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NOVALIS - Brandung (1977)
Par WALTERSMOKE le 23 Octobre 2017          Consultée 156 fois

1977, la période prog de NOVALIS est déjà terminée. Le premier album du groupe allemand montrait un groupe plein de bonne volonté, le deuxième le montrait sous son véritable jour, et le troisième exhibait un NOVALIS brillant. Mais c'est fini avec Brandung. Parce qu'il s'agit de l'album du renoncement face aux vagues disco et punk ? Parce que l'inspiration fout déjà le camp ?

C'est ce qu'on aurait pu se dire, ce qu'on aurait dû se dire quand on a remarqué que NOVALIS s'est mis à ajouter le dangereux agent chimique « pop » dans sa potion magique. Sauf que tel un grand chef cuisinier japonais s'occupant d'un fugu, NOVALIS en a extrait le terrifiant poison quand il fut temps de le mêler à son rock progressif. Et donc, quand on écoute Brandung, on ne se dit pas « encore un qui chute », mais « bon sang, ils sont forts ces mecs ! ». Et en 1977, ça commence à signifier beaucoup, beaucoup dans les sphères progressives.

Mais restons sur NOVALIS. Depuis Sommerabend (1976), le groupe a eu la bonne idée d'embaucher un nouveau musicien en la personne du chanteur Fred Mühlböck, clairement pas le meilleur chanteur de tous les temps, mais au charisme musical certain. Il a déjà brillé sur le premier live du groupe, et revient donc côté studio pour mêler sa voix aux compositions de ses nouveaux compagnons de route. Sans offense pour Heino Schünzel, mais ce dernier n'était manifestement pas un bon chanteur, loin de là.

Brandung, c'est le premier album de la période pop-prog de NOVALIS. Soit la période la plus riche, aussi bien musicalement que financièrement, pour le désormais quintette. C'est là qu'il sort ses albums les plus fameux, en plus de Sommerabend dans les cercles progressifs de sang-pur. Brandung, en tant que premier album du lot, donne le la pour les 3 années à venir, et autant dire que l'avenir s'écrit déjà avec de grandes lettres. Pourtant, le premier morceau, "Irgendwo, irgendwann", n'est pas enclin à stimuler la confiance. Voilà donc NOVALIS qui sort une chanson pop au refrain entêtant, argh. C'est ça, le visage pop-prog soit-disant novateur et super intéressant ? Ben dis donc, à quoi ça doit ressembler les albums de prog ratés de l'époque, alors... D'un autre côté, en tant qu'ouverture, le morceau fait bien son office tout en charmant le public « lambda » (oui, un progueux pète plus haut que son cul) avec un rock simple et bien construit.

Le reste est bien meilleur. Il faut s'accrocher quand on n'est pas germanophone pour apprécier la beauté de la ballade "Wenn nicht mehr Zahlen und Figuren", mais la musique se suffit à elle-même tout du long. Le vrai sommet de l'album arrive cependant dès "Astralis", le morceau le plus progressif de Brandung. À force de guitares homériques et de synthés bondissants, NOVALIS continue à en mettre plein la vue sans pour autant devenir caricatural ou juste pénible. Cependant, il y a quelque chose de dérangeant ici. En effet, si NOVALIS devient plus efficace et mordant grâce à une vraie dynamique de groupe, il perd également en poésie, aussi bien dans le chant que dans la musique. Il devient dans un sens plus terre-à-terre, ce qui peut en faire tiquer plus d'un(e).

Enfin, Brandung tire son nom d'une des sous-parties de la suite "Sonnenwende", qui occupe la face B. Contrairement aux précédents exercices long format de NOVALIS, cette suite est divisée en quatre parties bien distinctes, alternant instrumental joyeux et limite folk ("Brandung"), pop sérieuse ("Feuer bricht in die Zeit") et rock progressif sensible ("Dämmerung"). On remarquera une nouvelle fois le talent de la bande à Lutz Rahn à travailler ses transitions inter-parties, offrant une lisibilité bienvenue et solidifiant un éclectisme maitrisé.

Brandung est un album plutôt court, surtout dans le genre (33 minutes), mais il n'en oublie pas pour autant d'être concis et pertinent jusqu'au bout. Il donne également une idée de ce vers quoi le rock progressif peut tendre après son âge d'or, et ce vers quoi tant de formations auraient dû aller. Et ce vers quoi est allé NOVALIS.

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- Fred Mühlböck (chant, flute, guitare)
- Detlef Job (guitare, chant)
- Lutz Rahn (claviers)
- Heino Schünzel (basse, chant)
- Hartwig Biereichel (batterie, percussions)


1. Irgendwo, Irgendwahn
2. Wenn Nicht Mehr Zahlen Und Figuren
3. Astralis
4. Sonnenwende
5. Brandung
6. Feuer Bricht In Die Zeit
7. Sonnenfinsternis
8. Dämmerung



             



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