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- Style : La DÜsseldorf, Klaus Dinger
- Style + Membre : Harmonia, Neu!, Hallogallo 2010

Michael ROTHER - Traumreise (1987)
Par WALTERSMOKE le 13 Février 2019          Consultée 295 fois

« Voyage de rêve ». Tel est le titre du 7e album solo de Michael ROTHER, et ce n'est pas une référence à la reformation ratée de NEU! en 1986 – pour plus de détails, allez lire la chronique de Neu! '86 (2010) par Jovial. En revanche, c'est ce qui caractérise le mieux la musique de ROTHER quand il se fait plaisir tout seul (ce n'est pas sale). Et Traumreise reste bien nommé.

Après le mort-né-mais-pas-vraiment Neu! '4 (ou Neu ! '86, c'est compliqué comme toujours avec Klaus Dinger), ROTHER continue sur sa lancée, et 2 ans après un Süssherz beau et mélancoliquement jovial, il récidive, mais cette fois en prenant soin de vraiment évoluer. C'est ce que montre clairement "Südseewellen", un morceau construit sur une séquence percussive, rappelant des contrées asiatiques, et où un synthé quelque peu fantomatique tapisse le fond. Le tout est un peu long, mais grâce à une répétition contenue et enrichie de diverses sonorités, il parvient à tenir la route tout du long de ses 7 minutes. On retrouve le même genre de morceau plus loin : "Schwarze Augen" se fait plus sombre, plus court, plus agressif aussi, sans pour autant hausser le tempo. Et soyons franc, le morceau est aussi moins prenant que "Südseewellen".

Cependant, ce qui marque surtout sur Traumreise, c'est le fait que Michael ROTHER semble s'être rappelé qu'il est un rocker à la base ; plus précisément, il se rappelle même avoir été de NEU!. Peut-être sont-ce les retrouvailles foirées avec Dinger en 1986, mais si "Reiselust" ne marque pas le retour en force du motorik à la Vater, je veux bien être changé en ours ! En fait, c'est même une idée de ce à quoi aurait pu ressembler NEU!, dans les années 80 si tout s'était bien passé : un krautrock fondamentalement inchangé, mais qui profite formellement des claviers et synthés 80's pour densifier son propos et ainsi offrir une musique renouvelée et intéressante. Et en plus, la touche ROTHER, si mélancolique, fait toujours son petit effet. A contrario, "Lucky Stars" semble tout droit venir des sessions d'enregistrement de Neu! '86. Ça s'entend trop pour y voir autre chose, et... ça aurait pu être le meilleur morceau de l'album s'il y avait figuré.

Traumreise, c'est aussi l'occasion de voir Michael Rother se la raconter à la guitare. Sur "Gloria", il guide la musique du bout de sa six-cordes dans un long et bruyant solo. L'exercice est intéressant en soi, mais comme trop de solos de guitare, finit par lasser très vite. Après, ça reste rare à voir, le guitariste ayant tendance à privilégier les ambiances plus calmes ou bien des démonstrations plus « acoustiques ».

De par son caractère plus abouti et des morceaux dotés de plus de caractère, Traumreise est en quelque sorte le meilleur album par défaut de Michael ROTHER depuis le début de sa carrière solo. Ce n'est pas péjoratif, dans le sens où trop d'artistes pourtant talentueux, et même plus que lui, se sont pétés les dents en long, en large et en travers en menant seuls leur barque. Cependant, on reste toujours en droit d'en vouloir plus de la part de ROTHER, qui fait partie de ces artistes capables de tellement mieux. Et la suite sera du même acabit, tout en étant... différente.

Note réelle : 3,5/5

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- Michael Rother (tout)


1. Südseewellen
2. Reiselust
3. Schwarze Augen
4. Lucky Stars
5. Lichtermeer
6. Gloria
7. Happy-end



             



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