dernier morceau de la version deluxe de l'album, est également une chanson légère mais qui gravite à la perfection entre la profondeur des arrangements et la voix céleste de la chanteuse, portée par un refrain qui clôt l'album avec finesse et puissance.

Lana DEL REY nous livre donc ici un album inégal au niveau de la qualité des morceaux mais remarquablement homogène et cohérent dans les thèmes et l’atmosphère se dégageant de toutes les chansons. Déchirée entre la volonté de plaire au plus grand nombre et de garder les faveurs de la sphère indie, Lana ratisse large avec cet album qui plaira à tous sans toutefois convaincre totalement personne, la faute à une production irréprochable mais pesante et parfois étouffante. Lana ne serait-elle qu’un produit marketing qui cache sa fadeur derrière des moues boudeuses et des apparitions dans les médias choisies soigneusement, une sensation destinée à disparaître aussi rapidement qu’elle est apparue ? C’est possible, mais le plaisir que suscite l’écoute de Born To Die reste encourageant pour l’avenir et il y a là du potentiel à exploiter.

Note réelle: 3.5/5

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   MOONDREAMER

 
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- Elizabeth Woolridge Grant/lana Del Rey (chant)
- + Musiciens Additionnels


1. Born To Die
2. Off To The Races
3. Blue Jeans
4. Video Games
5. Diet Mountain Dew
6. National Anthem
7. Dark Paradise
8. Radio
9. Carmen
10. Million Dollar Men
11. Summertime Sadness
12. This Is What Makes Us Girls
13. Without You
14. Lolita
15. Lucky Ones



             



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