Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK PSYCHEDELIQUE  |  STUDIO

Commentaires (13)
Questions / Réponses (1 / 6)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : The Zombies , The Kinks , Harry Nilsson , Cheap Trick, The Monkees
- Membre : Paul Mccartney , John Lennon , George Harrison , Ringo Starr
 

 Yellow-sub.net (1294)

The BEATLES - Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967)
Par A.T.N. le 15 Novembre 2010          Consultée 6492 fois

Nancy, merci.

Tu t’appelles Nancy Johnson. Née à Philadelphie en 1950, tu as, bien sûr, demandé à tes parents de t’acheter tous les disques des BEATLES. Un peu réticents au début, ils ont adoubé ce petit groupe de jeunes depuis « Yesterday » et sont ravis que la musique que tu écoutes ne soit, finalement, pas si mauvaise que ça, même si tous ces cheveux longs leur font peur. Un jour, le 16 août 1966, tu as enfin pu aller les voir, au stade ! Avec les copines, vous en avez parlé pendant des semaines, sans vraiment réaliser qu’ils allaient être là, devant vous, pour de vrai. Ils sont tellement… Ils sont si… cette canaille de John… ce doux rêveur de Paul… leurs voix… Impossible de penser à autre chose de tout l’été.

Tu essaies de te souvenir. Ce qui s’est passé reste un peu flou dans ta mémoire… l’arrivée au Philadelphia Stadium, les groupes qui ont précédé, puis l’arrivée des 4 garçons… combien de temps ont-il joué ? Tu ne sais plus. Quelles chansons ont-ils chantées ? Aucune idée… Toi et Deborah, Susie et Barbara, vous avez crié, crié, tout le temps. Il fallait que ce bonheur sorte ! Ils étaient là ! En chair et en os ! Après toutes ces années à les voir en photo en écoutant les 45 tours… A un moment tu pleurais, même. Puis tu t’es remise à crier.

Nancy, toi et tes amies, MERCI. Du fond du cœur. Votre dévotion totale, votre contribution collective à cette Beatlemania incandescente, vos hurlements incessants pendant les concerts des Fab Four ont changé l’histoire de la musique : tout cela a conduit John LENNON et Paul McCARTNEY, à leur retour de leur tournée américaine de 1966, à décider que les BEATLES ne joueraient plus jamais en public. Pour ces artistes passionnés par la création, ces tournées viraient au cauchemar total : non seulement le harcèlement des fans et le rythme effréné des concerts était totalement épuisant, mais même le plaisir de jouer leur musique était inexistant, ils n’entendaient RIEN. La voix, les instruments, que dalle.

Quand ils rentrent en studio, à l’automne 1966, révolution de palais. Comme les titres qu’ils doivent enregistrer pour le prochain album n’auront pas besoin d’être joués en live, ils peuvent les orchestrer comme ils le veulent. Et ils prendront le temps de le faire. Pour n’importe quel autre artiste, la maison de disques aurait ricané et renvoyé les jeunes à leur job : pondre du hit. Mais les BEATLES rapportaient à EMI des sommes astronomiques, et le temps de studio leur a été accordé. Une première dans l’histoire.

Ils vont cependant devoir d’abord s’acquitter de leur devoir : sortir un 45 tours. Et c’est le cosmique "Strawberry Fields / Penny Lane" qui sort. Tout simplement le plus grand ‘single’ de l’Histoire, mais ce n’est pas le sujet (et je suis lyrique si je veux, c'est ma chronique, merde, chier).

Dans la foulée de cette performance éblouissante, John et Paul commencent à travailler sur les compositions qu’ils soumettent comme d’habitude à leur producteur, George MARTIN. Sur la lancée de leurs innovations sonores sur Revolver (guitares enregistrées à l’envers, voix transformées, double quatuor à cordes, boucles sonores…), le mot d’ordre est de faire en sorte que « les guitares ne sonnent pas comme des guitares, le piano pas comme un piano ».

Au final, pas d’album-concept comme on peut le lire ici ou là. Certains morceaux s’enchainent, ce qui constitue peut-être une première, et qui en soi a permis d'ouvrir des horizons pour la pop... Mais pas de réelle cohérence dans ce disque où les BEATLES se retranchent derrière un groupe fictif, comme un écran protecteur face à cette popularité monstrueuse, jamais atteinte par aucun artiste auparavant. Là aussi, innovation dingue sur la pochette, pastichée mille fois depuis, ce qui fait presque oublier qu’elle était incroyablement originale pour l’époque. Combien d’adolescents se sont ils amusés à reconnaître un maximum de personnages ?

Dans cette période où l’exploration des outils du studio est la priorité, la mainmise de McCARTNEY (le plus passionné d’entre eux par la technique et l’enregistrement) s’entend. La basse est totalement centrale sur Sergeant Pepper’s. Elle était d'ailleurs toujours enregistrée en dernier, afin que ses vibrations ne dégoulinent pas sur le son des autres instruments. Ronde, mélodique et sautillante, elle est presque sur-produite. En cela, on sent que Macca a été influencé par Pet Sounds des BEACH BOYS, comme il l’a souvent affirmé. C’est lui qui secondera George MARTIN sur les séquences symphoniques, et qui s’investira à 200% dans le projet.

Mais il va nous parler du disque, ce con ??

Le disque est simplement la continuation de l’expression de leur génie. Il suffit de s’assoir et d’écouter ces merveilleuses mélodies enluminées par des chœurs parfaits, ces combinaisons d’instruments splendides, ces innovations sonores (sampling, utilisation du Mellotron, fuzzbox…), ces ambiances pionnières (le barnum de « Being for the Benefit of Mr. Kite ») ces couplets éternels entrecoupés de refrains dont on se demande comment le temps pourra les effacer… Il y a tant à dire ! « With a Little Help From My Friends » constitue, à bien des égards, une chanson parfaite. La cerise sur le gâteau est de l’avoir fait chanter par Ringo, pour qui les paroles sont écrites. C’est l’idée platonicienne de la chanson, qui contient tous les éléments constitutifs de sa perfection en 2 minutes : balancement, mélodie, équilibre, dialogue, justesse, légèreté, narration, chœurs, conclusion. Que l’on ait 8 ans ou 88 ans, que l’on habite à Stockholm ou Jakarta, ce petit morceau de vie s’ancre immédiatement dans la mémoire. « Lucy in The Sky With Diamonds » possède une poésie unique, et une intro dont la simplicité constitue une des marques du talent de ce groupe. Le rock qui envoie n’est pas en reste, avec un « Sergeant Pepper’s » inaugural bien carré, où McCARTNEY se casse la voix comme jamais (il sait TOUT chanter, ce mec…). « When I’m Sixty Four » éblouit par son orchestration classique (un trio de clarinettes), dans une comptine d’un charme fou, écrite par Paul à 16 ans.

Et il y a ce final hors du temps, hors du monde, de « A Day in the Life », issue du génie de LENNON (quel couplet parfait, encore un…), joué par un orchestre classique estomaqué de devoir jouer une progression libre entre deux notes, pour une explosion paroxystique suivie par un des accords les plus célèbres qui soient : ce mi majeur joué par 5 claviers simultanément, et dont l’écho s’évanouit jusqu’au bout du silence…

Dans mon carnet personnel, je ne place pas Sergeant’s au sommet. Le titre hindou de HARRISON « Within You Without You » m’ennuie et tombe comme un cheveu sur la soupe, « Good Morning, Good Morning » est trop pompière et manque de style, « She’s Leaving Home » est très belle mais lorgne un peu trop vers le sirupeux, ce qu’ils ne faisaient jamais…

Phil Collins, 16 ans en 1967, le disait dans le documentaire consacré en 1987 aux 20 ans de l'album : "Les Beatles ont ouvert les portes de différentes pièces et nous ont dit 'Allez-y ! Allez jouer dedans !' ". En tant que source d'inspiration, c'est l'équivalent musical de Citizen Kane, moi je dis.

Merci, Nancy !

A lire aussi en ROCK PSYCHEDELIQUE par A.T.N. :


HERE WE GO MAGIC
A Different Ship (2012)
Les nouveaux poulains de monsieur Godrich




MELODY'S ECHO CHAMBER
Melody's Echo Chamber (2012)
Joyeux Noël pour vos oreilles!

(+ 1 kro-express)

Marquez et partagez





 
   A.T.N.

 
   ERWIN
   MARCO STIVELL
   RED ONE
   WALTERSMOKE

 
   (5 chroniques)



- John Lennon (chant, guitares, piano, claviers, percussions)
- Paul Mccartney (chant, basse, piano, claviers, guitare)
- George Harrison (guitare solo, sitar, piano, tambourin, percussions)
- Ringo Starr (batterie, percussions, piano, chant)
- George Martin (claviers, piano, harmonium, orchestration)
- Mal Evans (piano, mouth organ, harmonium, percussion, chœurs)
- Sheila Bromberg (harpe sur “she’s leaving home”)
- Barrie Cameron, David Glyde, Ian Holmes (saxophones sur « good morning »)
- John Lee (cor sur « good morning »)
- Gordon Pearce (contrebasse, “she’s leaving” & “a day”)
- V. Lankshwarna (swordmandel, 'within you within you')
- Shambu-das (dilruba, 'within you within you')
- Ravi Shankar (dilruba & sitar, 'within you within you')
- Robert Burns (clarinette, 'when i'm sixty four', 'a day in the l)
- Henry Mackenzie (clarinette, 'when i'm sixty four', 'a day in the l)


1. Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band
2. With A Little Help From My Friends
3. Lucy In The Sky With Diamonds
4. Getting Better
5. Fixing A Hole
6. She’s Leaving Home
7. Being For The Benefit Of Mr. Kite!
8. Within You Without You
9. When I’m Sixty-four
10. Lovely Rita
11. Good Morning, Good Morning
12. Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (reprise)
13. A Day In The Life



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod