Recherche avancée       Liste groupes



      
COUNTRY-ROCK/FOLK-ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Membre : The James Gang , Don Henley
- Style + Membre : Don Felder

EAGLES - Desperado (1973)
Par COWBOY BEBOP le 23 Avril 2016          Consultée 1740 fois

Le « Desperado » est un saloon comme tant d'autres, planté quelque part dans les parages du désert californien. Le cow-boy assoiffé qui s'aviserait d'y entrer, bravant la devanture défraîchie et le portillon grinçant, n'y verrait que la foule habituelle des innombrables bouges tous semblables qui parsèment le far-west. Chapeaux poussiéreux penchés sur des verres sales, vareuses mitées et bottes défoncées par la route composent l'essentiel du décor. Dans un coin, un pianiste aux mains aussi jaunies que les touches de son instrument désaccordé. Au-dessus du comptoir, un crâne de buffle aux orbites vides. L'odeur, mélange de tabac froid et du parfum du bétail, prend à la gorge ; et les volutes de fumée stagnant paresseusement dans l'air vicié font monter les larmes aux yeux de notre cow-boy téméraire.

Après s'être accoudé au bar et avoir avalé un premier whisky, ses yeux se sont habitués à la pénombre ambiante et il distingue quelques individus qui se détachent de la foule. Il se souvient maintenant, ce bar était réputé pour être le favori de la bande à Doolin et Dalton qui prodiguaient largesses et tournées successives à tous les inconnus de passage. Et malgré le fait que Bill Doolin soit désormais six pieds sous terre, la réputation de l'établissement continue d'attirer les aventuriers de tous poils dont l'Ouest ne manque pas. Si notre cow-boy pouvait voir au-delà des apparences, il apprendrait que l'homme le plus mal fagoté du bar est en réalité le plus riche, résultat de ses guet-apens sanglants à Bitter Creek. Il devinerait que l'homme mal rasé attablé devant sa tequila sunrise a la femme la plus libertine du patelin. Et s'il pouvait lire dans les pensées, il saurait que ce jeune homme de vingt-et-un ans à l'air bravache n'a jamais tiré le moindre coup avec les pistolets clinquants qu'il arbore à sa ceinture.

Suite au succès commercial du premier EAGLES, Glenn Frey voulait faire un album plus abouti où le groupe pourrait démontrer tout son talent de composition et d'interprétation. Desperado est le résultat de ces efforts, un album plutôt unique dans la discographie du groupe, à la fois par sa construction et par ses influences stylistiques variées.

Sans aller jusqu’à parler de concept-album puisqu'il n'y a pas de ligne narrative continue, Desperado est construit autour du thème, romancé et dramatisé, des anti-héros du Far West. En témoigne la pochette, où les membres du groupe, qui ne sont encore que quatre, posent en déguisements de cow-boys hollywoodiens. Au dos figure une photo parodiant la fameuse capture du gang des Dalton. Cette fois, bien que chaque membre participe au chant et signe au moins une composition, Glenn Frey et Don Henley prennent l'ascendant du groupe et signent la majorité des titres. Ils se partagent également le chant sur la plupart des morceaux. Desperado marque donc le début de l'hégémonie de la paire Glenn/Henley qui perdurera tout le long de la carrière des EAGLES.

Ce deuxième album est un véritable patchwork de styles musicaux, chaque titre ou presque mettant en avant un style particulier. « Out Of Control » évolue dans la tradition du southern rock, et rappelle à ceux qui l'auraient oublié que les EAGLES savaient faire autre chose que des ballades. Le bluegrass de « Twenty-One » permet à Bernie Leadon de s'amuser avec son banjo, et « Doolin-Dalton » fait la part belle aux guitares sèches et à l'harmonica. Le groupe démontre à nouveau son talent pour les ballades avec « Desperado », qui devint un classique malgré le fait qu'il n'est jamais sorti en single. « Tequila Sunrise » et « Saturday Night » sont quant à elles très représentatives de l'orientation que prendra la musique des Aigles par la suite.

Globalement, Desperado est à la fois plus mature et diversifié que son prédécesseur. Les chansons sont bien plus mémorables, grâce à des arrangements intéressants et des mélodies prenantes. La variété des styles incorporés dans les onze titres leur apporte une diversité qui manquait cruellement au premier disque. Pourtant, l'unité de l'album n'est pas compromise pour autant, la production lisse et lumineuse met en avant les harmonies vocales qui sont la marque de fabrique du groupe et le liant qui fait tenir l'album d'un seul bloc. Desperado est un véritable voyage à travers les influences des quatre compères, et l'album le plus « roots » des EAGLES, avant leur départ vers les contrées du soft-rock et les succès qui s'ensuivront.

A lire aussi en ROCK par COWBOY BEBOP :


Tom PETTY & THE HEARTBREAKERS
Damn The Torpedoes (1979)
Full spead ahead !




DIARRHEA PLANET
Turn To Gold (2016)
Alchimistes en sandales.


Marquez et partagez





 
   COWBOY BEBOP

 
  N/A



- Glenn Frey (guitare, piano, harmonica, chant)
- Don Henley (batterie, guitare, chant)
- Bernie Leadon (guitare, mandoline, banjo, chant)
- Randy Meisner (basse, chant)


1. Doolin-dalton
2. Twenty-one
3. Out Of Control
4. Tequila Sunrise
5. Desperado
6. Certain Kind Of Fool
7. Doolin-dalton (instrumental)
8. Outlaw Man
9. Saturday Night
10. Bitter Creek
11. Doolin-dalton/desperado (reprise)



             



1999 - 2020 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod