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NOVALIS - Vielleicht Bist Du Ein Clown (1978)
Par WALTERSMOKE le 22 Novembre 2017          Consultée 113 fois

Quand on est un jeune fan de rock progressif, on a tendance, dans notre connerie, à penser que le genre aurait toujours dû rester le même, que tout ce qui a été fait entre 1969 et 1977 est la quintessence même de toute la musique, et donc que sortir des clous mène forcément à la catastrophe (et ne parlons même pas de l'idée d'aimer un autre genre, brrr). Et il est difficile de prétendre le contraire, au vu de 1978, l'annus horribilis. Cependant, les groupes qui sont tombés à la fin de la décennie n'étaient pas forcément incapables de faire de la pop par exemple, c'est juste qu'ils ne s'y sont pas assez intéressés, par dédain ou par manque d'intérêt. Et statistiquement, il existe des groupes qui ont su négocier le virage avec brio, en témoigne NOVALIS.

Quoique je triche un peu. En effet, NOVALIS avait déjà commencé à mettre de l'eau dans son vin depuis quelques temps, et ce n'est pas Brandung (1977) qui dira le contraire. À partir de là, on ne doit pas s'étonner de la tournure pop-prog de l'opus suivant, Vielleicht bist du ein Clown. D'un point de vue structurel, l'album est dans la droite lignée de ce à quoi on pourrait s'attendre d'un groupe de rock progressif : six morceaux, dont la plupart franchissent allègrement les 4 minutes réglementaires de la pop.

Et pourtant, NOVALIS sonne encore plus pop-rock que sur Brandung. Il ne faut pas se laisser avoir par "Der Geigenspieler", qui est la seule véritable fresque prog de l'album. Une fresque d'ailleurs fort réussie même si la transition entre la première moitié, lente et contemplative, et la seconde, plus rapide et épique, n'est pas la meilleure qu'on aura entendu. Mais en 1978, c'est déjà pas si mal de pondre pareil morceau. Le reste de l'album ? De la pop-prog à plus savoir quoi en faire. On note cependant une certaine symétrie, surtout quand on possède une version vinyle, puisque le deuxième morceau de chaque face est un instrumental et chaque face se termine sur un morceau franchement pop. Dans le premier cas, "Zingaresca" permet de bien digérer "Der Geigenspieler" grâce notamment à une inclination à une musique légèrement plus jazzy qu'à l'ordinaire, tandis que "City Nord" est de facture plus classique, avec une froideur qui ne laisse pas indifférent, dans le sens « positif » du terme ; en revanche, six minutes, ça peut paraître un poil longuet, surtout pour un instrumental sans changement de thème.

Côté « vraies chansons », on a tout à fait le droit de trouver "Manchmal fällt der Regen eben lang" tarte, ou "Die Welt wird alt und wieder jung" un peu trop larmoyant dans le genre « ballade au piano ». Il n'empêche que ces chansons montrent que NOVALIS est capable de se jeter à corps perdu dans la pop sans perdre son âme ni faire nawak. Mais le vrai sommet de Vielleicht bist du ein Clown, c'est son morceau quasi-éponyme. Une véritable cavalcade au refrain certes ardu (surtout à chanter), mais qui tient en haleine jusqu'au bout. Ce n'est quand même pas la meilleure chanson de NOVALIS, ou en tout cas pas la plus travaillée, mais quand même, on sent à son écoute qu'il se passe quelque chose.

Vielleicht bist du ein Clown a sans doute plongé dans le désarroi les fans de la première heure, ceux qui sont restés bloqués dans le passé. Mais si tout progrès n'est pas forcément bon à prendre, NOVALIS a su éviter les pièges durant sa carrière, au moins jusqu'en 1978. Et c'est ça qui est bien avec le prog allemand, cette capacité à se renouveler et à s'abâtardir sans devenir pénible.

Mais maintenant, il faut un opus major.

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   WALTERSMOKE

 
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- Fred Mühlböck (chant, guitares, flute)
- Detlef Job (guitares, chant)
- Lutz Rahn (claviers)
- Heino Schünzel (basse, chant)
- Hartwig Biereichel (batterie, percussions)
- +
- Tommy Goldschmidt (percussions sur 1 et 2)
- Walter Quintus (violon sur 1)


1. Der Geigenspieler
2. Zingaresca
3. Manchmal Fällt Der Regen Eben Lang
4. Vielleicht Bin Ich Ein Clown
5. City Nord
6. Die Welt Wird Alt Und Wieder Jung



             



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