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PRINCE - Dirty Mind (1980)
Par MARCO STIVELL le 20 Juin 2012          Consultée 1909 fois

La génèse de Dirty Mind ne diffère pas beaucoup de celle de ses deux prédécesseurs. PRINCE se retrouve en studio (quasiment) seul et peaufine des chansons qu'il a toutes écrites. Le changement vient d'une plus grande confiance en lui due à son succès grandissant, et qui permet la mise en valeur d'un songwriting hautement plus abouti qu'à ses débuts. Cette confiance, elle se traduit jusqu'à cette pochette, beaucoup plus explicite que pouvait l'être celle de Prince par rapport à For You. Sur Prince, on ne voyait que le tout-en-haut, notre artiste pouvait encore se permettre d'être vêtu un pantalon. Sur Dirty Mind, en plus de sa provocation du fait de porter un manteau de vrai seigneur, il ajoute celle d'arborer un slip qui, si l'on se place d'un point de vue féminin, fait (pour l'époque) mille fois plus envie qu'un modèle kangourou. On va voir cependant que le succès de ce troisième opus ne tiendra, comme souvent avec des artistes de ce calibre, pas uniquement à une pochette osée.

La quasi-totalité des morceaux le sont eux-mêmes, dans leurs textes tout d'abord, qui transpirent le sexe comme rarement les précédents de PRINCE ont pu le faire. On ne trouve qu'un seul propos plus romantique au milieu de cet instant de jubilation du "dirty mind" princier, pour cela le titre de l'album est habilement choisi. Cela se reconnaît surtout lors de la seconde face de l'ancien vinyle, et particulièrement sur "Head" et "Sister", où l'artiste fait respectivement l'apologie du sexe "oral" (on ne vous fera pas un dessin) puis de l'inceste. Allons ne soyez pas choqués hein, Gainsbourg fera de même chez nous quatre ans après. Quoiqu'il en soit, les puritains américains n'ont pas réclamé la mise à mort de ce petit dépravé et celui-ci sera heureux de continuer d'en profiter, de la même manière que son succès ira grandissant.

Musicalement, c'est aussi du béton (oui, comme la ... quand on joue avec la partenaire, ou quand on met du Tonyglandyl). Le mélange de musique noire et blanche atteint ici toute son unité ; rarement funk, R&B, disco, pop et rock auront fait aussi bon ménage, et c'est grâce à un noir qui nous donne une belle leçon à nous blancs. Comment en particulier passer à côté de ce "Uptown" où agrémentée d'un texte utopique (rêve d'un monde où l'on serait égaux quels que soient notre âge, notre sexe et notre couleur de peau), la fameuse leçon est celle d'un morceau qui commence comme un disco à paillettes, puis qui se voit densifié par d'intelligents breaks et guitares aux sons complémentaires, l'utilisation plus marquée de la voix normale de PRINCE, un ton aventureux lors des soli de synthés (Dr. Fink et Lisa Coleman, les deux claviéristes du groupe de scène, sont activement présents), et les fausses cordes de rigueur pour le final, idéales pour amener l'aboutissement du rêve... On y croit !

"Dirty Mind", le morceau, est caractéristique de cette volonté de lancer le funk tête la première dans les eighties. Batterie qui sonne comme une boîte à rythmes à cymbale "coupée" dans son élan, lick de synthé archi-simple, voix de tête à l'avenant, tandis que la basse et la guitare, bien que très présentes dans la chaleur idéale de ce spectre sonore (le mix est de PRINCE, le mastering de Bernie Grundman, s'il vous plait), jouent leurs parties en sobriété. A ce propos, le pont serait aisément qualifié de "beau foutage de gueule" dans les hautes sphères ! C'est pour mieux préparer le terrain aux voix qui reviennent de plus belle sur cet excellent final. On retrouve des idées similaires sur le morceau suivant, "When You Were Mine", à la rythmique façon doo-wop. Mais là encore, on s'incline devant l'efficacité du propos... "Do It All Night" est encore témoin de ce goût pour les mélodies "montantes" de synthés, la basse est tout de suite moins "retenue" et il y a un bon jeu sur les contretemps. Tout comme sur "Head", un peu plus loin, so funky à son tour. On mord ces récréations futuristes aux synthés, ces passages entre la voix de tête et la voix normale, cette dernière se révélant des plus attractives, si l'on se place bien sûr encore d'un point de vue féminin !

"Gotta Broken Heart Again" est la seule ballade présente sur l'album, soit une volonté de se démarquer du précédent encore trop "gentil" à côté. Typiquement rhythm'n'blues, elle comporte entre autres un joli solo de guitare et une fin hyper-rêveuse où les instruments jouent en trilles. "Sister" se présente comme un interlude rock'n'roll finissant de manière stricte à la 90ème seconde. La guitare éclate au moindre accord et la voix folle reste goûteuse. Quant à "Partyup", c'est un peu comme "Uptown", une invitation à une sorte de jam de nouveau en mode disco/funk, au rythme syncopé terrible et à la rupture vocale proche du gospel juste... amazing...

PRINCE est un escroc ! Mais un bon escroc. Son premier grand disque, il le répartit sur à peine une demi-heure, certaines chansons dépassant à peine la deuxième minute ("Gotta Broken Heart Again") ou ne l'atteignant même pas ("Sister"). Vous allez me dire "mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ?" et vous avez raison. Cela vaut aussi pour si l'on se met à pinailler sur les ponts/bridges des chansons dont la durée ridicule est vite rattrapé par l'urgence globale du propos. Car c'est ça Dirty Mind, un album qui se veut direct et qui en met plein la vue, on pourrait presque dire qu'il est le plus punk des albums du Maître. D'ailleurs, certaines compositions ne sont pas loin du genre dans l'esprit, et PRINCE ne s'est pas abaissé devant la Warner qui l'obligeait à sortir un produit fini au lieu de cette chose qui, malgré un son chaud, garde une empreinte limite "démo". A dévorer et redévorer le plus souvent possible.

Note réelle : 4,5

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   MARCO STIVELL

 
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- Prince (chant, guitares, basse, batterie, claviers)
- Dr. Fink (synthétiseurs, claviers)
- Lisa Coleman (claviers, sitar, choeurs)


1. Dirty Mind
2. When You Were Mine
3. Do It All Night
4. Gotta Broken Heart Again
5. Uptown
6. Head
7. Sister
8. Partyup



             



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