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The BEATLES - The Beatles 1962/1966 (1973)
Par LONG JOHN SILVER le 11 Février 2015          Consultée 4631 fois

Franchement quand on s’est alloué la mission de chroniquer la double compilation- rouge et bleue- des vous savez qui (sinon dehors !), on regrette quelque peu de n’avoir pas refréné un poil son enthousiasme parce qu’une fois devant la page enneigée on se demande vraiment par quel bout prendre cet objet devenu tellement familier. Il est désormais devenu une boite à histoires, petites ou grandes, personnelles ou universelles, anecdotiques et décisives, qui pose un son sur ces moments où tout chavire en soi-même d’abord mais aussi (et bien avant cela) pour ses créateurs et associés, pour le nombre de musiciens qui se découvrirent après que « I Want To Hold Your Hand » ait mis l’Amérique sur les genoux, pour le Monde enfin, dont l’ordre fut quelque peu bouleversé avec l’avènement de quatre garnements -dont deux authentiques prolos- éclos sur les bords de la Mersey.

L’histoire personnelle, parfaitement anecdotique met en scène deux collégiens qui causent musique en classe au lieu d’écouter la prof et décident de sécher les cours l’après-midi pour aller écouter des disques. Celui qui possède les deux compiles décide de faire découvrir à son pote les quatre galettes réparties sur deux albums à la présentation similaire où on découvre deux clichés du groupe pris au même endroit à quelques années d’intervalle, les looks ont changé, la magie a perduré.
Le coup de foudre est instantané, le temps a suspendu son vol comme lorsque retentit l’harmonique cristalline qui clôt le solo sur « Nowhere Man »... n’est-il pas un peu comme vous et moi, cet homme ? Ce qu’on ressent est indescriptible, on ne comprend pas tout, pas encore, mais cette musique nous accompagne aussitôt, elle nous parle, elle parle en nous, elle parle avec nous. L’homme de nulle part encore ado complexé qui découvre l’acné, y a trouvé une base où se réfugier, quatre amis pour la vie et une passion inextinguible : la musique.

Mais revenons à nos garçons en passant par « Love Me Do » chanson par laquelle tout a commencé. Il s’agit là d’une bluette au texte certes niais mais qui trouvera son écho dans les derniers vers-bien plus profonds- du medley qui clôt « Abbey Road », c’est aussi une affirmation (déjà) du caractère des boys qui refusent de sortir un titre (« How Did You Do It ») qu’il n’avaient pas écrit eux-mêmes. Aucune reprise ne figure sur les deux compilations d’ailleurs, chose tout à fait remarquable s’agissant d’un groupe des années 60.
Puis la musique évolue, on part d’un mélange de rock’n’roll, de skiffle, de musique black-américaine (« Love Me Do », « All My Loving » « Can’t Buy Me Love »...) et de pas mal de chanson populaire, pour élargir considérablement la palette avec des arrangements classiques (« Yesterday », « Eleanor Rigby », «In My Life »), du sitar (« Norwegian Wood ») en passant par des titres épurés (« You’ve Got To Hide Your Love Away », du John sous influence Dylan, « And I Love Her » au feeling latino et première ballade écrite par Paul).
Les textes simplistes du début cèdent la place à des récits plus personnels ( « In My Life »), à des chroniques sensibles (« Eleanor Rigby ») et font filtrer en douce des allusions potaches sans encourir la censure (les « tit » sur « Girl »).
Le gros son arrive plus tard, avec les drogues (« Day Tripper » authentique chanson de défonce, « Paperback Writer »), la touche psychédélique aussi.

Parce qu’il faut bien en parler du son. Les BEATLES, s’ils sont des musiciens curieux et inventifs, de remarquables chanteurs (au moins pour trois d’entre eux), des compositeurs dotés d’une inspiration quasi divine, n’en n’ont pas moins bénéficié de l’aide et surtout de la compréhension et de l’abnégation (presque) sans limites de types tels que George Martin aux manettes, assisté d’abord par Norman Smith ( futur producteur de PINK FLOYD et des PRETTY THINGS) lui même parfois secondé par Geoff Emerick, jeune apprenti ingénieur du son qui lui succédera en 1966.
Ça commence en douceur avec des suggestions judicieuses comme : « et si on accélérait le tempo de la chanson pour la rendre moins monotone ? ( et « Please Please Me » devint une tuerie) ». On conserve un bruit parasite (le larsen de « I Feel Fine ») ou on commence par le refrain(« She Loves You ») ou en montant progressivement le volume sur l’intro (« Eight Days A Week »). Et puis ça devient la fête au village : on superpose guitare et piano sur une bande qu’on passe à vitesse accélérée (le solo de « Hard Day’s Night ») ; on applique le même traitement au piano seul, lequel se transforme en clavecin (« In My Life »), on détourne un haut-parleur en microphone pour obtenir un son de basse énorme (« Paperback Writer »), on coupe des bandes en petit morceaux qu’on mélange pour éviter de payer des droits sur un air de fanfare(« Yellow Submarine »).
C’aurait pu très mal tourner d’ailleurs, en dehors du fait que les BEATLES et leur équipe technique bidouillaient dans leur coin sans en référer à la direction des studios laquelle n’admettait nul autre traitement du matériel que celui édicté par une charte stricte (donc ridicule), l’idée d’immerger un microphone dans un bocal d’eau pour obtenir des sons aquatiques ayant failli se révéler tragique… tous les électriciens l’auraient prédit.

Alors, on peut décréter que je m’emballe, on parle d’une compile après tout. Sauf que bon nombre de ces chansons sont parues en single, avant d’être éparpillées sur diverses compilations à la cohérence douteuse. Les rassembler était imparable, le label à la pomme, un poil à la ramasse, ne s’en plaindra pas. Et puis ici, le travail du compilateur est absolument remarquable, la progression chronologique pour classique qu’elle apparaisse nous permet d’effectuer en peu de temps, le voyage en compagnie des quatre jeunes garçons mis en une sur le premier cliché vers la photo où s’affichent les quatre jeunes hommes matures qui vont bientôt mettre fin à la plus fantastique aventure musicale du 20e siècle.
Les tables de la pop moderne s'élaborent ici, dans cette musique qui émerge au début des 60's (le terme pop est dérivé de « pop up » et non de « popular ») puis qui a submergé la planète pour mieux transporter les foules et cela à une rapidité foudroyante.
La première partie s’achève sur une chanson ouvertement dédiée aux enfants, la seconde parue simultanément nous emmène vers l’âge adulte et n’en est pas moins passionnante.

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   LONG JOHN SILVER

 
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- disque 1
1. Love Me Do
2. Please Please Me
3. From Me To You
4. She Loves You
5. I Want To Hold Your Hand
6. All My Loving
7. Can't Buy Me Love
8. A Hard Day's Night
9. And I Love Her
10. Eight Days A Week
11. I Feel Fine
12. Ticket To Ride
13. Yesterday
- disque 2
14. Help !
15. You've Got To Hide Your Love Away
16. We Can Work It Out
17. Day Tripper
18. Drive My Car
19. Norwegian Wood (this Bird Had Flown)
20. Nowhere Man
21. Michelle
22. In My Life
23. Girl
24. Paperback Writer
25. Eleanor Rigby
26. Yellow Submarine



             



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