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PRINCE - Hitnrun Phase Two (2015)
Par KORAMA le 26 Décembre 2015          Consultée 9845 fois

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour savoir si la Phase One de HitnRun appelait une Phase Two ou s’il s’agissait d’une coquetterie stylistique (on attend toujours un “The Work Part 2”...). Trois mois. Trois petits mois entre les deux dernières livraisons de PRINCE. En effet, au matin du 12 décembre, les fans ont vu débarquer sans crier gare le nouvel opus sur Tidal (mais une sortie cd est d'ores et déjà annoncée, et l’album est aussi diponible sur iTunes).

Et stylistiquement, c’est le jour et la nuit entre les deux volumes. Adieux les sons électros, les expérimentations et les clins d’oeil à la musique actuelle, on est ici dans du bon vieux son old school (l’album a été enregistré en analogique) avec instrumentation moelleuse, et grosse section cuivres. Et ce n’est pas un vain mot, puisque qu’il s’agit d’une section de 16 cuivres comprenant les NPG Hornz et les Minneapolis Hornheads, les mêmes qui avaient été mis en avant lors des shows de Montreux en 2013.

De fait, pour les fans hardcore, un bon nombre de titres de ce nouvel opus sont déjà connus, vu qu’ils ont été publiés (mais pas forcément avec les mêmes mixs) sur la toile ou même en cd, façon puzzle, depuis au moins 4 ans. C’est le cas de “Baltimore”, “Stare”, “RocknRoll Love Affair”, “Screwdriver”, “Groovy Potential” et bien sûr “Xtraloveable” dont la première version, bien connue des bootleggers, date de 1982.

Ce titre n’est d’ailleurs pas le seul à faire référence au passé plus ou moins lointain de sa seigneurie. Ainsi retrouve-t-on dans “Stare” deux citations explicites de “Kiss” et “Sexy Dancer”, et dans la ligne de cuivre de “RocknRoll Love Affair” des traces de “Take Me With U” (Purple Rain, 1984). Le groove de départ de “Black Muse” évoque “Chelsea Rodgers” (Planet Earth, 2007) tandis que son passage central rappelle “Last December” (The Rainbow Children, 2001), tout comme l’intro de “Groovy Potential” peut faire penser de manière subliminale au début de “Song of the heart” (BO de Happy Feet, 2006).

Les plus assidus aux concerts ont aussi pu entendre “Big City” ou encore “Black Muse”. Mais pour l’auditeur lambda, qui n’est guère à l’affût de l’actualité princière et qui a autre chose à faire que de suivre ses slaloms numériques, il s’agît bien là d’un nouvel album à part entière. Et de fait, Prince réussit à donner une cohérence d’ensemble à ce corpus de titres.

Pour schématiser, on peut dire que les morceaux de ce nouvel album se répartissent en 3 catégories. Tout d’abord, les titres plutôt mid/uptempo dans un registre groovy funk, proches de James Brown ou de Sly and the Family Stone, où les cuivres sont très mis en avant. On retrouve ici un “2Y2D”, tournerie funk accrocheuse, un “Stare” et son riff de basse qu’on croirait exécuté par Larry Graham, un “Xtraloveable” rutilant bien que n’atteignant pas la folie de la version d’origine, un “Groovy Potential” absolument superbe que l’on est bien content de retrouver sur un album, un “Black Muse” qui réussit le croisement mélodie pop mémorable / groove redoutable, et un “Big City” final en forme de jam explosif.

Là-dessus vient se greffer des titres low-tempo plus soul ou même carrément jazzy et qui figurent parmi les plus belles réussites du disque. “Look at me, look at u” est ainsi un titre extrêmement cool, tout Wurlitzer dehors, sur tapis de flûte et cuivres et solo de sax. Une merveille. Et que dire de la voix… à tomber. “When she comes” est plus classique et touche un peu moins. Elle n’en est pour autant pas moins réussie. Il s’agit juste d’une ballade soul comme Prince en a sorti des wagons (“On the couch”, “Satisfied”...). “Revelation” quant à lui a tout du classique instantané. Un morceau langoureux, en apesanteur, épuré, traversé d’un sax en liberté et d’un petit solo de guitare trop court (on en veut toujours plus). L’occasion encore d’une performance vocale de très haute volée.

Enfin, et c’est là le petit bémol de l’album, Prince a inclus trois titres dans une veine plus pop-rock qui cassent un peu l’unité de l’ensemble. Si “Baltimore”, chanson engagée dédiée à Freddie Gray, débute le disque de relativement belle façon, notamment par une écriture simple et directe relevée par des arrangements soignés, la présence juste après de “RocknRoll Love Affair”, même augmentée de cuivres malicieux pour rentrer dans le ton, fait démarrer le disque sur un faux rythme. Surtout que le morceau est loin d’être inoubliable, se situant dans une veine rock M.O.R. ricain assez basique, un genre de sous “Cream”. Quant à “Screwdriver”, on se demande bien ce qu’elle fout là, tant sa place aurait été plus logique sur Plectrum Electrum, l’album des 3RDEYEGIRL paru en 2014, et ce même si la guitare a été un peu éloignée dans le mix.

Après avoir fait le coup du pack 3 en 1 en 2009 avec LotusFlow3r/ MPLSound/Elixer , puis le coup de la sortie simultanée electro/rock sous deux noms en 2014 avec Art Official Age / Plectrum Electrum, voilà que Prince se lance dans la sortie trimestrielle d’albums thématiques. Pourquoi pas après tout, si tout est de ce niveau. Il n’y a plus qu’à attendre la Phase 3 et spéculer sur la couleur musicale.

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1. Baltimore
2. Rocknroll Love Affair
3. 2 Y. 2 D.
4. Look At Me, Look At U
5. Stare
6. Xtraloveable
7. Groovy Potential
8. When She Comes
9. Screwdriver
10. Black Muse
11. Revelation
12. Big City



             



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