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NOVALIS - Novalis (1975)
Par WALTERSMOKE le 19 Octobre 2017          Consultée 114 fois

En général, quand on donne le nom de son groupe à un album, c'est le premier qu'on sort. C'est très efficace la plupart du temps, ça aide quand on n'a pas trop d'idées pour nommer son premier bébé – Dieu merci, on ne fait pas ça avec de VRAIS bébés. Sauf qu'en ce qui concerne Novalis, son album du même nom, et bien... c'est le deuxième, ce qui peut laisser perplexe. Cependant, c'est tout à fait logique. Après un premier opus honnête mais pas brillant (Banished Bridge, 1973), le groupe se remet en question, avant d'entamer une mue radicale. En dehors des changements de musiciens (on en reparle plus bas), Novalis va surtout, sous l'influence du collègue Achim Reichel, se donner au rock progressif chanté en allemand. Après tout, pourquoi pas, puisque le marché anglais semble hors d'atteinte, autant tenter sa chance au pays, et donc, chanter dans une langue qui parlera au public local.

Ainsi renait donc Novalis en 1975, avec son album-titre. Le début d'une belle aventure au pays où le rock progressif a encore eu de beaux jours là où son père anglais se pètera les genoux. Et la première écoute ne trompe pas : on a là quelque chose de meilleur que Banished Bridge car bien mieux assumé et plus inspiré. Cependant, le changement n'est pas radical. Outre l'ajout massif de claviers (surtout le Minimoog sur "Sonnengeflecht"), Novalis vire son premier chanteur en échange de deux guitaristes, Detlef Job et Carlo Karges. Si le premier est un petit nouveau, le second a déjà sévi au sein de Tomorrow's Gift, et contribue d'ailleurs de manière assez intense à l'écriture.

Novalis, l'album, est donc un nouveau départ que l'on pense complet. Mais en fait, il ne l'est pas tant que ça. En effet, on reste dans un prog plutôt proche des premiers pas, les guitares électriques et une production plus moderne en plus. Quant au chant, ce n'est pas (pour le moment) LA plus-value qui vaut le détour : non seulement Heino Schünzel ne chante pas très bien, mais en plus on ne l'entend finalement que peu (à la basse, c'est une autre histoire). Ceci explique cela, toutefois, et donc ça laisse bien plus de place à des instrumentaux qu'on espère quand même bien goûteux.

Et ils le sont. Tout le monde chez Novalis fait preuve de bonne volonté pour aiguiser ses instruments et jouer une musique au moins aussi inspirée que la pochette, qui remplit par ailleurs le cahier des charges prog. Ceci étant, ça commence « mal » avec le synthé sur "Sonnengeflecht", qui fait se demander si Lutz Rahn n'avait pas mieux à proposer avec un Minimoog. Mais au moins a-t-il le mérite de donner envie d'écouter le reste. Novalis (l'album) parvient à maintenir l'intérêt de l'auditeur tout au long de ses 35 minutes... ou presque. "Wer Schmetterlinge lachen hört", au titre certes poétique, est bien trop proche des errements de Banished Bridge dans ses passages chantés, au point qu'on a l'impression d'être retourné dans les limbes de la variété. Encore heureux que les claviers et guitares savent alterner de puissants solos pour justifier un coup d'oeil. En somme, c'est le "Firth of Fifth" de Genesis, en beaucoup, beaucoup moins prenant et réussi. Les deux autres longues pièces de l'album sont cependant plus réussies, montrant que Novalis (le groupe) n'est pas un groupe potentiellement bon, mais concrètement bon.

Avec le recul, on se dit que mieux vaut tard que jamais, que Novalis a su sortir un véritable « premier » album pour qui l'adjectif « prometteur » appartient déjà au passé tant il a fait ses preuves et nécessite ensuite de meilleures compositions. Dès lors, les choses sont claires pour le futur : ou bien le groupe prend encore le temps de se perfectionner, ou bien il sort immédiatement ce qui pourra être considéré a posteriori comme son opus major.

Note réelle : 3,5/5

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- Lutz Rahn (claviers)
- Carlo Karges (guitare, claviers)
- Detlef Job (guitare)
- Heino Schünzel (basse, chant)
- Hartwig Biereichel (batterie)


1. Sonnengeflecht
2. Wer Schmetterlinge Lachen Hört
3. Dronsz
4. Impressionen
5. Es Färbte Sich Die Wiese Grün



             



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