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Michael ROTHER - Lust (1983)
Par WALTERSMOKE le 31 Mai 2018          Consultée 158 fois

Michael ROTHER en solo, c'est chiant.

Et n'essayez pas de me faire dire le contraire, ou alors c'est que vous n'avez pas écouté son œuvre entre 1977 et 1982. L'ex-membre de NEU! a beau être un génie dans ce monde riche et varié qu'est le krautrock, ses quatre premiers albums studio sont pénibles tant il décline ad nauseam sa musique calme et répétitive, à bases de guitares mélodiques sur un beat CAN-esque efficace mais pas flamboyant. D'ailleurs ne vous étonnez pas, camarades lecteurs et lectrices, de ne trouver que Flammende Herzen (1977) dans nos colonnes, étant donné que je n'ai pas eu la foi d'écrire sur Sterntaler (1978), Katzenmusik (1979) et Fernwärme (1982). Ou bien une âme charitable l'aura fait à ma place.

Fort heureusement, ROTHER n'allait pas stagner toute sa vie ainsi, et 1983 sonne comme l'année où tout a basculé. Exit la musique bourrée de guitares, exit aussi Jaki Liebezeit puisque la musique électronique de l'époque permet de s'affranchir des batteurs, le changement c'est maintenant. Ainsi, c'est cette fois vraiment tout seul que Michael ROTHER sort Lust, un album montrant enfin une évolution. Quoique... vraiment ?

Michael ROTHER, en fin de compte, ne change pas tellement sa recette au fond. C'est toujours ce même rock ambient, pas tellement prise de tête, et par moments contemplatifs. La différence majeure, c'est donc l'ajout massif de sons électroniques, époque contemporaine oblige, quand bien même la guitare garde un rôle proéminent. Et c'est bien connu, quand on a de nouveaux joujoux, on passe son temps à faire tout et n'importe quoi avec. C'est plus ou moins le cas, dans le sens où ROTHER parvient à créer un album moins homogène et répétitif qu'à l'accoutumée. Et même si les sons accusent leur époque, ils n'en demeurent pas moins charmants et contribuent à créer un arrière-plan musical agréable.

Afin de mieux comprendre en quoi ROTHER a fini par s'améliorer, l'idéal est d'écouter "Palmengarten". Le maître mot ici est « mélancolie » sur cette ouverture. Bien entendu, il faut une oreille rodée aux sonorités d'époque pour pleinement l'apprécier, mais force est de constater qu'il y a de l'émotion dans ce morceau répétitif, limite crépusculaire. Du grand art, en somme, venant de la part de ROTHER. Le reste de Lust est plus coloré, plus festif dans un sens... et surtout bien plus kitsch. Mais c'est surtout une question de son, puisque du côté composition, ROTHER s'en sort bien. Il parvient à diversifier sa grammaire, tout en restant dans les rails de ce que lui et Klaus Dinger avaient créé dès le début des années 70. Un morceau comme "Dynamotron" n'a ainsi pas volé son nom, et le sautillant "Primadonna" donne le sourire, pour peu qu'on ne soit pas un vieux con exigeant.

En fin de compte, s'il faut vraiment se frotter à la discographie de Michael ROTHER, il est tout sauf inconcevable de démarrer par Lust. Les quatre précédents albums du musicien étaient trop répétitifs, alors qu'ici, tout est maîtrisé. Bon, il y a encore des longueurs et répétitions pas trop bienvenues, mais elles sont moins problématiques qu'autrefois. C'est également un chouette disque pour qui espère prolonger son amour du krautrock dans les années 80, quand bien même le meilleur du genre a été édité depuis longtemps.

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- Michael Rother (tout)


1. Palmengarten
2. Primadonna
3. Dynamotron
4. Lust
5. Cascadia
6. Pulsar



             



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