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NOVALIS - Flossenengel (1979)
Par WALTERSMOKE le 26 Novembre 2017          Consultée 211 fois

Au moment de quitter les années 70, Novalis sort son opus major. Et oui, rien que ça. Le consensus général veut que le groupe allemand n'a jamais fait mieux que Sommerabend (1976), mais dans les faits, c'est avec Flossenengel que Novalis marque le plus de points. C'est d'autant plus remarquable qu'il le fait avec un album-concept, une espèce alors en voie de disparition dans les sphères progressives. Hohoho, on risque de bien rire pourtant. Allez, ça va être quoi ? Le combat d'un guerrier celtique contre un géant ? La quête initiatique d'un Cubain en Floride ?

Non : la défense des baleines – et par extension du monde marin.

Un sujet bien terre-à-terre en rock progressif. Et pourtant ô combien important. Il faut dire que l'opinion publique a vraiment commencé à s'éveiller à l'épineux problème à la fin des années 70. Et aujourd'hui plus que jamais, le sujet reste d'actualité. Il faut arrêter de chasser les baleines (koukou les Norvégiens et les Japonais), arrêter de les emmerder en saison de reproduction, arrêter de les enfermer dans tous ces Marineland ou Sealand de merde où les cétacés sont condamnés à crever la gueule ouverte entre quatre vitres qui les empêchent de vivre. Amis lecteurs et lectrices, si vous y allez de plein gré, sentez-vous coupables.

C'est donc ce point de vue qu'adopte Novalis tout du long des 45 minutes de Flossenengel (« les anges ailés » en allemand). On peut craindre au début le long pensum « bien-pensant » sur une musique larmoyante et au final franchement pénible. Ou bien honnête mais totalement kitsch, cf. Yes en 1978 avec le single "Don't Kill the Whale". Et bien non, le seul véritable gros défaut, c'est une production plus solide et chatoyante – et encore, c'est un meilleur boulot par rapport aux albums précédents.

Flossenengel brille avant tout par son engagement (rappelons que les recettes des ventes sont allées directement à la WWF), qui s'exprime par une alliance naturelle (c'est le mot) entre une poésie écrite intéressante et une musique visiblement très inspirée et cohérente, qui ne fait pas l'erreur de sombrer dans un pathos ridicule. On peut ainsi directement parler de "Im Netz", véritable et sinistre pivot de l'album. Sinistre, car lorsque le chant arrive dans ce long pavé progressif (8 minutes, quand même), il est accompagné de choeurs répétant à l'envi « Im Netz gefangen, seiner Freiheit beraubt » [1]. L'effet est saisissant, et traduit bien la détresse de savoir des cétacés tués par les filets des chalutiers, sans être pesant ou trop moralisateur. Ailleurs, c'est avec une douceur plutôt positive que Novalis parle, avec l'instrumental "Walzer für einen verlorenen Traum", ou le morceau-titre, une ballade sympathique – même si au fond, c'est le point faible de l'album.

Mais quand il s'agit de faire parler la poudre, Novalis n'est pas le dernier, en témoignent les brûlants "Alle wollen leben" et Sklavenzoo" (rien que ce titre, bon sang [2]), mais aussi et surtout Rückkehr. Si Im Netz est le pivot de Flossenengel, "Rückkehr" est pour sa part l'homme du match, avec une mélancolie renforcée par la même mélodie utilisée sur l'introduction "Atlanto" (un grand moment instrumental, d'ailleurs), et qui devient de plus en plus rapide et virulent, jusqu'à un final où un Fred Mühlböck rageur se lâche et libère toute la colère qu'il pouvait garder en lui, toute cette envie de la nature de (sur)vivre, et qui se prolonge sur le coda "Ob Tier, ob Mensch, ob Baum".

Avec Flossenengel, Novalis réussit le pari casse-gueule de l'album engagé ET musicalement pertinent à la fois. Un exploit qui ne doit pas faire oublier la cause ici défendue, et toujours (et hélas) d'actualité. Un opus major dans tous les sens du terme donc, musicalement comme moralement ? À n'en pas douter, c'est sûr. Par contre, dans la carrière de Novalis, cela sonne comme le sommet qui précède l'inexorable chute.

[1] : « Pris dans les filets, leur liberté dérobée »
[2] : « le zoo des esclaves », rien que ça

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- Fred Mühlböck (chant, guitare)
- Detlef Job (guitares, chant)
- Lutz Rahn (claviers)
- Heino Schünzel (basse, chant)
- Hartwig Biereichel (batterie, percussion)


1. Atlanto
2. Im Brunnen Der Erde
3. Brennende Freiheit
4. Im Netz
5. Flossenengel
6. Walzer Für Einen Verlorenen Traum
7. Sklavenzoo
8. Alle Wollen Leben
9. Rückkehr
10. Ob Tier, Ob Mensch, Ob Baum



             



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