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Lana DEL REY - Lust For Life (2017)
Par MARCO STIVELL le 2 Août 2017          Consultée 932 fois

Lana DEL REY, ou l'art d'exploiter un succès à répétition et plus vite que la musique, toujours lente d'ailleurs. Cela fait trois albums en trois ans, avec la sensation que la sortie de Honeymoon date d'hier. Le souvenir du plombant "High By the Beach" et de l'ambiance noire de cette lune de miel est encore frais dans notre tête quand, sur fond blanc angélique, le doux sourire de la célèbre Miss Moue vient nous surprendre. Avouez qu'il y a de quoi réchauffer le coeur !

Qu'en est-il de cette nouvelle fournée ? DEL REY veut que Lust for Life soit un album différent des précédents, un album "pour ses fans". Une oeuvre plus engagée, ce qui signifie beaucoup de choses dans la bouche d'une jeune Américaine féministe qui constate le résultat des dernières élections présidentielles de son pays. Tout cela, elle le dit sans détour, et elle le chante : "Is it the end of America?" sur le titre "When the World Was at War We Kept Dancing". De façon moins cynique, il y a "God Bless America", jolie chanson d'ailleurs, avec une mélodie douce et un arpège de guitare acoustique très mexicain sur la fin. La symbolique ne fait aucun doute.

Ponctué d'intonations MADONNA époque Ray of Light (20 ans déjà !), ce genre de morceau aurait pu amener une collaboration avec William Orbit, ce qui aurait sorti Elizabeth Woolridge Grant (le vrai nom de Lana) de ses productions étouffantes, dont elle ne se démarque pas ici. Lust for Life est, de plus, un album copieux : 16 chansons, 1 heure 12 minutes en tout. Le sourire heureux de la pochette tente d'atténuer la sensation de torpeur et l'enlisement dépressif perpétuel dans lequel Lana DEL REY aime se réfugier, comme beaucoup d'artistes pop qui se veulent modernes, même si c'est fait avec élégance.

Quoique, pas toujours. Une durée plus longue, d'accord, mais comment justifier "Summer Bummer" ? La chanteuse retrouve non seulement les influences hip-hop de Born to Die (2012), mais pour cela, elle "rencontre" (featuring) A$AP ROCKY et Playboi CARTI, rappeurs de la côte est qui viennent mettre plein de "Ouh!" et autres effets délirants, auto-tunés et naturellement incongrus. Dire qu'ils s'y sont mis à sept pour écrire et composer... Avec des paroles "explicit" (censurées), bien sûr, pourquoi faire les choses à moitié ? On continue juste après sur "Groupie Love", seulement avec ROCKY et de manière plus discrète, mais le mal est fait. Sur Twitter, Lana DEL REY affirmait que dans le lot de chansons nombreuses enregistrées en commun, celles-ci étaient les meilleures. On veut bien le croire !

Rien à voir avec un autre tandem, celui des titres folkisants de Lust for Life. Placés l'un après l'autre, le duo avec la mythique Stevie NICKS ("Beautiful People Beautiful Problems") et celui en compagnie de Sean LENNON ("Tomorrow Never Came") font éclat d'une grâce certaine. Mention spéciale à la première, conduite par le piano, un élément de choix qu'on retrouve plus loin sur "Change". La voix acidulée de Madame NICKS, notre chère gypsy woman, s'adapte fort bien à l'univers de Lana DEL REY, ainsi qu'à celui de Vanessa CARLTON dans un registre plus léger ("The One", dix ans plus tôt). Dommage que le son soit toujours lo-fi, pour les guitares 12 cordes du morceau avec Sean LENNON qui auraient mérité mieux...

Revenons à la chanteuse et à ce qui s'accorde le mieux à son sourire radieux, quitte à le faire naître pour nous aussi. Le "Change" sus-mentionné y participe, au même titre que ces deux duos. Ce qui nous fait fondre surtout, ce sont les échappées vocales de la belle, non plus sa voix traînante et soupirante immédiatement reconnaissable depuis 2012, mais son empreinte la plus pure, la plus touchante, dans les notes aigües. "When the World Was at War..." et "Cherry", malgré certaines mentions sexuelles et un peu thrash, obligatoires disons, sont des petits bijoux. On aime que la chanteuse déploie son registre vintage, cependant "Get Free" aurait pu se dispenser de reprendre, pour ses couplets, les mêmes accords que "Creep" de RADIOHEAD. Les refrains sont meilleurs.

On préfère le travail réalisé sur "White Mustang", claviers planants, guitares sixties réverbérées et empreinte vocale saisissante. "Love" s'adresse aux nouveaux hippies dans lesquels la chanteuse se range elle-même vu le look qu'elle a adopté, avec une sensualité pleine de nuances, tout comme le clip pourtant planant. Celui de "Lust for Life" en compagnie du canadien THE WEEKND l'est autant, et la chanson se retient facilement, peut-être trop d'ailleurs. La passion est palpable, mais les refrains sont ultra-répétitifs et la production factice reste préférable ailleurs. Sur un disque de Lana DEL REY, il y a toujours à boire et à manger. Avec sa durée importante, Lust for Life ne fait pas exception à la règle. Sans donner envie d'y revenir souvent, gardons-en une bonne moitié de positif.

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Lana Del Rey (chant)
- The Weeknd (chant)
- Stevie Nicks (chant)
- Sean Ono Lennon (chant, guitares, clavier, percussions)
- Asap Rocky, Playboi Carti (rap)
- Rick Nowels (basse, mellotron, percussions, piano, claviers)
- Kieron Menzies (percussions, batterie, basse, synthétiseurs)
- Dean Reid (flûte, mellotron, basse, vocoder, cuivres, guitare)
- Zac Rae (synthétiseurs, cordes, clavecin, batterie, basse)
- Patrick Warren (harmonium, piano, orgue, basson, synthétiseur)
- Mighty Mike (bongos, batterie, percussions, claviers)
- David Levita (guitare électrique)
- Trevor Yasuda (claviers)
- Aaron Sterling (batterie, percussions)
- Tim Larcombe (guitare électrique, batterie, mellotron)
- Metro Boomin (batterie, percussions, basse synthé)
- Benny Blanco (batterie, claviers)
- Max Martin (juno basse)
- Ali Payami (programmation batterie)
- David Palmer (synthétiseur)
- Sean Hurley (basse)
- T-minus (violoncelle, synthétiseurs)
- Andrew Joseph Gradwohl Jr. (synthétiseurs)
- Berkay Birecikli (percussions)
- Emile Haynie (batterie, synthétiseurs)
- Gary Ferguson (batterie)


1. Love
2. Lust For Life (feat. The Weeknd)
3. 13 Beaches
4. Cherry
5. White Mustang
6. Summer Bummer (feat. Asap Rocky And Playboi)
7. Groupie Love (feat. Asap Rocky)
8. In My Feelings
9. Coachella – Woodstock In My Mind
10. God Bless America – And All The Beautiful Women In
11. When The World Was At War We Kept Dancing
12. Beautiful People Beautiful Problems (feat. Stevie
13. Tomorrow Never Came (feat. Sean Ono Lennon)
14. Heroin
15. Change
16. Get Free



             



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