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- Membre : The James Gang , Don Henley
- Style + Membre : Don Felder

EAGLES - The Long Run (1979)
Par K-ZEN le 21 Juin 2020          Consultée 383 fois

En 1977, les EAGLES sont enfin arrivés au sommet, objectif pour lequel le groupe avait tant travaillé. L’anonyme petit quintet de country-rock de Los Angeles qui connaissait alors timidement son premier hit avec « Take It Easy » en 1972 est devenu gargantuesque avec la secousse sismique « Hotel California », sortie en 1976 et qui continue près de 40 ans plus tard d’avoir autant de répliques. Mais une fois qu’on est à la cime de la montagne, il faut tout de même penser à redescendre. Et quand on est si haut dans la stratosphère, il convient de prendre garde à chaque pas car la chute serait vertigineuse et fatale.

Le premier pas à côté de la piste sera le départ enfin officialisé du bassiste et membre fondateur du groupe Randy MEISNER après une énième dispute avec le guitariste Glenn FREY, ce dernier lui intimant lors d’un concert d’aller chanter « Take It To The Limit » en rappel, un des morceaux favoris du public à chaque show, alors que MEISNER est souffrant. La fin de la tournée s’effectue tout de même avec lui mais dans une ambiance de guerre froide larvée. Aussitôt celle-ci terminée, il se voit remplacé par une connaissance du groupe, le bassiste de Poco Timothy B. SCHMIT. Le nouvel arrivant ne tarde pas à amener au groupe le brouillon pour son dernier single rentré au top 10 : le jazzy « I Can’t Tell You Why », le « Riders On The Storm » des EAGLES en quelque sorte. Mais ce titre n’est que l’arbre qui cache la forêt. Les musiciens errent dans les studios d’enregistrement comme des fantômes, démotivés, connaissant pour la première fois le syndrome de la page blanche. Extrêmement douloureux à enfanter, comme l’indique son titre, « The Long Run » n'est concrétisé que 2 ans après son initialisation, en 1979.

C'est l’album d’un groupe en fin de cycle, fatigué par près de 10 années de vie dissolue et par les critiques incessantes qui le ringardisent alors que dans le même temps les amis de FLEETWOOD MAC, de la même appartenance soft-rock, sont portés aux nues. Les énergiques concerts du Boss SPRINGSTEEN ainsi que la fraîcheur et la spontanéité de la vague punk sont passés par là, les EAGLES ne sont plus dans le vent avec leur country-rock ciselé et leurs shows millimétrés. « The Long Run », comme le noir uni de sa pochette l’indique, trimballe une humeur maussade, désenchantée, comme en deuil. Pour la première fois, le groupe, malgré l’exigence de Don HENLEY, se laisse aller à la facilité et au remplissage : ce sont le lourdaud et lourdingue « Teenage Jail » et son solo de synthétiseur ou le grotesque « The Greeks Don’t Have No Freeks » et ses chœurs ridicules. Même le premier single tiré du disque « Heartache Tonight » sonne téléphoné avec son ambiance de saloon désuet, bien que le grand public ait été au rendez-vous, le titre obtenant un disque d’or et même un Grammy Award !

Quelques chansons tirent tout de même leur épingle du jeu, et dans des formes surprenantes. Le méconnu et crépusculaire « King Of Hollywood » trimballe son désabusement sur près de 7 minutes et nous donne à entendre un Don HENLEY dans un registre étonnamment grave, cette histoire d’un inlassable séducteur prenant sans doute une résonnance particulière voire autobiographique dans son cas. « Those Shoes » poursuit dans cette veine, avec une dose d’étrangeté supplémentaire matérialisée par l’utilisation à bon escient de la talkbox. Le crève-cœur « The Sad Café » se charge de sonner la mise en veille de l’entité EAGLES, une extrémité qui ne faisait plus aucun doute et qui durera près d’une décennie, permettant à chacun de mener des carrières solos plutôt lucratives. Ce titre, avec son déchirant solo de saxophone final, tire un bilan de l’aventure EAGLES, ses bons et mauvais moments, ses aubaines et infortunes, en se remémorant avec nostalgie les soirées au Troubadour des premières années – le fameux club de Los Angeles où le groupe retrouvait ses amis presque tous les soirs pour faire la fête, ce n’est autre que lui, le « Sad Café » … – et ceux pour qui la chance n’a pas souri autant qu’à eux.

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- Don Henley (batterie, percussions, chant)
- Glenn Frey (guitares, claviers, chant)
- Joe Walsh (guitares, claviers, chant)
- Don Felder (guitares, orgue, chant)
- Timothy B. Schmit (basse, chant)


1. The Long Run
2. I Can't Tell You Why
3. In The City
4. Disco Strangler
5. King Of Hollywood
6. Heartache Tonight
7. Those Shoes
8. Teenage Jail
9. The Greeks Don't Want No Freaks
10. The Sad Café



             



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