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Lana DEL REY - Norman Fucking Rockwell (2019)
Par MARCO STIVELL le 8 Septembre 2019          Consultée 604 fois

Plus le temps passe, plus je trouve que Lana DEL REY est une artiste "difficile". Difficile à aborder, à considérer si l'on n'est pas fan... Par rapport à d'autres noms, cela témoigne d'une certaine exigence, et à son niveau de popularité, c'est plutôt admirable. Cette chanteuse a toujours semblé avoir une double personnalité de fille rêveuse, gentille dès qu'elle sourit, et une autre plus froide, pour ne pas dire hautaine, qui se transmet d'un point de vue musical.

Quant à l'adulation que beaucoup portent à cet univers-là, éloigné de tout caractère léger et dansant, à notre époque surtout, j'en suis très étonné, et ce n'est pas faute d'aimer la musique planante ! Etonnement aussi lorsque l'on voit les shows de la tournée Lust for Life (2017-18) et les moyens déployés avec notamment le concours de deux choristes-danseuses, des chorégraphies pour une musique qui n'en appelle pas forcément, encore une fois. Sans parler des tenues de Lana DEL REY sur scène : elle semble ne plus vouloir renvoyer une image simplement hippie...

À 34 ans, la chanteuse publie son septième album alors que la tournée promotionnelle a déjà commencé depuis plusieurs mois, et suit sa carrière à un train d'enfer (elle prévoit le prochain pour dans un an, travaille sur une bande originale de film...). Elle décrit elle-même Norman Fucking Rockwell, dont le titre s'est vu censurer - il y a un gros mot dedans – comme un "album de fille triste". Si son empreinte musicale vous a jamais paru joyeuse avant, au moins vous savez à quoi vous en tenir !

Ce disque à la pochette où DEL REY pose en compagnie de Duke, le petit-fils de Jack Nicholson, peut-être l'élément le plus "fou" de l'ensemble, propose presque 70 minutes de chansons mélancoliques, à la façon habituelle. Voix traînante, sensuelle au possible, doublée, réverbérée, déformée, un peu rap, un peu boudeuse, un peu éraillée car en train de se réveiller... Et parfois aussi, naturelle comme sur "Fuck It I Love You" (encore un gros mot !) et "Cinnamon Girl", féérique quand elle part dans les aiguës de tête, soit deux critères rares, mais les seuls que j'apprécie encore vraiment sur une longueur de disque, là où le reste peut paraître joli, bien fait, mais vite redondant.

Comme les chansons d'ailleurs, de façon générale. Les fans vont adorer, sans rien trouver à redire, mais si on n'est pas concerné, l'écoute se révèle éprouvante. Il n'y a pas la dynamique ni l'aspect rencontres de Lust for Life ; certains disent que c'est un avantage. Ici, le morceau-titre est une belle ballade d'ouverture, mais elle s'inscrit dans un ensemble soft-rock sans trop de variations. Le ton est plus ample sur un "Happiness is a Butterfly" où la chanteuse joue sur les changements de parties vocales.

"Venice Bitch" dépasse les neuf minutes – pour une tracklist de quatorze morceaux ! - et, sur fond de nostalgie mêlée de jam "à l'ancienne", se présente comme une réunion de tous les arrangements de l'album. Guitares distordues et bidouillées, saxophones trop discrets, nappes de Mellotron et solo de synthétiseur Moog, cordes plaintives et, à mon goût, pas arrangées d'une manière très passionnante. Une Lana DEL REY toujours aussi probante dans sa tendance cinématographique en musique, ses hommages à un rock vintage, folk et psychédélique. Il manque cependant, d'un point de vue "neutre" encore une fois, l'étincelle, au contraire de l'impression de faire face à un trop-plein de choses et d'être vite dépassé.

L'album triste se poursuit, s'enlise dans la torpeur, mais quelques moments finissent bien par interpeler : "Bartender" par exemple, pour son choix de sons différents, y compris le chant. Le changement de mélodie sur "How to Disappear", avec l'arrivée de la guitare western, fait son petit effet également. De façon objective, Norman Fucking Rockwell est réussi. Il s'agit donc d'une note et d'une critique très personnelles.

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   MARCO STIVELL

 
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- Lana Del Rey (chant)
- Jack Antonoff (claviers, piano, programmations, guitares)
- Evan Weiss, Benji Lysaght, David Levita (guitares)
- Dean Reid (basse, claviers, guitare, fx, programmations)
- Kieron Menzies (mellotron, batterie, fx, programmations)
- Rick Nowels (claviers, guitare acoustique, piano)
- Evan Smith (saxophone, flûte)
- Phillip Peterson (saxophone, violoncelle, bugle)
- Victoria Parker (violon)
- Laura Sisk (programmation additionnelle)
- Mikey Freedom Hart (claviers, mellotron, piano, programmat)
- Andrew Watt (programmations, guitares)
- Eric Wilson (basse)
- Loren Humphrey, Darren Weiss (percussions)
- Mike Riddleberger, Sean Hutchinson (percussions)
- Josh Freese, Bud Gaugh (batterie)
- Gale Levant, Woozy Biff (harpe)
- Zachary Dawes (piano)
- Tyler Parkford (orgue hammond b3)
- Zac Rae (claviers)


1. Norman Fucking Rockwell
2. Mariners Appartment Complex
3. Venice Bitch
4. Fuck It I Love You
5. Doin' Time
6. Love Song
7. Cinnamon Girl
8. How To Disappear
9. The Next Best American Record
10. The Greatest
11. Bartender
12. Happiness Is A Butterfly
13. Hope Is A Dangerous Thing For A Woman Like Me To H



             



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