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PRINCE - Lovesexy (1988)
Par KORAMA le 30 Août 2014          Consultée 4715 fois

En 1987, Prince enregistre ce qui était à cette date son album le plus sombre, le bien nommé Black Album. Aride, sans concession, conçu en partie comme une réponse de Prince à ses détracteurs qui trouvaient que le génie de Mineapolis se fourvoyait un peu trop dans la "pop blanche", l'album devait sortir sans promo, sans nom sur la pochette et sans single. Mais à quelques jours de la sortie, Prince annule tout et le Black Album entra dans la légende. Il devint l'un des bootlegs les plus prisés de l'Histoire, jusqu'à sa sortie qui aura finalement lieu en 1994, pour solder en partie le contrat avec Warner.

Pourquoi aborder le Black Album dans une chronique consacrée à Lovesexy me direz-vous ? C'est bien simple : Lovesexy a été conçu comme l'antithèse du Black Album. Pris d'une crise spirituelle (suite, d'après la légende, à un bad trip en compagnie d'Ingrid Chavez), Prince décide de repartir de zéro et de faire un album à la gloire de l'amour et des pensées positives sous l'égide de la spiritualité et de Dieu.

Et de fait, plusieurs éléments vont dans cette direction : la pochette d'abord, montrant un Prince nu comme un ver, renaissant dans un monde virginal d'un blanc immaculé. La photo, signée Mondino (qui signera aussi le clip de "I Wish U Heaven", sucrerie pop plus complexe qu'il n'y parait - mais qui se déguste surtout en version maxi), fera d'ailleurs scandale dans l’Amérique puritaine. Les titres de certains morceaux ensuite : "Lovesexy", "I Wish U Heaven", "Positivity" ou "When 2 R In Love", seul titre rescapé du Black Album où, il faut le dire, il n'avait pas vraiment sa place.

La musique enfin, réinventée. Après un Black Album sec comme un coup de trique, Lovesexy se veut foisonnant, exubérant, à la limite du baroque (les harmonies tordues et les arrangements sur "Glam Slam", du grand art !). Profusion de cuivres (sur à peu près tous les titres), de strates de sons superposés jusqu'à l'overdose (l'introductif "Eye No" donne le ton), d'effets de productions dans tous les coins (mention spéciale au morceau "Lovesexy" et à son traitement des voix juste hallucinant, ou encore "Positivity" et ses multiples percussions). Heureux possesseur d'une nouvelle console 48 pistes, Prince s'amuse avec son joujou et frôle la surchauffe tout du long mais réussit l'exploit de délivrer un album tout en dérapage contrôlé, balançant au passage des titres en état de grâce, comme "Anna Stesia", ballade construite sur un long crescendo débouchant sur un mantra (Love is god, god is love, girls and boys love god above) transpercé d'un chorus de guitare poignant. Ou encore ce "Lovesexy", pierre angulaire de l'album, tellement barré qu'il est bien difficile de le décrire. Ou enfin ce single "Alphabet Street", réminiscence rock à l'ancienne mais totalement inclassable, sorte de "Kiss" sous amphet'. Un titre vient casser l'ambiance générale, à savoir "Dance On" qui, sur fond de batterie destructurée et de télescopages d'instruments, nous la rejoue constat amer de la société à la manière de "Sign O' The Times". Mais plutôt que de s'apitoyer sur son sort, autant danser !

Prince veut parler au monde et délivrer une œuvre, un tout cohérent, un acte d'amour et de foi. Tous les titres s'enchaînent (sauf "When 2 R In Love") et, lors de la parution cd, Prince exigera qu'il n'y ait qu'une seule piste afin d'obliger les gens à écouter l'album d'une traite (les rééditions ultérieures remettront des pistes séparées afin d'éviter aux fans de chopper des crampes aux doigts quand ils veulent écouter que "Positivity"...).

Un disque difficile à aborder à la première écoute, mais dans lequel on trouve toujours de nouvelles choses à chaque écoute. En un sens, on peut le rapprocher de Parade - son autre chef d’œuvre pour moi -, bien que son esthétique soit radicalement différente.

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1. Eye No
2. Alphabet Street
3. Glam Slam
4. Anna Stesia
5. Dance On
6. Lovesexy
7. When 2 R In Love
8. I Wish U Heaven
9. Positivity



             



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