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Alanis MORISSETTE - Flavors Of Entanglement (2008)
Par MARCO STIVELL le 16 Septembre 2017          Consultée 585 fois

Trois ans sans écriture, c'est trop pour Alanis MORISSETTE. Si elle savait qu'après la fin de son contrat avec Maverick Records, marquée par la parution de ce cinquième et dernier effort, Flavors of Entanglement, elle n'allait pas tarder à espacer encore davantage ses publications !

Pour l'heure, elle vient d'écrire le joli "Wunderkind" pour le premier film de la saga Narnia, adaptation du roman de C. S. Lewis en 2005, l'année du Jagged Little Pill Acoustic également, et en 2006, les hostilités reprennent, mais la sortie de Flavors of Entanglement a du retard et n'arrive qu'en 2008. Sans égaler les records des débuts, loin s'en faut, il se vend à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires et rafle un Juno Award du meilleur album pop, preuve que le nom d'Alanis est toujours fédérateur, mais que peu à peu aussi l'artiste s'installe dans un rythme qui suscite davantage la sympathie que la fièvre.

Il ne serait point trop malvenu de dire combien on est content de revoir sa longue et belle chevelure ! On croirait presque que la demoiselle est revenue, treize ans plus tôt, au temps de Jagged Little Pill en se trouvant un alter-ego créatif du nom de Guy Sigsworth, producteur de BJÖRK et MADONNA. C'est pourtant cette approche qui peut facilement dérouter sur ce disque, même si Alanis affirme qu'elle voulait vraiment un son moderne.

Grande soeur a, du coup, fort peu de place pour des mélodies intimistes à la guitare folk, mais on garde quelques superbes moments aériens, à commencer par "Not as We" : un piano-voix réellement magique et qui donne lieu à un clip réalisé par James Whitaker, de toute beauté, Alanis montrée au bord de la mer. La version single contient d'autres instruments. Loin de là, "Citizen of the Planet" reprend l'idée d'une ouverture rock lourde et teintée d'influences world orientales à l'image d'"Eight Easy Steps" (album So-Called Chaos, 2004), mais en plus lent. Les cordes de Fiora Cutler se mêlent joliment aux guitares heavy bien grasses et Alanis retrouve son chant "fou".

L'album est plus sombre que les deux précédents, on sent qu'il se rapproche de Supposed Former Infatuation Junkie (1998), sauf bien sûr en termes de durée. Pour autant, le travail de Guy Sigsworth avec MADONNA transparaît facilement. "Straitjacket" en est le meilleur exemple, un genre de pop-dance assez inhabituel pour Alanis, pas désagréable mais quelque peu superficiel. Dans un genre électronique avec boucles dansantes, "Giggling Again for No Reason" est plus réussi, bien empreint d'une sensation de liberté et de promenade folle que les paroles mentionnent généreusement.

On pense aussi du coup à la "citoyenne de la planète" qui ne fait qu'effleurer les choses et jamais ne pose ses valises, même si là, le ton n'est pas le même. Reprenant une vieille habitude, le titre de l'album est extrait d'une chanson, l'étrange "Moratorium". Les "arômes de la confusion", "flavors of entanglement", décrits avec passion, évoquent un personnage qui a tendance à se refermer sur lui-même.

On est loin de la Alanis MORISSETTE des années précédentes et, en effet, ce disque a quelque chose de plus sombre. Il est d'ailleurs réalisé en petit comité, et ce malgré le gros son, avec juste Andy Page (guitares, programmations), Blair Sinta (batterie), Peter Freeman (basse) et Fiona Cutler en plus de Sigsworth aux claviers etc. Un titre comme "Versions of Violence" surprend par sa capacité à mêler les discours en profondeur de la belle demoiselle et des synthés qui zozotent, repêchés de la patronne de Maverick Records, MADONNA elle-même. Le pire, c'est que ça marche !

Cependant, c'est la lumineuse Alanis qu'on est heureux de retrouver mieux que tout autre chose – à part "Not as We" -, avec plein de sons de guitares acoustiques moins traditionnels que d'ordinaire sur les émouvants "Torch" et "Underneath", morceaux-phares de l'opus. Les mélodies sont splendides, ainsi que sur "In Praise of the Vulnerable Man", ode sincère aux hommes qui assument leurs faiblesses et reconnaissent leurs limites. Quelle chanteuse, quel modèle d'écriture ! N'oublions pas "Incomplete", final forcément un peu plus naïf et si mignon, comme d'habitude. Le côté sombre de Flavors of Entanglement peut dérouter à la base, mais on est bien en présence d'un Supposed Former en plus condensé.

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   MARCO STIVELL

 
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- Alanis Morissette (chant)
- Guy Sigsworth (synthétiseurs, piano, programmations)
- Sean Mcghee (programmations, choeurs)
- Andy Page (guitares, programmations)
- Peter Freeman (basse)
- Blair Sinta (batterie)
- Fiora Cutler (arrangements des cordes)


1. Citizen Of The Planet
2. Underneath
3. Straitjacket
4. Versions Of Violence
5. Not As We
6. In Praise Of The Vulnerable Man
7. Moratorium
8. Torch
9. Giggling Again For No Reason
10. Tapes
11. Incomplete



             



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