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EINSTüRZENDE NEUBAUTEN - Haus Der Lüge (1989)
Par WALTERSMOKE le 26 Novembre 2013          Consultée 1001 fois

Dans ce monde, il y a deux types de pochettes : les belles et les autres. Celle de Haus Der Lüge, le sixičme album de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, fait partie des autres. A moins d'ętre atteint de zoophilie ou de se la jouer amateur d'art bobo parisien, dire qu'elle est belle est impossible, il suffit de le constater par soi-męme. Le premier mot qui me vient ŕ l'esprit, c'est « Beurk ».
Ce constat ne concerne fort heureusement que la pochette. En effet, quiconque aura le courage d'aller au-delŕ découvrira un album des plus remarquables et géniaux du groupe allemand. Haus Der Lüge montre une fois de plus NEUBAUTEN s'affiner et intégrer des rythmes et des mélodies ŕ sa musique indus ŕ tendance bruitiste. Un vrai fromage. D'aucuns diraient plus incisivement qu'il s'agit d'une américanisation de la musique. Ce n'est pas tout ŕ fait faux, mais on est trčs loin du groupe qui a vendu son âme pour ratisser large

A l'inverse de l'album précédent au titre interminable, Haus Der Lüge ne présente pas de réel morceau bien plus faible que les autres. Le caractčre homogčne est ici total, du jamais vu depuis Kollaps. Quelques moments d'égarement apparaissent ça et lŕ, mais j'y reviendrai plus bas. Et puis, ŕ quoi bon se focaliser devant les défauts lorsque se présentent des morceaux fondamentalement géniaux ?
Haus Der Lüge est un exemple parfait de ce ŕ quoi devrait ressembler un grand album d'indus contenant assez de violence pour se faire comprendre, mais aussi assez de finesse pour avoir quelque chose de concret derričre, le tout ne se laissant pas distancer par le temps. De plus, la durée de l'album, 34 minutes, ne laisse aucune chance au remplissage qui devra aller ennuyer le peuple ailleurs. EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN n'est pas loin d'avoir enfin sorti l'album quasi-parfait, et qui sait toucher un public non-restreint – pour info, il a plutôt bien réussi sur le plan commercial, encore un point de satisfaction. Il serait débile de ma part de faire un track by track de chacun des morceaux, presque tous aussi bons les uns que les autres.
En revanche, il est possible de s'attarder sur les deux meilleurs d'entre eux, ŕ savoir l'éponyme et "Fiat Lux". Le premier est de loin le morceau le plus indus de Haus Der Lüge, doté qui plus est d'une puissance musicale dévastatrice. La montée en puissance s'impose par elle-męme, avec les sons de cuivre qui rajoutent en grandiloquence. C'est limite si l'on ne touche pas au sublime. Mais si Haus Der Lüge est épique, l'autre meilleur morceau, "Fiat Lux", est carrément magistral. Il s'agit du morceau le plus long (12 minutes) de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN, et aussi l'un des plus ambitieux. Divisé en trois actes, il passe facilement pour une mini-épopée s'éloignant bien des terres indus pour des ambiances proches d'un ambient sombre dans les deux premiers tiers. Le dernier en revanche voit un NEUBAUTEN qui se lâche, toutes proportions gardées.

Haus Der Lüge est donc le meilleur album du groupe... Oui, mais non. Certes, c'est le meilleur de la période 1983-1991, mais il n'arrive pas ŕ ętre aussi culte que Kollaps. Primo, j'ai parlé de passages faibles, qui zonent toujours sur Haus Der Lüge. "Feurio !" développe ainsi des idées intéressantes mais tourne un peu en rond. Et si j'accepte bien "Schwindel" comme un bon morceau, le côté synthpop (!!!) ne plaira qu'ŕ une minorité. Secundo, en dehors du morceau éponyme, Haus Der Lüge ne propose pas de morceau réellement accrochant. Bien sűr, ŕ force d'écoutes ils finissent par s'incruster dans la tęte, mais le temps mis pour y parvenir est un peu long.

S'il n'y avait ces quelques défauts, Haus Der Lüge serait un excellent album. Mais il serait franchement trčs, trčs idiot de passer ŕ côté juste pour ces défauts en question, ce serait se priver d'une pépite musicale petite mais puissante. Vraiment, si l'occasion se présente d'acheter l'album, il ne faut pas se priver, et ce malgré la pochette.

Pétard, je m'y ferais jamais, ŕ ce cheval...

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- Blixa Bargeld (chant, guitare)
- Mark Chung (basse, voix)
- Alexander Hacke (guitare, voix)
- N.u. Unruh (percussions, voix)
- F.m. Enheit (percussions, voix)


1. Prolog
2. Feurio !
3. Ein Stuhl In Der Hölle
4. Haus Der Lüge
5. Epilog
6. Fiat Lux
7. Schwindel
8. Der Kuss



             



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