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RUSH - Counterparts (1993)
Par ARP2600 le 17 Mai 2013          Consultée 1905 fois

Pour toute personne ayant suivi l'évolution subtile de la carrière de Rush, d'un hard rock zeppelinien vers le rock progressif puis vers une musique de plus en plus électronique et enfin, au début des années 90, à une recette équilibrée entre ces divers ingrédients, Counterparts ne peut que créer la surprise. Il s'agit de la plus grande rupture stylistique de l'histoire du groupe, c'est une évidence. D'un coup, on se retrouve dans une musique assez métallique, avec guitare presque noisy et basse ronflante. Si Rush a toujours été dans la sphère hard rock/heavy metal, c'est la première fois qu'on pourrait leur coller l'étiquette restreinte « metal ».

L'explication de cette évolution est la même pour de nombreux musiciens à cette époque. Les années 80 avaient été synthétiques, le métal connaissant un âge d'or artistique mais ayant un public assez restreint. L'explosion du rock alternatif et du grunge en particulier a fait venir la mode des grosses guitares. Deux albums de la fin 91 représentent ce mouvement ambigu, mêlé d'influences post punk et hard rock : l'archicélèbre Nevermind de Nirvana et le chef-d’œuvre du genre, Ten de Pearl Jam. Quel rapport avec Rush ? Ne sont-ils pas connus pour leur indépendance d'esprit et leur rejet des modes ? Certes, mais ils se sont cette fois laissé tenter. Si on réécoute Fly by night ou 2112, on verra que Rush était un groupe musclé pour le milieu des années 70 et, comme l'époque s'y prêtait en 93, ils ont simplement ressorti leur artillerie. A noter que citer Ten n'est pas innocent. Si Counterparts est bel et bien du Rush et si la voix de Lee n'a rien à voir avec celle de Vedder, on remarquera des similitudes d'ambiance évidentes entre les deux disques.

Au vu du thème de l'album, cette violence peut paraître un peu étrange. Mais tout être humain normalement constitué sait à quel point la passion amoureuse est dévorante... il est bien plus pertinent d'aborder un sujet tel que le sexe avec un son imposant qu'avec des petites chansons romantiques. Rush n'est d'ailleurs pas le seul groupe à l'avoir compris (dans les années 90, je m'en voudrais de ne pas rappeler également le génial Version 2.0 de Garbage). Bien sûr, connaissant Neil Peart, on se doute que les paroles ne sont pas très explicites et intellectualisent la question. Le thème est donc la dualité homme/femme mais le fond est évident, il ne faut pas faire un dessin, Hugh Syme s'en est chargé, le boulon et l'écrou de la pochette sont assez clairs. Les textes sont joliment équilibrés, pas trop compliqués, pleins de sous-entendus amusants autant que d'humanité. Ainsi, le single «Nobody's hero» aborde les thèmes de l'homosexualité et du SIDA de façon émouvante. Citons quand même le refrain de «Between sun and moon» pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus : la ligne «ahh yes to yes to ahh ahh to yes» ne sonne même pas mal dans son contexte musical.

Un sujet sulfureux, c'est bien joli, mais ce qui fait de Counterparts un des vrais chefs-d’œuvre de Rush, c'est avant tout la musique. Aussi bien l'écriture que l'interprétation et la production sont magistrales. Peut-être la batterie est-elle un peu trop mise en avant par Peter Collins mais tout ici sonne à la fois lourd et clair, on a une impression rare de fouillis maîtrisé qu'ils auront du mal à reproduire dans les albums suivants. En tout cas, cette fois, plus de remplissage comme dans Roll the bones, toutes les chansons sont excellentes, aussi bien rythmiquement que mélodiquement, faisant de ce disque fantastique un des exemples à suivre de hard rock moderne.

S'il fallait désigner un point faible, ce serait la mélodie du refrain de «The Speed of Love» mais tout est relatif, les transitions de cette chanson sont quand même remarquables. A l'opposé, difficile de dégager un point fort... la régularité d'«Animate», l'agression de «Stick it out», la délicatesse de «Nobody's hero», la brillance d'«Alien shore», la dualité de «Double Agent», l'électricité de «Cold fire», qui traite du désir, et la force tranquille d'«Everyday Glory», qui parle de la rupture... tous ces moments sont inoubliables et se classent en bloc dans ce que Rush a créé de meilleur.

Que pourrait-on encore dire, si ce n'est que les trois musiciens n'en finissent pas d'être au sommet de leur art ? La guitare de Lifeson est particulièrement à son avantage ici, la basse de Lee est diaboliquement efficace, la batterie de Peart toujours aussi virtuose... à cette époque, ils s'étonnaient d'être un trio uni depuis presque vingt ans. En 2013, ils en sont à presque 40 et semblent être plus puissants que jamais, rares sont ceux qui peuvent en dire autant. Il faut néanmoins préciser qu'après Counterparts, le rythme de publication a sérieusement ralenti, quatre albums seulement sont parus depuis lors, et il aura fallu attendre Clockwork Angels pour enfin égaler la qualité de celui qui restera comme un des meilleurs disques de rock des années 90, un peu sous-estimé par la critique, mais au succès commercial mérité.

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- Geddy Lee (basse, chant, synthétiseurs)
- Alex Lifeson (guitares)
- Neil Peart (percussions)


1. Animate
2. Stick It Out
3. Cut To The Chase
4. Nobody's Hero
5. Between Sun And Moon
6. Alien Shore
7. The Speed Of Love
8. Double Agent
9. Leave That Thing Alone
10. Cold Fire
11. Everyday Glory



             



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