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- Style : Bonfire, Scorpions, Bruce Springsteen , Van Halen
 

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BON JOVI - Bon Jovi (1984)
Par BAAZBAAZ le 16 Juin 2013          Consultée 2163 fois

Comment transformer un petit Italo-Américain poilu et frisotté en rock star permanentée nageant dans les dollars ? Bonne question… A la fin des années 70, John Bongiovi rêve de gloire dans un lycée miteux du New Jersey. Il se voit déjà sur les traces de son idole Bruce SPRINGSTEEN, la fierté locale que tous les gosses du coin brûlent d’imiter. Coup de chance, son cousin ouvre en 1977 The Power Station, un studio d’enregistrement situé à Manhattan (à deux heures de bus… autant dire le bout du monde). Le jeune John en profite pour poser sa voix en 1980 sur une horreur absolue nommée « R2-D2 We Wish You a Merry Christmas » qui figure sur Christmas in the Stars, dramatique album de Noël sorti par MECO (!) sur le thème de Star Wars.

Heureusement, il écrit aussi ses propres chansons et s’avère très doué pour ça. Ses démos de l’époque révèlent la gestation du style qui lui permettra bientôt de devenir le hard rocker préféré des jouvencelles. En fait, tout son génie tient à un mélange détonnant entre deux influences. La première est celle du rock’n’roll clinquant teinté de R&B (aussi appelé heartland rock) dont SPRINGSTEEN tire le meilleur avec Darkness on the Edge of Town et surtout The River : gros refrains, piano héroïque, amours prolétaires et virées en bagnole… Au tournant des années 80, avec des groupes comme SOUTHSIDE JOHNNY & THE ASBURY JUKES (dont le leader est Steve Van Zandt) et MINK DEVILLE, cette musique irrigue le New Jersey et offre à des milliers de gamins une alternative au disco.

Mais le coup de maître du futur prince des midinettes est alors de passer ce style au filtre du rock FM en vogue : en 1981, REO SPEEDWAGON, STYX, FOREIGNER et JOURNEY – quatuor de vieux dinosaures chevelus rescapés des 70’s – jettent leurs dernières forces dans la bataille et se relaient à la tête des charts avec un hard rock aseptisé, débarrassé de sa complexité prog et rendu le plus digeste possible pour le grand public. L’année suivante, avec le carton phénoménal de « Heat of the Moment », c’est ASIA qui reprend le flambeau. Guitares grasses, chant aigu et émotions à fleur de peau… John Bongiovi reçoit le message cinq sur cinq et se met au boulot.

Le résultat s’appelle « Runaway », et c’est son sésame pour la postérité, les paillettes, les disques de platine et les tournées géantes… Il faut dire que composer un truc comme ça n’est pas donné à tout le monde. Avec son synthé aussi racoleur que trépidant, sa rythmique parfaite et son histoire de fugue adolescente chantée par un minet à la voix faussement rebelle, ce titre atteint une forme rare de perfection FM. Potentiellement, c’est un tube énorme et John – qui se voit déjà exhiber son poitrail velu à des parterres de demoiselles en larmes – ne s’y trompe pas. Ces années-là, il n’a de cesse de tanner son cousin et les radios du coin pour les convaincre de le soutenir.

Et ça marche. En 1983, la chanson passe en boucle sur les ondes locales et Mercury finit par craquer. Un copain d’enfance (David Bryan) et quelques chanceux qui traînaient dans les parages (dont le vieux routard Tico Torres et Richie Sambora, guitariste habile mais totalement dépourvu de charisme) sont embarqués pour l’occasion et un premier album est enregistré à la Power Station sous le nom de BON JOVI. Sorti en 1984, le disque est une bombe juvénile pleine d’acné, de mélodies sirupeuses et de riffs en carton-pâte. Sur la pochette, celui qui se fait appeler dorénavant Jon Bon Jovi pose avec son petit poing serré dans une rue sombre… Il prend l’air inspiré mais personne n’y croit. Aucune importance : aux yeux de son public – les filles de 15 ans et leurs petits copains les plus crédules – il apparaît comme un terrible hard rocker, dangereux et profond.

Plaisir coupable, perversité honteuse… Appelons-ça comme on voudra, mais il faut admettre que le disque touche au sublime. Car « Runaway » n’est pas la seule perle inavouable que l’on trouve ici. En fait, tout est bon : « Shot Through the Heart » (une pure merveille avec son intro faramineuse), « Burning for Love » et l’infernal « Come Back » (… chérie ne vois-tu pas que ce cœur brisé me tue ?) sont des pièces maîtresses du hard FM, des jalons absolument essentiels à la compréhension de l’évolution musicale des 80's. Guitares et synthés y fusent dans tous les sens et le fougueux Jon chante comme un morveux ivre de révolte, transi d’amour ou de tristesse (« Love Lies »). Seule « Get Ready » apparaît un peu lourdingue, mais les Américains, pas toujours finauds, en raffolent lors des concerts.

Ce premier disque est donc une énigme. N’importe quel amateur de rock normalement constitué devrait le haïr. Oui mais voilà : quel que soit le style, le talent reste le talent. Et tout ici transpire le savoir-faire mélodique, l’inventivité et la jubilation de chanter et de jouer. Il n’y qu’à voir les extraits des concerts de l’époque – notamment ceux de la tournée japonaise Super Rock en août 1984 aux côtés de SCORPIONS, WHITESNAKE ou encore MSG – pour comprendre tout le plaisir que prenait alors le groupe. Le succès a beau être modeste (la pluie de dollars ne commence que quelques années plus tard), il s’agit rien moins que du meilleur album de BON JOVI. Le plus véloce, le plus jouissif, le seul qui n’ait pas pris une ride.

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   (2 chroniques)



- Jon Bon Jovi (chant, guitare)
- Richie Sambora (guitares)
- Alec John Such (basse)
- Tico Torres (batterie)
- David Bryan (synthétiseur)


1. Runaway
2. Roulette
3. She Don’t Know Me
4. Shot Through The Heart
5. Love Lies
6. Breakout
7. Burning For Love
8. Come Back
9. Get Ready



             



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