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VIOLENT FEMMES - The Blind Leading The Naked (1986)
Par JOVIAL le 21 Mars 2014          Consultée 2185 fois

On dit souvent que c'est dans leurs pires moments que les groupes produisent leurs meilleurs albums. C'est sans doute le cas pour les VIOLENT FEMMES. Les tensions entre Gordon Gano et le couple Brian Ritchie/Victor DeLorenzo durant l'écriture d'Hallowed Ground n'ont pas cessé après la sortie de celui-ci, malgré une tournée triomphale aux États-Unis. L'élaboration d'un troisième album au cours de l'été 1985 semble alors mal barrée, d'autant plus que Mark Van Hecke, qui avait produit les deux premiers LP, n'est pas rappelé derrière la vitre du studio. Contre toute-attente, c'est le guitariste des Talking Heads Jerry Harrison, également originaire de Milwaukee, qui reprend bientôt la place. Il participe également aux enregistrements, aux côtés d'autres invités de renom tels que Leo Kottke, Steve Mackay ou encore Fred Frith, prouvant à ce propos que les VIOLENT FEMMES étaient parvenus à se bâtir un sacré réseau de bonnes relations, après s'être notamment payé John Zorn et le génie new-yorkais du banjo Tony Trischka sur Hallowed Ground. The Blind Leading The Naked, et son titre apparemment en référence à Brueghel l'Ancien, sort finalement en 1986, pour devenir le premier album du groupe à rentrer à la fois dans les charts américain et britannique.

À première vue, The Blind Leading The Naked peut à juste titre se percevoir comme une suite du précédent album sur lequel le trio s'était mis en tête d'explorer les multiples facettes de la musique américaine, en s'essayant au blues, à la country ou bien au gospel. Les VIOLENT FEMMES poursuivent ici leur hommage à cette dernière, mais sur des terrains plus « modernes », résolument plus rock voire pop, ce qui en définitif constitue une rupture parfois assez nette avec Hallowed Ground. Il n'est ainsi quasiment plus question de folk, qui ne refait d'ailleurs surface qu'à la fin du disque sur la westernienne « Cold Cayon » et la courte ballade « Two People ». Pour le reste, ce troisième effort est d'un éclectisme très prononcé, allant aussi bien de la pop dansante aux trompettes racoleuses (« I Held Her In My Arms ») au glauque d'une cérémonie vaudou (« Candlelight Song »), d'un rock stonien (« Love & Me Make Three »), avec pour la première fois Brian Ritchie au chant) au voyage de bonne humeur dans le Sud dévot (« Faith »). Passé ce détail qui peut déstabiliser un peu, il faut bien reconnaître encore une fois que chaque morceau fait mouche et que pratiquement aucun n'est à jeter. The Blind Leading The Naked commence d'ailleurs très fort, « Old Mother Reagan » et son rock'n roll carburant à 200 à l'heure nous mettent tout de suite dans l'ambiance. « No Killing » qui prend le relais et retrouve le côté punk si original des jeunes années du groupe, reste ici LE grand moment, avec un Gano déchirant (« Don't let them in/I think it's the police/I think it's the policaïïïï ! ») et un refrain plus qu'excellent. Au milieu du disque enfin, « Children Of The Revolution » signe le nouveau (et le dernier…) hit des VIOLENT FEMMES. Avec son clavier si caractéristique de cette seconde moitié des 80's, le morceau reste succulent et propose une très agréable version de l'original de T-Rex dont il est repris.

La dernière différence avec Hallowed Ground mais qui le rapproche au contraire du premier album, c'est le retour en force de compos punk-rock plus directes et nous chargeant immédiatement, « Special » et « Hearthache », d'une énergie libératrice et toute juvénile qui rappelle l'époque bénie des jouissives « Promise » et autres « Prove My Love ». Au final donc, The Blind Leading The Naked ne rompt pas tant que ça avec ses deux grands frères, même s'il est vrai qu'il possède sa saveur propre, aux sonorités moins âpres, plus lisses parfois, plus radiophoniques diront les mauvaises langues, qui peut étonner au premier contact. Sans véritable défaut apparent, hormis quelques passages plus anecdotiques (« Breakin' Hearts », « Good Friend »), il conclut ainsi une trilogie d'excellence que les VIOLENT FEMMES n'atteindront jamais plus par la suite. Les tensions s'exacerbant, le trio se sépare d'ailleurs brièvement l'année suivante… Une grande époque s'achève ici.

4/5
À écouter absolument : « No Killing », « Children of the Revolution ».

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- Gordon Gano (chant/guitares)
- Brian Ritchie (basse/...)
- Victor Delorenzo (batterie/...)
- Guests :
- Jerry Harrison (claviers/guitare)
- Fred Frith (guitare/...)
- Leo Kottke (guitare)
- Sigmund Snopek Iii (claviers)
- Peter Balestrieri (saxophone)
- Steve Mackay (saxophone)
- Steve Scales (percussions)
- Abdulhamid Alwan (tabla/daf)
- Junior Brantley (claviers)
- Jim Liban (harmonica)
- Bill Schaefgen (trombone)
- Drake Scott (chant)


1. Old Mother Reagan
2. No Killing
3. Faith
4. Breakin' Hearts
5. Special
6. Love & Me Make Three
7. Candlelight Song
8. I Held Her In My Arms
9. Children Of The Revolution
10. Good Friend
11. Heartache
12. Cold Canyon
13. Two People



             



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