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EINSTüRZENDE NEUBAUTEN - Tabula Rasa (1993)
Par WALTERSMOKE le 17 Décembre 2013          Consultée 926 fois

Rien qu'à sa pochette et surtout son titre, le septième album studio de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN fait déjà peur. Non pas que le groupe allemand ait fait pire que sur Haus Der Lüge (on les en remercie), au contraire. Placer une nature morte vraiment belle et alléchante, du moins pour le néophyte, est loin d'être désagréable. Toutefois, est-ce attendu de la part d'une formation respirant l'indus à plein nez ? Et surtout, le titre. Tabula Rasa. NEUBAUTEN va-t-il faire table rase de son superbe passé ? La musique qui attend les fans en cette folle année 1993 sera-t-elle plus calme, et moins excitante qu'auparavant ?

Une seule chose est vraie dans ce qui vient d'être écrit : oui, EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN livre ici une musique plus calme, du moins globalement. Blixa Bargeld, devenu dandy au niveau vestimentaire, et ses comparses se sont orientés de manière à innover. Peut-être même un peu trop, et ce dès "Die Interimsliebenden". Les uns seront frappés d'horreur tandis que d'autres applaudiront : l'électronique s'invite chez NEUBAUTEN. Ce n'est pas de l'indus/techno comme l'a fait Laibach avec Kapital, mais cela suffit à surprendre. Entendre une boite à rythmes en lieu et place des percussions, sans compter une production bien proprette. Ce n'est pas très engageant, mais "Die Interimsliebenden" est un morceau qui rassure. Oui EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN est plus calme, mais en apparence seulement. Oui sa musique choque, mais le chant de Bargeld est toujours aussi fort et terrible. Le fond a été préservé de la table rase, et la suite de l'album révèlera que la forme n'a pas totalement changé.

Du coup, il faudra trouver d'autres arguments pour expliquer en quoi Tabula Rasa est clairement imparfait. Ce qu'il n'est pas vraiment, en vérité. De véritables morceaux d'anthologie se trouvent parmi les 6 premiers morceaux de l'album. Après une ouverture assez bonne, c'est au tour de "Zebulon" de débarquer. Mais point de tournicoti-tournicoton, « juste » un morceau de pop désincarnée qui explose à la dernière minute. Les arrangements de cordes sur le terrifiant "Wüste", quasi-instrumental, et le caractère tribal de "Sie" contribuent à faire de Tabula Rasa un bon album. En revanche, Tabula Rasa possède un ventre creux assez regrettable, composé d'un "12305(Te Nacht)" ennuyeux et surtout de "Blume". Il s'en est fallu de peu que cette chanson, interprétée par Anita Lane, soit un sommet de noirceur. Le minimum syndical de conviction en a décidé autrement.

Tabula Rasa est donc globalement bon. Sauf si l'on prend en compte "Headcleaner".

Les quinze minutes de "Headcleaner", ou comment atteindre de nouveau des sommets dans l'indus. Déjà il permet de mettre une mandale mémorable à ceux qui s'ennuyaient jusque-là (les fous). Mais aussi à ceux déjà acquis à la cause. Terreur, violence, urgence : voilà comment résumer en trois mots "Headcleaner". Les percussions frappent durent, Bargeld sort une performance titanesque, impossible dès lors de décrocher. Certaines subtilités sont également fort appréciables, comme le détournement des paroles de All you Need is Love, ou bien la Marseillaise qu'on entend brièvement comme sortant d'un disque rayé. Ne pas sortir lessivé de "Headcleaner" relève de l'exploit, mais sans pour autant flirter avec le masochisme, on y retourne plutôt deux fois qu'une.

Au final, Tabula Rasa s'inscrit en plein dans la continuité des années 80. La verve froide et tranchante de EINSTÜRZENDE NEUBAUTEN évolue, se faisant tout aussi mordante dans le bruit et la fureur que dans le calme apparent. Ce n'est pas demain la veille que le groupe semble décidé à flancher.

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   WALTERSMOKE

 
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- Blixa Bargeld (chant, guitares)
- N.u.unruh (percussions, voix)
- F.m. Enheit (claviers, percussions, voix)
- Alexander Hacke (guitare, voix)
- Mark Chung (basse, voix)
- Anita Lane (voix)


1. Die Interimsliebenden
2. Zebulon
3. Blume
4. 12305(te Nacht)
5. Sie
6. Wüste
7. Heacleaner



             



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