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Patti SMITH - Radio Ethiopia (1976)
Par DERWIJES le 25 Septembre 2017          Consultée 1513 fois

Si Horses n'a pas connu le succès lors de sa sortie, la bonne réception que lui fait la critique pousse Patti SMITH à continuer à mettre ses poèmes en musique. Très rapidement, le groupe, dont le line-up n'a pas changé, se remet au travail. Cette fois-ci, l'idée est de continuer dans la voie d'un punk teinté de garage-rock, tout en poussant plus loin certaines expérimentations musicales déjà commencées sur « Birdland » ou « Land » dans le premier opus. Mais paradoxalement, Patti SMITH veut aussi que cet album soit celui d'un succès commercial et d'une renommée depuis longtemps désirée, et c'est dans cette optique qu'elle travaillera plus avec le bassiste Ivan Kral, qui poursuit le même but, que son vieux comparse Lenny Kaye.

Mais lorsque l'album sort en 1976, à peine un an après Horses, le succès n'est toujours pas au rendez-vous, et pire, les critiques crachent sur cet album. Que lui reprochent t-ils ? Paradoxalement, d'être trop commercial et d'être inécoutable, trop plein d'expérimentations. Ajoutez à cela une mauvaise chute de scène de Patti lors d'un concert pour promouvoir l'album, et ce Radio Ethiopia prend des allures d'album maudit dans la discographie de la poétesse New-Yorkaise.

Pourtant, à l'écoute de ce second essai, l'on peut se demander si cette réputation est bien méritée. Avait t-il vraiment été écouté lors de sa sortie ? Le public, attendant un Horses 2.O., ne l'a t-il pas trop hâtivement jeté en pâture aux critiques qui se sont empressées de le jeter aux orties ? Charles Shaar Murray, du New Musical Express, ira jusqu'à le nommer « Album le plus décevant de l'année », témoignage de la mésentente entre la presse musicale et Radio Ethiopia.

Ce second essai à cepedandant des arguments à faire valoir. D'une façon assez intéressante, le chroniqueur JC Mosquito, officiant sur le site Something Else Review, propose une analogie entre cet album et le second du VELVET UNDERGROUND, White Light / White Heat. Une analogie qui va plus loin que la prédominance de noir sur la couverture : les deux albums font en effet suite à un premier album sorti en catimini, devenu culte avec le temps, et changent la formule du premier essai pour quelque chose de plus expérimental sur la seconde face du vinyle, le tout pour une réception critique plus que tiède.

Mais Radio Ethiopia n'est pas aussi expérimental qu'on veut le faire croire. Plus rock que punk, la première face peut-être divisée en trois diptyques : la très énergique « Ask the Angels » au refrain mémorable ouvre le bal, et est rejointe plus tard par « Pumping », un peu décevante par rapport à la première mais qui délivre aussi une énergie très communicative. Puis il y a les deux chansons qui se rapprochent le plus de ballades, « Pissing in a River » et « Distant Fingers ». Si la seconde a un riff de guitare aux relents reggae, elle est éclipsée par l'émotion surprenante émanant de Patti sur « Pissing in a River ». Enfin, se succèdent « Ain't It Strange », écrite avec Allen Lanier, petit ami de Patti et sectaire du Culte de l'Huître Bleue, et « Poppies », deux morceaux aux allures chamaniques, teintés d'une aura psychédélique tortueuse et torturée.

C'est surtout la chanson-titre qui est demeurée célèbre. Décrite comme étant « 10 minutes de bruit », elle reste aujourd'hui l'une des chansons préférées de son auteure et de ses fans. « Radio Ethiopia / Abyssinia» est une chanson ambitieuse où l'on sent poindre l'influence des DOORS, de John COLTRANE, des STOOGES et du VELVET UNDERGROUND. C'est une cacophonie de 10 minutes, remplie de bidouillages électroniques, qui s'apprivoise difficilement. On peut la rapprocher de « L.A. Fun » des STOOGES ou de « Sister Ray » du VELVET UNDERGROUND. Peut-être le morceau le plus difficile d'accès composé par le groupe, on aime ou on déteste.

Que retenir de Radio Ethiopia, quatre décennies après sa parution ? Loin d'être l'échec que beaucoup retiennent, c'est au contraire un album qui poursuit et finit ce qu'Horses avait commencé, la dernière vraie incursion du groupe dans l'expérimentation sonore avant de virer vers un son plus rapidement abordable, et tout aussi riche.

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   DERWIJES

 
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- Patti Smith (chant, guitare)
- Lenny Kaye (guitare, basse, chant)
- Jay Dee Daugherty (batterie, percussions)
- Ivan Kral (basse, guitare)
- Richard Sohl (piano)


1. Ask The Angels
2. Ain't It Strange
3. Poppies
4. Pissing In A River
5. Pumping (my Heart)
6. Distant Fingers
7. Radio Ethiopia
8. Abyssinia



             



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