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2012 Relapse
2011 99 %
2012 Double Tap
 

- Membre : King Crimson, Swans, Danzig, Soulfly
- Style + Membre : Killing Joke, Prong
 

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MINISTRY - Relapse (2012)
Par RED ONE le 14 Avril 2012          Consultée 1479 fois

Lorsqu'à l'été 2011, Al Jourgensen annonce la "reformation" de son groupe légendaire MINISTRY après seulement trois années de séparation, tout le monde rigole. Ben oui. Sérieusement, qui y a cru une seule seconde, au split de MINISTRY en 2008 ? Lorsque Jourgensen annonce le split inattendu du groupe culte qu'il dirige quasiment tout seul depuis 1981, c'est officiellement parce qu'il désire se consacrer plus en détail à ses nombreux projets annexes. Parmi eux, REVOLTING COCKS (son projet d'indus/glam), mais aussi BUCK SATAN (un délire indus/country fomenté avec Mike Scaccia), et bien d'autres projets innommables. Mais d'un point de vue commercial, MINISTRY n'était pas mort pour autant : depuis 2009, le label de Jourgensen, 13th Planet Records, continuait d'abreuver les rayons des meilleures charcuteries avec ses multiples compilations de reprises et de remixes toutes plus dispensables les unes que les autres, sauf peut être pour les fans les plus hardcore.

Mais voilà, comme l'indique si bien le titre de cet album, Jourgensen a fini par rechuter : en plein enregistrement du premier album de BUCK SATAN avec Mike Scaccia courant 2011, Jourgensen se remet à composer du metal industriel de façon "involontaire", et bien vite l'idée de produire un nouvel album inédit de MINISTRY fait logiquement son chemin. Pourtant ce nouvel album n'a pas été facile à accoucher, selon les dires du père Alan. C'est assez compréhensible : nous avions laissé MINISTRY en 2008 avec The Last Sucker, dernier album de la trilogie anti-Bush et disque ô combien excellent. La trilogie anti-Bush était une sorte de défouloir ultime pour Jourgensen, synthèse parfaite de toute sa haine du système américain. D'un certain côté, le split de MINISTRY en 2008 pouvait apparaître comme l'acceptation d'une réalité : une fois la trilogie achevée et George W. Bush parti du pouvoir aux Etats Unis d'Amérique, MINISTRY n'avait peut être plus rien à dire ni à prouver à son public.

Alors du coup, à quoi peut donc ressembler le MINISTRY des années Obama ? Le lien avec la trilogie Bush, réalisée entre 2003 et 2008, est cependant bien présent dans de nombreux passages de l'album, que celà soit par des riffs et des solos furieusement heavy metal signés Tommy Victor et Mike Scaccia (contributeurs réguliers de MINISTRY depuis de nombreuses années) que par les rythmiques, très rapides. Ca bourrine à tout va, et ce dès l'introduction : après une intro qui semble inspirée par AC/DC, "Ghouldiggers" ouvre les hostilités avec un riff méchamment bon qui donne envie de remuer la tête de bas en haut frénétiquement et un Al Jourgensen qui vocifère à qui veut l'entendre qu'il n'est pas encore mort (je cite : "I'm not dead yet ! I'm not dead yet ! I'm not dead yet !"). La suite est du même calibre, entre l'indus ultra speed de "Double Tap" et la piste über-bourrine "FreeFall", aux sonorités punk hardcore très prononcées. Le reste de l'album, à quelques exceptions près sur lesquelles je vais revenir plus loin, est assez équivalent en terme de qualité : "Git Up Get Out 'N Vote", appel autoritaire à aller voter aux élections, envoie du lourd de même que le titre éponyme, "Relapse", avec son riff entêtant. Le morceau final, "Bloodlust", transpire également d'une influence évidente de BLACK SABBATH, avec ses côtés doom mélangés à des sonorités clairement psychédéliques. Vraiment remarquable.

L'album souffre néanmoins de quelques faiblesses qui nous empêchent de lui accorder la note maximale : ainsi la présence de nombreux passages où Jourgensen chante en voix claire est assez particulière et déstabilise, tant le bonhomme n'a quand même plus sa voix new age qui faisait son charme du temps de l'album With Sympathy en 1983. Le titre "Kleptocracy", malgré un riff assez puissant, sombre pour sa part quelque peu dans un punk rock vaguement popisant, assez niais par certains moments. "Weekend Warriors", malgré des passages vraiment excellents, souffre lui aussi d'une performance un peu too much de Sir Jourgensen en voix claire.

Par ailleurs, la pochette de Relapse est, je dois le dire, d'une laideur absolue : un obèse mort sur le sol d'une église, étouffé dans son vomi, entouré de bouteilles de bière brisées et de divers cachets dont je me refuse à commenter la nature. D'un certain côté, cette pochette vraiment dégoûtante illustre parfaitement le titre donné à cet album : Relapse, c'est à dire "rechute" en anglais. Ben ça, pour le coup, on a compris hein : oui, Jourgensen a replongé et nous le fait savoir avec force humour de mauvais goût. D'accord, certaines anciennes pochettes de MINISTRY n'étaient pas des sommets de beauté (je pense en particulier à Dark Side Of The Spoon), mais là vous avouerez quand même que ... beurk ! Note au passage : malgré ce que peut laisser penser la pochette, MINISTRY n'a pas abandonné le logo "-M-" de la période anti-Bush, puisqu'on le retrouve sur les étiquettes des bouteilles de bière de la pochette. Mais il faut avoir l'oeil, c'est vrai ...

On qualifie souvent la trilogie Bush de MINISTRY de "trilogie heavy", étant donné que le groupe s'y plongeait assez allègrement dans des sonorités metal très prononcées, sans pour autant renier l'aspect industriel de sa musique. Relapse, dans un certain sens, continue clairement cette évolution et la pousse encore un peu plus loin en y adjoignant de nombreux solos de guitare ouvertement mélodiques. Mais Jourgensen ne renie pas pour autant les aspects industriels qui ont fait le succès de MINISTRY. On note également le retour d'influences punk assez ouvertement assumées. Ca dépote vraiment pas mal du début à la fin, et en définitive la "reformation" de MINISTRY (ou plutôt, la "rechute") valait bien le coup d'attendre quelques années.

Au final, Relapse est un bon album de MINISTRY, assez bien fichu et recelant des passages vraiment sympas. Non, en 2012, MINISTRY n'est pas mort et a replongé avec brio !

"I'm head for a relaaaaaaapse" !!!

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   RED ONE

 
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- Al Jourgensen (chant, guitares, claviers)
- Mike Scaccia (guitares)
- Tommy Victor (guitares)
- Sin Quirin (guitares)
- Tony Campos (basse)
- Casey Orr (basse, claviers)
- Samuel D'ambruoso (programmation, chant additionnel)
- Angelina Jourgensen (chant additionnel)
- Hector Munoz (chant additionnel)
- Marty Lopez (chant additionnel)


1. Ghouldiggers
2. Double Tap
3. Freefall
4. Kleptocracy
5. United Forces
6. 99 %
7. Relapse
8. Weekend Warrior
9. Git Up Get Out N' Vote
10. Bloodlust



             



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