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- Style : La DÜsseldorf, Klaus Dinger
- Style + Membre : Harmonia, Neu!, Hallogallo 2010

Michael ROTHER - Süssherz (1985)
Par WALTERSMOKE le 13 Février 2019          Consultée 201 fois

Après un Lust de bonne facture sorti en 1983, que peut-on attendre de Michael ROTHER ? Pas grand-chose, en fait. Non pas que l'ex-guitariste de NEU! ne soit plus capable de faire de la bonne musique, mais au vu de ses œuvres précédentes, on ne peut qu'imagine que le bonhomme ait décidé de peaufiner son créneau plutôt que d'innover musicalement. Un choix honorable a priori, sauf quand on connait les précédentes œuvres de ROTHER, en particulier ses 4 premiers albums. Mais d'un autre côté, le Michael ROTHER des eighties a quand même montré qu'il avait le potentiel pour se renouveler avec Lust.

Cependant, Süssherz, sorti en 1985, tend à contredire cela. En fait, ROTHER donne clairement l'impression de s'accrocher à une formule et de l'épuiser jusqu'à plus soif. Du coup, ce qu'on craint chez lui, c'est une musique ressassée ad nauseam, même le temps d'un seul album. Mais avec Süssherz, le constat est différent. Oui, quiconque a écouté Lust aura l'impression d'en entendre le prolongement bête et méchant en première écoute ; non, ça n'en fait pas pour autant une copie chiante. En effet, ROTHER se met à composer des morceaux un peu plus diversifiés, avec une vraie volonté de varier les plaisirs. L'ouverture éponyme est ainsi une ballade à la guitare acoustique, avec à peine quelques effets et overdubs en arrière-plan (je rappelle que ROTHER est le seul musicien ici). Assez étonnant pour le père fondateur (avec Klaus DINGER) du motorik, n'est-ce pas ? Dès le morceau suivant, retour en terre connue. "Tiefenschärfe" (« profondeur de champ ») est une jolie contribution à la musique électronique pure et dure, où un beat enlevé accompagne des sonorités calmes et enchanteresses. Une réussite ? Quand elle dure 13 minutes et s'éternise, non. On lui préfèrera "Rapido", au nom explicite, et pas seulement parce qu'il se rapproche le plus de NEU!.

Le reste de Süssherz est à l'image de son morceau-titre, calme et mélancolique. C'est du moins le sentiment qui prédomine à l'écoute de "Glitzerglanz", qui montre clairement que ROTHER sait se servir des claviers modernes dont il dispose alors. Mais ce n'est pas une musique triste, comme le prouve "Daisy", sautillant et aux allures de morceau pour gosses de (très) haute qualité. "Blaues Nicht", pour sa part, est une très belle conclusion, idéale pour symboliser une fin de journée ou de voyage, même si monotone.

En fait, comme certains internautes ont pu le dire ça et là, Süssherz est avant tout un album romantique. Michael ROTHER aurait pu se la péter avec ses moult instruments et sa guitare, mais non, il a préféré jouer sur les textures, les ambiances, quitte parfois à partir dans des passages chiants comme la pluie. Et si le résultat ne mérite pas d'être qualifié de génial ou de chef-d'oeuvre, il n'en reste pas moins l'un des albums les plus beaux de l'époque. Et parfois, ça suffit.

Note réelle 3,5/5

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- Michael Rother (tout)


1. Süssherz
2. Tiefenschärfe
3. Glitzerglanz
4. Rapido
5. Daisy
6. Blaues Nicht



             



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