Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

- Membre : Dire Straits

David KNOPFLER - Cut The Wire (1986)
Par BAKER le 24 Novembre 2018          Consultée 728 fois

Trop loin, trop vite. Après un Release extrêmement convaincant et un Behind The Lines sous-estimé et percutant, David KNOPFLER a fait clairement passer son message : oui oui, tu es devenu adulte, tu n'as pas besoin de ton frangin, ton carnet d'adresses commence à avoir de la gueule et tu maîtrises les synthés modernes comme un chef. Restait à continuer sur sa lancée, et c'est là que Cut The Wire (encore un titre à consonance revancharde) pose problème : à force de vouloir trop en faire, David s'est ici totalement perdu.

Il donne pourtant le change avec l'intro de "Freakshow" : on retrouve la même ambiance synthétique assez froide mais très puissante que sur Behind The Lines. Le punch électronique de "Shockwave Rider" mêlé à l'efficacité mélodique de "I'll Be There" : du tout bon. Sauf qu'il se perd un peu, avec un pont pas tout à fait au point qui a du mal à trouver sa place. Et lorsque Pino Palladino nous sort un plan de basse jouissif, le voilà sur-mixé, ce qui atténue fortement son impact. A peine le titre digéré qu'on navigue (c'est le cas de le dire) en eaux douces avec "The Fisherman", du piano-voix très simple, court, à la voix moyenne et très crue. L'effet est inversé : lorsque KNOPFLER rajoute à ce poème en raie mineure quelques nappes de synthé, elles sont de trop.

Cette schizophrénie sonique va durer tout le long de l'album, et David d'alterner entre brillance et faux-pas, avec pour fil rouge un sens aigu de la surenchère. Le pire exemple étant "The Hurting", un foutoir techno-prog qui ressemble à une volonté, ratée, de vouloir dépasser le génial "Prophecies" en tout : nombre de breaks, nombre de sons. Le résultat est désespérant : entre la structure qui laisse la chanson aimantée au tarmac, le pont avec les fausses notes à dessein, le grand méchant qui nous fait un ah-ah-ah à la Biouman, le narrateur (KNOPFLER) qui prend sa voix de Peter King (un de nos meilleurs doubleurs) pour faire Ministère de l'Homme, les effets sonores qui se marchent sur les pieds, c'est la foire au jambon.

On ne retient de ce capharnaüm qu'un unique son de synthé. Unique mais repris dans la chanson suivante qui est.. la meilleure ! Toute aussi longue que "Hurting" mais beaucoup plus dépouillée, à l'ambiance envoûtante, "The Sentenced Man" est très bien écrite et propose une vraie exigence artistique telle que David KNOPFLER nous en avait abreuvé en 1983 et 1985. Deux chansons liées entre elles et pourtant antinomiques, l'une très oubliable, l'autre à découvrir avec délectation. Et tout l'album est comme ça : pour un "Grandpappa" nostalgique où KNOPFLER fait sa première incursion dans le folklorique, vous avez un "Dedication" où il se la pète poète maudit et fait son Roger WATERS période Pros & Cons / Final Cut en beaucoup plus melon. Il est capable d'oser "The Hurricane", une chanson... gonflée pour le moins, partant d'une idée qu'il surexploite avec aplomb, quitte à en brailler faux (TRES faux), avec tant d'insistance (rires dans le studio compris) qu'on y succombe. Mais il est aussi capable d'oser "When We Kiss", véritable parodie de Bruce SPRINGSTEEN avec des choeurs faux et laids et un Clarence CLEMONS d'occasion plus vrai que nature.

Même la ritournelle de fin qui devient donc une tradition chez lui est bancale : trop longue ou trop courte, trop arrangée ou pas assez, "Charlie and Suzie" manque de quelque chose, d'une naïveté, d'une pureté. Ce disque est malade des interrogations de son géniteur, de ses essais non transformés, d'une volonté de vouloir à tout prix montrer les biceps (cf entre autres le son de guitare quasi heavy metal). Si le retour de balancier sera peut-être trop brutal, David étant de nos jours connu pour un dépouillement assez radical de sa musique, Cut The Wire restera un frustrant mais intéressant instantané de ce que certains peuvent ne pas supporter dans nos chères années 80.

A lire aussi en ROCK par BAKER :


Paul WELLER
A Kind Revolution (2017)
Fascinant de maîtrise et de versatilité




Trevor HORN
Trevor Horn Reimagines The 80s (2018)
Il est frais mon poisson il est frais !


Marquez et partagez





 
   BAKER

 
  N/A



- David Knopfler (chant, guitare, claviers)
- Autres Musiciens Cités Mais Non Crédités
- Andy Longhurst
- Arran Ahmun
- Benedict Hoffnung
- Bernie Clarke
- Betsy Cook
- Bub Roberts
- Chuck Sabo
- Danny Thompson
- Dave Ball
- Forrest Thomas
- Graham Edwards
- Jane James
- Joel Bogen
- John Munroe
- Mick Jackson
- Nick Williams
- Pino Palladino


1. Freakshow
2. The Fisherman
3. The Hurricane
4. When We Kiss
5. When Grandpappa Sailed
6. The Hurting
7. The Sentenced Man
8. Dedication
9. Charlie And Suzie



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod