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POP  |  STUDIO

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- Style : The Zombies , The Kinks , Harry Nilsson , Cheap Trick, The Monkees
- Membre : Paul Mccartney , John Lennon , George Harrison , Ringo Starr
 

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The BEATLES - Revolver (1966)
Par A.T.N. le 2 Avril 2011          Consultée 5749 fois

La fusée Beatles est à plusieurs étages. Pendant ces 8 ans où tout est allé à une vitesse supersonique, il y a eu l’éclosion (avec la Beatlemania pour conséquence), puis l’affirmation de leur talent de compositeurs (A Hard Day’s Night). Nous abordons ici le 3ème étage : le départ vers de nouveaux territoires, de nouveaux sons, les premiers pas dans la liberté qui va les amener à créer ce style, la musique pop. Leur fin de carrière découlera de Revolver, dont les arrangements s’avéreront trop complexes pour être joués en concert, avec la conséquence que l’on sait : le studio va devenir leur unique lieu de travail.

Vous devez en avoir marre de voir ces 5 étoiles attribuées à chaque galette des Fab Four… mais comment faire autrement ? Il y a tant de raisons d’apprécier un album pareil, il y a tellement de niveaux de plaisir…

Le premier niveau est facile à saisir: c’est celui des mélodies, des chansons, comme sur les œuvres précédentes. Ces couplets-refrains imparables, rythmés, aérés, sont le cœur de leur force. Impossible de ne pas mémoriser instantanément le refrain de kermesse du sous-marin jaune, les couplets de « And Your Bird Can Sing », l’intro d’ « Eleanor Rigby », le riff de « Taxman », la mélancolie de « For No One », l’attachante flemme de « I’m Only Sleeping »… Que des morceaux de 2 minutes, plus riches que des millions d’autres qui font le double. Tout est équilibré, immédiat, et donne l’impression que ces mélodies erraient dans le cosmos et ne demandaient qu’à couler dans nos oreilles par l’intermédiaire des ces porte-paroles anglais.

Le deuxième niveau de plaisir est l’exécution de ces chansons, et la perfection vers laquelle elles tendent toutes. Les « Anthologies » et autres bootlegs nous ont permis de vérifier ce que l’on pressentait : chaque morceau est abouti, et les Beatles ne s’arrêtent jamais à la première version du morceau qu’ils ébauchent. Même si la mélodie est là, que le couplet et le refrain sont équilibrés, la question se posera toujours : piano ou guitare ? Clavecin ou cuivres ? Une voix ? Deux ? Trois ? Ralenti, accéléré ? Quel son donner à quel instrument ? C’est ce travail de passionnés qui accouche de chansons parfaites, jouées par un groupe qui n’arrête pas de bosser malgré l’immense gloire, emmené par un McCARTNEY qui commence à prendre le pouvoir. Pour la première fois, un membre du groupe passe du temps derrière la vitre des ingénieurs du son. La curiosité musicale de Paul, son intérêt pour la technique, son perfectionnisme vont prendre le pas sur le leadership naturel et artistique de John. Nos oreilles peuvent se régaler de la basse rapide et gommeuse de « Taxman », du clavecin de « For No One », des trompettes motown de « Got To Get You Into My Life », des 3 voix qui forment les chœurs de « Here, There and Everywhere »...

La troisième raison de prendre son pied est la variété des morceaux, le fait que l’album visite différents styles, sons, textures, ambiances – même si la guitare électrique domine davantage que sur Rubber Soul, aux accents plus folk. Impossible de se lasser une seconde : le rock très agressif de « Taxman » laisse la place à la merveille absolue qu’est « Eleanor Rigby », jouée uniquement par un quatuor à cordes, arrangée par George Martin sous la direction de McCARTNEY. Un bijou. Unique. Ecoutez la version sans les voix sur l’ « Anthology », c’est les vertiges garantis. On se promène dans la nonchalante « I’m Only Sleeping », la berceuse empruntée aux anges « Here, There and Everywhere », pour arriver sur la fanfare de « Yellow Submarine », avant de reprendre les cocottes de guitares de « She Said She Said » ou de « And Your Bird Can Sing »… le piano grave et patachon de « Good Day Sunshine » est un beau contrepoint aux discrets accord de « For No One »… Revolver est un kaleidoscope épatant.

Enfin, le plaisir est décuplé quand on réalise le niveau d’innovation, quand on pense à l’audace de cet enregistrement : ce disque date de 1966. C’est fou ! A-t-on entendu auparavant un titre pop sans autres instruments qu’un quatuor à cordes ? De la guitare enregistrée à l’envers ? Une basse dont l’ampli sert de micro pour un son rond et diffus ? Une trompette classique pour accompagner un thème (préfigurant le solo mythique de « Penny Lane ») ? Des bruitages de pistons, de bulles et d’écume pour illustrer la croisière d’un sous-marin ? De la voix diffusée à l’envers ? Des tablas ? Quant à « Tomorrow Never Knows », cet ovni époustouflant enregistré au début des sessions de Revolver sous l’impulsion d’un John en pleine frénésie créatrice (« Fais moi sonner comme si je chantais depuis le haut d’une montagne » faisaient partie de ses instructions), il a un demi-siècle d’avance. Il pourrait sortir aujourd’hui, on dirait chapeau. Le son de la batterie, l’utilisation de boucles répétitives, l’écho, les bruitages et claviers… On ne peut que s’imaginer ce qu’ont ressenti les personnes ayant acheté le disque il y a 45 ans, arrivant au bout de cette deuxième face et se disant « c’était QUOI, ce truc ?? ».

Même la pochette (un dessin plutôt qu’une photo) était une révolution pour l’époque.

Des générations de musiciens leur disent merci !


A lire pour tous ceux que ça intéresse : « Here There and Everywhere : my life recording the music of the Beatles », par l’ingénieur du son Geoff Emerick. Passionnant !

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   A.T.N.

 
   ERWIN
   MARCO STIVELL

 
   (3 chroniques)



- John Lennon (chant, guitare rythmique, chœurs)
- Paul Mccartney (chant, basse, piano)
- George Harrison (guitare solo, sitar, chœurs, chant)
- Ringo Starr (batterie, chœurs, chant)
- George Martin (claviers, orchestration)


1. Taxman
2. Eleanor Rigby
3. I’m Only Sleeping
4. Love You To
5. Here, There And Everywhere
6. Yellow Submarine
7. She Said She Said
8. Good Day Sunshine
9. And Your Bird Can Sing
10. For No One
11. Doctor Robert
12. I Wan To Tell You
13. Got To Get You Into My Life
14. Tomorrow Never Knows



             



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