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MADONNA - Erotica (1992)
Par ARP2600 le 30 Août 2012          Consultée 2427 fois

Erotica, voilà un titre peu ambigu. Il faut bien dire que, malgré certaines apparences et de timides provocations comme le titre « Like a virgin », les chansons de Madonna étaient jusque là toujours fort sages. True Blue et Like a prayer contiennent d'ailleurs beaucoup de naïveté. Avec les années, elle a logiquement mûri et, au tournant des années 90, elle a voulu donner une image nettement plus adulte. On voit déjà dans Like a prayer quelques tentatives mais il n'y a rien de bien net dans son éclectisme. Lors de la tournée qui a suivi, Madonna a adopté une ou l'autre chorégraphie plus osées, une indication plus nette des choses à venir.

Musicalement, on a pu constater un virage également. La bande originale « I'm breathless » contient essentiellement du style années 30 mais on y trouve le single dance « Vogue ». On peut déjà qualifier de dance une partie des chansons antérieures de Madonna, mais la production avec Shep Pettibone donne à ce titre un caractère à la fois rythmique et dépouillé, beaucoup plus typique de ce qu'est la vraie dance américaine. Toujours en 90, dans la compilation The immaculate collection, on trouve un autre single, « Justify my love », produit avec André Betts et Lenny Kravitz, dans un style plus ambiant et sexy, dont le clip a d'ailleurs connu des problèmes de censure.

Et, en 1992, Madonna a donc sorti un album entier sur la lancée de ces deux titres de 90. La plupart des chansons sont réalisées avec Shep Pettibone, dans le même style dance minimaliste que « Vogue », et quelques chansons plus jazz/hip hop sont produites avec André Betts. Plus qu'un album, Erotica est un véritable concept. Un livre sulfureux, simplement intitulé Sex, est d'ailleurs sorti en parallèle. Celui-ci montre Madonna, sous le nom d'une certaine Dita, ainsi que quelques autres personnalités, dans des scènes plus que suggestives. Il y a forcément eu polémique, mais ce côté sexuel aura finalement desservi l'album, dont les ventes ont été moyennes au vu de la popularité de la chanteuse (ce qui fait tout de même six millions...).

Et pourtant, finalement, il n'y a rien de bien choquant sur ce disque. La chanson-titre, narrée sous le même pseudonyme Dita, parle certes explicitement de sexe, la parodique «Did you do it?» également, tandis que « Where life begins » évoque plutôt la chose par sous-entendus. Les autres chansons parlent d'amour voire de désir, mais avec une grande subtilité, sans naïveté mais sans exhibitionnisme, et avec un talent poétique certain.

Oui, Erotica est avant tout un gâchis médiatique mais il est malhonnête de remettre en cause son contenu. Il s'agit peut-être du meilleur album de Madonna, il a même de sérieux arguments pour concurrencer Ray of Light. Ce qui me frappe avant tout ici, c'est la cohérence du propos. Erotica est également son album le plus long, 14 titres pour pas moins de 74 minutes, et cela convient parfaitement à cette musique rythmée mais peu ornée. Comme en plus il n'y a pas vraiment de moment faible, je suis vraiment impressionné par cette performance.

Parlons plus en détail de ces chansons. Bien sûr, l'ouverture «Erotica» est magistrale, dans un style dance/R&B diaboliquement sexy. La voix grave des passages déclamés, à la fois lasse, lascive et dominatrice, est incroyable, un exemple de plus de la plasticité de la voix de Madonna. Le clip associé, logiquement dans le même thème que la chanson et le livre Sex, a également connu les joies de la censure. « Fever » est une reprise d'une ancienne chanson de R&B, très bien interprétée bien qu'on ne puisse sauver la monotonie de l'original. « Bye bye Baby » détonne un peu par sa méchanceté, ce n'est pas ma préférée. Par contre, « Deeper and deeper » est le clou de l'album. Proche de «Vogue» dont on retrouve une citation vers la fin, cette superbe ronde a d'ailleurs connu un bien plus grand succès en tant que single que l'album lui-même.

On entre alors dans le corps de l’œuvre avec «Where life begins». Ce nouveau moment fort est une ballade jazzy des plus suggestives, un texte vraiment fantastique. «Bad Girl» entame une petite série de chansons dance romantiques fort réussies, comprenant également «Thief of hearts», « Words » et « Why's it so hard ». A propos de « Words », je la classe vraiment parmi les toutes meilleures de Madonna. Elle reprend un peu la thématique de « Pretender », mais est bien plus complexe musicalement. Intercalées avec celles-là, on trouve « Waiting », genre de hip-hop reprenant un sample de « Justify my love », et sa parodie « Did you do it? », des numéros divertissants. Il y a aussi les ballades « Rain », belle mais détonnant un peu par rapport à la moyenne rythmée de l'album, et « In this life ». Enfin, on termine par l'étrange « Secret Garden », avec son piano et son beat asymétrique, et un retour aux paroles déclamées du début, la boucle est bouclée.

Il est vraiment dommage de voir certaines des plus belles mélodies de Madonna rester dans l'ombre, tandis qu'on porte au nues, par exemple, les douteux Like a prayer et Music. Par la force des choses, le grand Erotica n'est pas son album le plus connu mais, je le dis, il mérite plus qu'amplement d'être redécouvert à sa juste valeur.

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   (2 chroniques)



- Madonna Ciccone (chant)
- Shep Pettibone (claviers, séquenceurs)
- Tony Shimkin (claviers, séquenceurs, choeurs)
- Joe Moskowitz (claviers)
- Donna Delory (choeurs)
- Niki Harris (choeurs)
- Paul Pesco (guitare)
- Anton Fig (batterie)
- Glen Dicterow (direction des cordes sur [12])
- Andre Betts (claviers, percussions électroniques)
- James 'sleepy Keys' Preston (piano, claviers)
- Doug Winbush (basse)
- Danny Wilensky (saxophone)
- Jerome Dickens (guitare)


1. Erotica
2. Fever
3. Bye Bye Baby
4. Deeper And Deeper
5. Where Life Begins
6. Bad Girl
7. Waiting
8. Thief Of Hearts
9. Words
10. Rain
11. Why's It So Hard
12. In This Life
13. Did You Do It?
14. Secret Garden



             



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